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Tong Tana






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Mise à jour 2001-09-07

Tong Tana, Août 2001

Journal du Fond Bruno Manser

Forêt vierge - droits des autochtones - commerce du bois

Couverture Tong-Tana 1999-9 30K

Table des matières


Editorial

On les rencontre partout, les produits du pillage illicite des dernières forêts vierges de la planète. En Indonésie, 70% de l'exploitation forestière est illégal, au Brésil 80%. Dans les zones protégées d'Indonésie, l'on abat sans scrupules les derniers représentants d'un arbre rare et précieux, le ramin, tandis que l'État tente de sauver l'essence par une interdiction totale de coupe et d'exportation. Pendant ce temps, au Sarawak, un tribunal décide que l'octroi de licences pour des exploitations forestières et des plantations situées sur les terres des autochtones n'a rien d'illégal. Des firmes à financement international incendient d'immenses surfaces dans la plus parfaite illégalité pour y installer des bovins ou des plantations de soja, de palmiers à huile et d'arbres à papier.

En mai de cette année, le Cameroun a retiré les licences de 32 firmes qui exportaient du bois en contrebande pour économiser des taxes. Dans le bassin du Congo, des bandes criminelles exploitent les ressources sans la moindre autorisation au profit d'acquéreurs (des multinationales du bois, de l'or, des diamants, voire de la téléphonie mobile) qui soutiennent financièrement les guerres en Afrique dont ils tirent quelque avantage.

Et ce n'est que la pointe de l'iceberg: les atteintes à la nature commises au nom de la sacro-sainte croissance et du bien-être sont légion. D'innombrables produits partiellement ou complètement illégaux s'insinuent ainsi dans tous les secteurs de notre vie quotidienne. Pourquoi ne réagissons-nous pas? Ne sommes-nous pas choqués quand des orangs-outans meurent dans l'incendie d'une canopée, quand Bruno Manser disparaît sans laisser de traces au moment où il allait aider ses amis du Sarawak à lutter contre la déforestation de leurs terres?

Pouvons-nous accepter le désespoir des derniers Penan nomades, contraints de renoncer à leurs traditions et de travailler pour des salaires dérisoires dans des plantations de palmiers à huile? La disparition des derniers grands singes africains, victimes du déboisement? L'extermination du rhinocéros de Sumatra, un des symboles de la protection des espèces? Les cyclones et les inondations catastrophiques en Amérique centrale?

Pourquoi continuer à commercer avec les responsables de tels désastres? Pour quelles raison de riches pays industriels soutiennent-ils ces scandaleuses pratiques avec l'argent des contribuables (par la garantie des risques à l'exportation)? Pour quelles raisons le commerce de produits illégaux est-il toléré, celui des espèces menacées à peine contrôlé? Pourquoi les puissants sont-ils partenaires de puissants et non de faibles? Et finalement, qui a intérêt à vivre dans un monde criminel, qui profite de toute cette illégalité? Voilà la question.

La toute-puissante économie et ses complices des milieux politiques cherchent à persuader le bon peuple que ces sacrifices sont nécessaires POUR NOTRE BIEN A TOUS, et dépensent sans compter pour nous en convaincre.

Quand le président de la Confédération reçoit un chef amérindien du Brésil, quand un ministre des affaires étrangères parle habilement des droits de l'homme, quand la Suisse prévoit de consacrer 700 millions de francs (tirés de ses réserves d'or) aux persécutés, aux dépossédés, aux faibles et aux démunis de ce monde, quand les forums, les conférences et les accords se succèdent, c'est pour nous tranquilliser, pour détourner notre attention des réalités que les puissants n'ont aucun intérêt à voir changer.

Seuls des boycotts peuvent inciter l'économie à se remettre en question: boycotts de produits, de firmes, de branches économiques ou de nations.

Pour nous, ce n'est ni la solution la plus simple, ni la moins coûteuse, mais elle est efficace. La richesse réside dans la diversité, ne l'oublions pas! John Künzli


En 1995, Bruno Manser rendit visite aux Pygmées de la forêt d'Ituri (bassin du Congo).

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Sarawak - Malaysie

Cérémonie du souvenir chez les Penan

jk - Le 20 avril 2001, les habitants de plusieurs villages se sont réunis sur le cours supérieur du fleuve Baram pour une cérémonie dédiée à la mémoire de Bruno. Après un service religieux, ils marchèrent en direction de la forêt en portant des bougies et une banderole. Sur celle-ci, un hommage et (à gauche) l'image de Batu Lawi, la montagne sacrée des Penan, près de laquelle l'on a perdu les traces de Bruno. Le texte disait ceci:

En souvenir de notre Grand Homme
que Dieu protège ta vie et ton âme
BRUNO MANSER
Nous, Penan du Sarawak oriental (Malaisie),
sommes venus à ce grand rendez-vous pour
rendre hommage à notre ami et guide
disparu depuis près d'un an.
Il nous a soutenus et a été notre porte-parole
dans la lutte pour la sauvegarde de notre milieu de vie,
la dernière forêt pluviale intacte de Bornéo.
Nous espérons gagner ce combat
pour Bruno et pour nous.
Tu nous a quittés, mais dans notre cœur
et dans notre souvenir, nous tes amis,
ne t'oublierons jamais.
Nous n'avons qu'une parole et ne renoncerons jamais
à lutter, pour toi et pour les générations futures.


La cérémonie des Penan pour le souvenir de Bruno (Sarawak)


Bruno dans la forêt pluviale du Kalimantan/Indonésie (mars 2000).


L'argent des contribuables allemands était utilisé contre les Penan

jk - Le projet FOMISS de la société allemande GTZ (Société allemande de Coopération Technique) a été définitivement arrêté. Il visait - avec l'argent des contribuables - à soutenir une exploitation "mesurée", par la Samling Company, de la plus grande forêt encore intacte du Sarawak (chez les Penan, dans la région du fleuve Baram). Selon une déclaration faite au BMF le 9 juillet 2001 par le directeur du BMZ (Ministère fédéral de l'économie et développement), le projet a officiellement pris fin le 31 mars 2001 du côté de la GTZ, conformément à l'accord passé avec les autorités forestières du Sarawak et la firme Samling.

Depuis le début du projet (qualifié de "scientifique" bien qu'il concerne une surface de 1700 km2) en 1993, les organisations de défense de l'environnement avaient critiqué la GTZ et le BMZ, les Penan (directement touchés) ayant été tout simplement oubliés. Par la suite, le projet FOMISS fut modifié à plusieurs reprises et complété par un volet social à fin 1999. Les partenaires malaisiens promirent de s'occuper eux-mêmes des Penan. Cette promesse suffit aux responsables allemands de l'aide au développement, qui peaufinèrent les aspects techniques du projet avant de quitter le pays.

Le BMZ reconnaît aujourd'hui avoir commis de graves erreurs déjà dans la phase de planification du projet, et il admet que c'est aux ONG que revient le mérite de les lui avoir signalées. Toutefois, il ne songe pas à donner une réparation aux Penan pour le tort causé par le projet FOMISS. C'est d'autant plus préoccupant que GTZ et BMZ ont offert pour plus de huit millions de DM de moyens techniques et de savoir-faire à un gouvernement (celui du Sarawak) sans égards pour l'homme et la nature et à une société d'exploitation du bois (la Samling) qui compte parmi les plus importantes et les plus décriées du monde. Huit millions, c'est davantage que ce que la Malaisie a officiellement dépensé, en dix ans, pour les Penan.

Récemment, le Forbes Magazine a publié la liste des 500 personnes les plus riches du monde. Les noms des propriétaires des grandes industries du bois du Malaisie figurent en bonne place dans ce palmarès, de même que celui du Chief Minister (Taib Mahmud).

Le 16 juillet nous est parvenue la nouvelle de l'édification de barrages routiers par les Penan des villages de Long Benali et Ba Pengaran, directement touchés par le projet. Leur but est d'empêcher la Shin Yang Company de procéder à des coupes de bois sur leur territoire. Cinq policiers ont tenté d'appréhender des Penan, pour le moment sans succès. Les villageois de Long Benali et Ba Pengaran sont certes divisés (certains habitants ayant été corrompus), mais la majorité d'entre eux s'opposent toujours avec détermination à l'abattage de bois sur leur territoire.

Source: BMZ, www.rengah.c2o.org, Sarawak Tribune 16 mai 2001



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Adat - Temuda - Menoa: un jugement encourageant pour les Dayak

jk - Adat, la loi orale des Dayak de Bornéo règle, entre autres, leur vie sociale (par ex. les droits de propriété et d'utilisation). Cette loi était déjà en vigueur longtemps avant la colonisation britannique et le règne du premier "radjah blanc", James Brooke: c'est ce qu'affirme le jugement rendu le 12 mai par le tribunal de haute instance du chef-lieu Kuching. Cet arrêt, pour l'instant unique dans les annales du Sarawak, a été rendu en faveur de 63 familles d'Iban de la longue maison de Rumah Nor, qui accusaient l'État et la firme Borneo Pulp & Paper (BPP) d'avoir pénétré sur leur territoire sans leur autorisation.

Après plus de deux ans de lutte astreignante et onéreuse (barrages routiers durant des mois, arrestations, intimidations par les autorités et les médias, coûteux recours à des avocats, etc.), les 200 Iban qui s'étaient rendus spécialement à Kuching eurent de la peine à maîtriser leur émotion en entendant ce verdict. Les premiers habitants, auxquels on avait d'abord demandé de prouver qu'ils étaient de vrais Iban, eurent donc gain de cause: le juge Datuk Ian Chin estima avéré que la longue maison de Rumah Nor possédait des droits traditionnels sur une étendue de 700 hectares - donc que l'octroi et l'exploitation d'une licence pour des plantations était illégale.

Comme les Iban utilisent aujourd'hui encore le territoire convoité de manière traditionnelle, on peut estimer que leurs ancêtres faisaient de même, et donc que les prétentions territoriales sont légitimes. L'aspect particulier de ce jugement réside dans le fait que c'est la première fois que des droits coutumiers sont reconnus dans une zone non agricole. Pour leurs revendications territoriales, les Dayak distinguent en effet les temuda (zones cultivées) des menoa (zones exploitées par la chasse, la pêche, la cueillette, etc.). Seuls jusqu'ici ont été reconnus, au Sarawak, des droits portant sur des temuda. Des dizaines de plaintes et de recours se rapportant à des menoa attendent d'être traités par les tribunaux, déposés entre autres par des Penan (qui n'ont jamais pratiqué l'agriculture avant 1958) et d'autres Iban (trois autres plaintes contre la firme BPP). Autant dire qu'il s'agit d'un jugement explosif!

C'est pourquoi les médias nationaux n'en ont pas parlé. Seul Sidi Munan, membre du parti dayak, démontra un certain courage en saluant ce jugement que l'on attendait depuis longtemps et en demandant que toutes les licences contestées du Sarawak soient immédiatement gelées jusqu'à la clarification de l'ensemble des litiges: "Quelqu'un croit-il vraiment que les autochtones auraient approuvé le départ des Britanniques (1946) ou le rattachement à la Malaisie (1963), si l'on nous avait dit qu'ainsi nous perdrions tous nos droits traditionnels?" Il déconseilla aux deux partis minoritaires de recourir contre cette décision, comme ils en avaient l'intention: ce serait contre-productif pour la coalition gouvernementale, surtout en 2001 - année électorale - car cela conforterait les Dayak dans leur idée que le gouvernement veut les déposséder de leurs terres.

Mais cette situation, précisément, fait craindre que le jugement s'inscrive dans une stratégie électorale. Pour l'élite du Sarawak, l'enjeu de ce projet à milliards est très important: le fils du vice-Chief Minister Alfred Jabu a pu s'assurer divers mandats lucratifs de la BPP. De plus, la vente des licences pour la déforestation et la création de plantations sur plus de 3000 km2 devrait également avoir rapporté quelque peu (en pots-de-vin). Ajoutons que l'État est actionnaire principal de la firme.

Il n'est donc pas impossible qu'après les élections, tout redevienne comme avant. Le recours contre cette décision arguera que les Iban de Rumah Nor ont cédé leurs droits territoriaux en autorisant la Samling - contre des paiements de compensation - à couper du bois dans leur forêt, ou que les Iban de cette longue maison se sont alliés à une Chinoise (ou même une étrangère) il y a cent ans et ne sont donc plus des Iban, mais des criminels…

Avec le système politique actuel, tout est possible au Sarawak. Mais pour le moment, un espoir est apparu: l'espoir que le Sarawak a enfin compris qu'il n'est pas possible de continuer ainsi.

Le BMF a soutenu financièrement les Iban de Rumah Nor dans leur procédure judiciaire et poursuivra son aide. Parallèlement, il soutient des projets de délimitation territoriale. Car au tribunal, les revendications ont plus de chances d'aboutir si elles se basent sur un relevé précis des zones de temuda et des zones de menoa.

Sources: www.rengah.c2o.org, http://brimas.www1.50megs.com, www.malaysiakini.com, http://communities.msn.com/HighCourtI


les Penan préfèrent vivre...


... en forêt que...

 

Droits fonciers, plans gouvernementaux et "Fairness"

jk - Le barrage de Bakun devrait finalement être édifié. Plus de 10'000 Dayak des tribus Kayan, Kenyah, Ukit, Lahanan et Penan ont déjà été contraints d'évacuer la région du futur lac artificiel. Le gouvernement a promis des paiements compensatoires, des longues maisons, des écoles, des dispensaires et des emplois… mais seulement pour ceux qui se sont établis à Asap, une agglomération créée de toutes pièces par le gouvernement. Tous ceux qui n'étaient pas disposés à accepter trois hectares de sol en partie infertile et à renoncer à leurs (bien plus vastes) terrains de chasse et de pêche sont partis sans aucun dédommagement mener la vie indépendante de leurs ancêtres.

Entre-temps, des dizaines de familles ont quitté Asap désœuvrées et sous alimentées. Les équipements promis ne fonctionnent pas et les fonds compensatoires sont épuisés. Quant aux emplois promis dans les plantations des environs, ils sont si mal rétribués que c'est principalement de la main-d'œuvre indonésienne bon marché, travaillant au noir, qui les occupe. Asap est livré à l'alcoolisme, aux jeux de hasard et à la prostitution. A ce jour, les seuls gagnants de ce projet mammouth sont les entreprises qui déboisent la zone de la future retenue.

A noter que le financement du projet n'est toujours pas assuré et que la Malaisie n'a même pas besoin des 2400 MW prévus. Mal ficelé du point de vue économique et social, il devrait pourtant représenter un modèle de développement pour les Penan, si l'on en croit le gouvernement. Selon le ministre Abang Johari (Sarawak Tribune du 16 mai 2001), il est en effet prévu de regrouper dans une grande agglomération semblable à Asap tous les Penan vivant dans des zones isolées. Sans doute pour servir à bon compte de main-d'œuvre dans les plantations.

"Nous croyons que les Penan, comme tous les autres aussi, veulent profiter de l'aide que leur offre le gouvernement", déclare Johari. Selon un article paru dans Sarawak Tribune (18 mai), le gouvernement du Chief Minister Taib Mahmud ne fait pas de distinction ethnique: à un politicien insatisfait, le Chief Minister (lui-même un Dayak) a répondu qu'il n'avait aucune raison de se plaindre puisqu'il lui avait fait cadeau, à lui un Malaisien, d'une licence d'exploitation du bois d'une valeur de plus de 13 millions de dollars américains - preuve qu'il se montre "fair envers toutes les races"...


... dans les plantations (mars 1999).

La forêt du Sarawak, l'OIBT et l'économie du bois à caractère social

jk - Depuis longtemps, le BMF fait observer que l'objectif de l'Organisation internationale des bois tropicaux OIBT (un marché international alimenté uniquement, dès l'an 2000, par des bois tropicaux d'exploitation durable) n'a pas été atteint: moins de 1% des bois tropicaux du marché international sont issus d'une sylviculture écologique et sociale, encore moins au Sarawak! Cela n'a pas empêché l'organe malaisien "New Straits Times" du 11 juillet de prétendre, sous le titre "La politique forestière de la Malaisie - une réussite", que le pays avait appliqué avec succès les directives de l'OIBT.

Ton très différent dans la "Sarawak Tribune" du 3 avril dernier: constatant que 90% des arbres du Sarawak ont été abattus, le Chief Minister Taib Mahmud déclare: "Nous dépendons maintenant des 10% restants. Si les arbres coupés ne sont pas remplacés, l'industrie du bois sombrera rapidement." Pour garantir sa survie, le Sarawak mise sur des essences à croissance rapide, qui devraient un jour couvrir 20'000 km2. "Si nous réussissons", estime le secrétaire du Chief Minister, "l'industrie du bois ne disparaîtra pas et les emplois subsisteront." (Sarawak Tribune 02.07.01).

La situation est sans doute très critique. Les efforts des producteurs pour faire certifier leur forêt et leur bois le prouvent. En Europe, aux USA et - de plus en plus - au Japon, les clients exigent du bois certifié. Or, si les exportations de bois malaisiennes ont augmenté de 20% en 1999, elles ne se sont accrues que de 8% à destination de l'Europe. Actuellement, la Malaisie n'a aucune chance de satisfaire aux exigences écologiques et sociales du FSC (Forest Stewardship Council), qui place les droits de propriété et d'exploitation des autochtones au-dessus de ceux des sociétés de bûcheronnage. "Comment peut-on exiger des gouvernements qu'ils rendent des comptes à des organisations non gouvernementales?" s'est exclamé Chew Lye Teng du Conseil malaisien de certification du bois (cité dans la "Far Eastern Economic Revue" du 7 septembre 2000).

Pour assurer une certification et des contrôles indépendants, l'OIBT fera très bien l'affaire, paraît-il. Cette organisation reconnue, maintenant désœuvrée, peut en tout cas garantir qu'elle ne collabore jamais avec des ONG! Cette évolution constitue une preuve supplémentaire que l'OIBT a perdu sa raison d'être. Demandez la Petition au Gouvernement de la Suisse que votre pays quitte cette organisation-alibi! Imprimez , collectez des signatures et retournez les feuilles au BMF jusque la find du novembre 2001 - Pour la forêt - merci beaucoup!



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Indonesie

Indonésie: avis de tempête

jk - L'Indonésie abrite 10% des forêts pluviales de la planète, dont la plus ancienne de toutes les forêts vierges (à Bornéo). De réputation mondiale, le parc national Tanjung Puting (au sud de l'île) renferme une des dernières forêts de plaine intactes de Bornéo. Ces forêts souvent marécageuses constituent l'habitat naturel du ramin (Gonystylus spp) et de l'orang-outan, une espèce menacée d'extinction, dont il reste sans doute moins de 20'000 représentants en liberté. En Europe surtout, le ramin est très coté. La Malaisie et l'Indonésie en sont les seuls producteurs. De plus, les forêts littorales qui le produisent sont d'accès aisé.

La Hollande, qui a rapidement pris conscience des risques liés à cette situation, a demandé en 1994 déjà un contrôle du commerce du ramin par l'inscription de l'essence dans l'annexe 2 de la CITES (Convention de Washington sur le commerce international d'espèces menacées, dont le siège est à Genève). Mais contre la Malaisie, l'Indonésie et la majorité silencieuse, sa demande n'avait aucune chance de succès. Ce qui devait arriver arriva: faute d'alternatives, les peuplements de ramin du parc national Tanjung Puting sont maintenant exploités, comme l'a prouvé l'eia (Environmental Investigation Agency) en avril 2001. Les quelque 500 orangs-outans du parc national sont ainsi directement menacés, tandis que les responsables échapperont à toute poursuite grâce à des complicités dans les milieux politiques et militaires.

Devant l'urgence d'une intervention, le ministre indonésien des forêts a fait admettre l'essence menacée dans l'annexe 3 de la CITES et prononcé une interdiction immédiate d'abattage et d'exportation de ramin. Pour le succès de cette tentative de sauvetage, il compte sur une collaboration internationale: dès le 6 août 2001, les pays importateurs (la Suisse aussi) sont invités à lancer une procédure juridique contre l'importation de ramin indonésien. Le Sarawak (Malaisie) se réjouit de cette situation de monopole, qui aura une influence favorable sur les prix (même pour le ramin indonésien)...


Le teck demeure la matière première privilégiée de l'industrie des meubles, en particulier des meubles de jardin. Depuis que le FSC a certifié des plantations indonésiennes, le marché suisse propose à nouveau plus souvent des produits en teck certifié FSC ou volé dans des forêts naturelles ou des plantations. Le 11 juillet, la firme SmartWood informa de manière inattendue sur la situation déplorable qui prévaut dans les plantations de teck certifiées par ses soins, selon les critères et principes du FSC: les exploitants coupent beaucoup plus d'arbres qu'ils n'y sont autorisés. En 1999,les autorités confisquèrent une moisson illégale de teck correspondant à la moitié de la production annuelle, et ce fut encore pire l'année suivante. Le bois réellement abattu pourrait être d'un volume sept fois supérieur aux directives du FSC.

La firme SmartWood évoque en outre les obstacles qu'elle rencontre en voulant régler les problèmes: une corruption généralisée et l'absence de coopération des exploitants. Visiblement, la situation est si préoccupante que SmartWood a opté pour la fuite en avant et qu'elle ne voit plus d'autre solution que de retirer la certification FSC aux plantations de teck. L'image du label FSC (porté par diverses organisations écologiques et sociales) est un peu ternie par de tels faits. La critique n'est pas nouvelle: le FSC se concentre beaucoup trop sur la croissance, travaille de manière peu sérieuse, voire naïve, et ne réagit que mollement à la dégradation de certaines situations. Dès le milieu de l'année prochaine, on ne devrait donc plus trouver de teck FSC sur le marché.



Un chaman des Mentawai (autochtones de Sumatra).

Et ce n'est pas tout: dans sa déclaration à la presse du 11 juillet 2001, l'organisation Rainforest Foundation demande le retrait immédiat du label FSC de la firme PT Diamond Raya, qui exploite une concession de 900 km2 à Sumatra. Cette forêt pluviale constitue l'un des derniers refuges des moins de 300 tigres de Sumatra vivant encore en liberté, et les exploitants n'ont pris aucune des mesures de protection qui s'imposent. D'autres recherches de la Rainforest Foundation ont révélé des coupes de bois illégales et de violents conflits avec la population locale. Ce qui a fait dire à Longgena Ginting, du Forum indonésien de l'environnement (WALHI): "Le FSC doit en tirer la leçon. Tant que 7 arbres indonésiens sur 10 sont abattus illégalement, nous avons d'urgence besoin d'un moratoire sur la coupe de bois, et non de distinctions douteuses pour des firmes qui ne le méritent pas. Aussi longtemps que la législation nationale n'est pas compatible avec les critères du FSC, il ne devrait plus y avoir de certifications dans ce pays."

Selon des statistiques officielles, l'Indonésie produit chaque année 21,4 millions de m3 de bois et en importe 21,9 millions. A ces données, il convient d'opposer celles de la consommation intérieure totale (51 millions de m3) et du volume d'exportation (49 millions de m3). Pour WALHI (organisation associée à la fédération faîtière des "Amis de la Terre"), il est tout à fait clair que la différence de 56,7 millions de m3 - 70% du volume d'exploitation annuel - provient de coupes illégales. Il faut en chercher la raison dans l'immense surcapacité de transformation du bois en contreplaqués, en cellulose et en papier. Par le passé, ces industries étaient fortement encouragées. Les entreprises ont bénéficié d'un financement international et d'une garantie de l'État contre les risques à l'exportation. Alimentées à bas prix par des matières premières provenant de plantations, leur rentabilité était assurée.

Quand il devint clair - parmi beaucoup d'autres problèmes - que les plantations ne produisent de loin pas le volume de bois espéré, il était trop tard: la branche hautement endettée (et depuis lors en grande partie contrôlée par l'État) dépend à 85% de livraisons venues directement de la forêt pluviale. Il paraît évident que ce sont des firmes à licence d'exploitation officielle qui se livrent à ce commerce illicite. Dans l'Indonésie corrompue, il est très facile de "blanchir" du bois illégal au moyen de papiers "officiels".

Cette dynamique autodestructrice a pour conséquence que la forêt pluviale aura disparu d'ici cinq ans à Sumatra, 10 ans à Bornéo et 15 ans dans la partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée et à Sulawesi. Et alors, l'Indonésie aura perdu un revenu annuel de quelque sept milliards de dollars US. Seule échappatoire, selon WALHI, la réduction de la capacité de transformation du bois à 20 millions de m3 annuels. Mais cette puissante branche industrielle ne pourra être ramenée à la raison que par des mesures drastiques. C'est pourquoi WALHI demande un moratoire complet pour la coupe de bois dans l'ensemble de l'Indonésie et une interdiction d'exportation du bois brut. Ces mesures permettraient au gouvernement de démasquer toutes les activités illégales et d'introduire les réformes en souffrance, aussi dans d'autres domaines (droits des autochtones, incendies destinés à l'aménagement de plantations, endettement de l'industrie du bois). Un autre effet positif de ces mesures serait un renchérissement du bois tropical sur le marché international.

Pour les forêts pluviales du Sud-Est asiatique, c'est peut-être bientôt la fin. La Thaïlande, les Philippines et la Malaisie occidentale dépendent depuis longtemps des importations de bois, d'autres pays vont suivre. Pour ne pas prendre part à ce massacre, boycottez sans délai les bois tropicaux des dernières forêts pluviales d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud!


L'orang-outan est au seuil de l'extinction.

Sources: CITES, UNEP, WALHI, Rainforest Foundation, eia, Pro Regenwald, Bernama Malaysian News



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Pour Bruno: un arbre du souvenir

jrd - Au Jardin botanique de Berne, un épicéa jurassien de 145 ans a été transformé par des parents et amis de Bruno en arbre du souvenir. Le 23 mai, le tronc sculpté à la manière des totems amérindiens a été transporté par un petit cortège pour être érigé sur la place de l'Ours (centre de Berne). Par un chaud soleil printanier, cette œuvre collective a rappelé à de nombreux passants, intéressés et journalistes, que Bruno avait (inutilement) entrepris au même endroit une grève de la faim de 60 jours (contre l'importation de bois tropicaux et pour la déclaration obligatoire), et que notre ami avait disparu depuis un an.

Aujourd'hui (à mi-juillet 2001), nous ne savons rien de nouveau concernant cette disparition. Après cinq jours, l'arbre du souvenir a pris sa place définitive au Jardin botanique. Les visiteurs peuvent mentionner leur visite dans le livre d'hôtes qui demeure ouvert à leur intention. Nos photographies donnent une idée de cette action-souvenir.

Le BMF remercie tous ceux qui y ont contribué, spécialement Walter Brunner pour l'organisation de la sculpture du totem et Franz Hohler pour son impressionnante prestation sur la place de l'Ours.



Sculpter ...


porter ...

... ériger...




...et voila: sur la place de l'Ours à Berne.

Finalement sur sa place définitive au Jardin botanique de Berne.

Notre bienfaitrice Barbara Hartmann souhaite organiser régulièrement, le dernier dimanche de mai, une rencontre entre amis, parents et sympathisants de Bruno, afin de maintenir vivant son "esprit". Prière aux intéressés de s'annoncer auprès de B. Hartmann, Loch, CH-3157 Milken; fax 031/731 08 79.

Danser pour les Penan

jrd - Une manifestation au profit du BMF et des Penan s'est déroulée le 23 mai au Centre Pro Natura de Champ-Pittet, au bord du lac de Neuchâtel. Après la projection du film "Sarbacanes contre bulldozers" (toujours d'actualité), Marie-France Jankow présenta des danses africaines, puis Marie-Claude Bruss des danses balinaises, suivies d'improvisations musicales sur des thèmes indonésiens.

La recette nette (Fr. 1163.- ) de cette manifestation très réussie sera utilisée pour la poursuite de notre action au Sarawak.

Le BMF remercie tous les participants de leur engagement, spécialement les danseuses et les musiciens, ainsi que les organisateurs Roseline Clarière et Pierre-André Monney.

Paris rend hommage à Bruno

jk - Une manifestation en souvenir de Bruno, organisée par l'association française "Peuples des forêts primaires", s'est déroulée le 19 juin au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Étaient invitées, outre les médias, diverses organisations intéressées. Les intervenants furent Sonia Fraquet, le professeur Francis Hallé de l'Université de Montpellier, François Terrasson, du Muséum d'histoire naturelle, Telo Abing, représentant des Penan, ainsi que des délégués des organisations ATTAC, Robin des Bois et BMF.

Plus tard, une sculpture dédiée à Bruno sera installée en Bretagne.



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Suisse

Les importations suisses de bois tropicaux depuis 1970

db - Chaque année, les statistiques d'importation de bois en Suisse sont lues et analysées. Elles varient un peu d'une année à l'autre en fonction de tendances générales et du goût des clients. Mais que peut-on réellement en déduire? En fait, seulement si les importations ont augmenté ou diminué. Personne ne sait à combien de rondins équivalent les tonnes et mètres cubes des statistiques. Cette année, le BMF a calculé combien de forêt tropicale il a fallu détruire pour les importations en Suisse, de 1970 à 2000.

Nos calculs se basent sur les statistiques fédérales des douanes et du commerce extérieur. Ont été pris en considération le bois rond (grumes), le bois de sciage (en particulier les planches) et les produits en bois clairement déclarés tropicaux et provenant de pays tropicaux. Les données statistiques ont été converties en volume de bois rond selon un modèle reconnu1, puis la surface de forêt détruite a été calculée en fonction de ce volume2.

Résultat: pour les importations suisses de bois (1970 à 2000), il a fallu déboiser 270 km2 de forêt tropicale, ce qui correspond à peu près à la superficie du canton de Genève. En moyenne: 8,7 km2 par année ou cinq terrains de football chaque jour! N'oublions pas que ces chiffres ne tiennent pas compte des produits semi-finis ou finis contenant du bois tropical (par ex. meubles, portes, ustensiles de cuisine, papier) qui viennent d'un pays non-tropical. La déforestation due aux importations suisses de bois tropicaux est donc en fait sensiblement plus importante. Responsables: les entreprises qui acceptent de se livrer à ce commerce et les consommateurs qui achètent ces produits!

Les statistiques fédérales montrent aussi que l'importation de bois rond a considérablement diminué (de 124'955,63 m3 en 1970 à 11'130,67 m3 en 2000). Dès 1982, plusieurs pays ont interdit l'exportation de bois non travaillé. Aujourd'hui, le bois de sciage représente la plus grande partie des importations, bien que son volume soit demeuré relativement stable depuis 1970 (il pourrait presque servir d'index conjoncturel pour l'industrie du bâtiment).


Importation de bois tropical en Suisse Équivalents de grumes (m3)/Grumes Sciages/Total/Années

La fabrique de portes Brunegg SA contribue depuis près de 50 ans à la destruction des forêts pluviales!

jk - La Brunegg SA (Brunex) occupe de loin le premier rang des vendeurs de portes en Suisse. Elle est sans doute aussi le plus grand consommateur suisse de bois tropicaux. Depuis 1954, Brunex a vendu près de cinq millions de portes, presque toutes avec des éléments invisibles en bois tropical. Nous avons calculé ce que cela représente pour la forêt pluviale (essentiellement africaine).

Le calcul se base sur une porte de 200 x 85 cm à éléments de 4 x 4 cm en bois tropical (triples à la base pour faciliter l'ajustage). Une telle porte recèle 0,011328 m3 de bois tropical. Pour cinq millions de portes, le volume de bois de sciage nécessaire est de 56'640 m3, ce qui correspond à presque 102'000 m3 de bois rond. Ce volume correspond à une coupe rase de plus de 10 km2. Tout ce bois a pris place dans les maisons suisses grâce à la firme Brunex! En fait, beaucoup de portes sont en outre composées de contreplaqués en bois tropical, et des articles spéciaux comme des portes anti-feu sont presque entièrement de ce bois. Les chiffres réels devraient donc être être sensiblement plus élevés.

"Ne construisez pas vos maisons avec le bois de notre forêt!" Chef Unga Paren, Long Bungan, Sarawak

1. La transformation de bois rond en bois de sciage produit une grande quantité de déchets: d'un mètre cube de bois rond, on tire seulement (1 : 1,82 =) 0,55 m3 de bois de sciage. Source: Ara Konkret 2 (1992)

2. Volume considéré = 1 m3 de bois rond pour 0,01 ha Source: Grünberger (1999)



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Une pétition adressée au gouvernement suisse

jrd - L'Organisation internationale des bois tropicaux OIBT (dont le siège est à Yokohama) a été fondée par des pays producteurs et consommateurs pour contrer les appels au boycott du bois tropical. Elle compte assurer la survie des forêts pluviales principalement en encourageant le commerce des bois tropicaux...

Son objectif le plus important - un marché international alimenté uniquement, dès l'an 2000, par des bois tropicaux d'exploitation durable - l'OIBT l'a clairement manqué: aucun des pays producteurs membres de l'organisation ne peut se prévaloir d'une sylviculture durable! Néanmoins, aucune sanction n'est infligée aux producteurs, et le commerce basé sur le pillage des ressources se poursuit (ou s'accroît encore).

Une organisation aussi inopérante ne mérite pas d'être soutenue, d'autant plus qu'elle sert en Suisse de prétexte pour ne pas avoir à prendre des mesures sérieuses contre la destruction des forêts tropicales: c'est - entre autres - en se référant à son affiliation à l'OIBT que les autorités ont combattu l'introduction d'une déclaration d'origine obligatoire pour le bois et les produits en bois.

Nous demandons donc au Conseil fédéral de renoncer à l'affiliation de la Suisse à l'OIBT et d'utiliser l'argent ainsi économisé pour d'autres mesures plus efficaces de protection des forêts tropicales. Nous demandons en outre un arrêt immédiat des importations de bois tropicaux non issus d'une exploitation durable des forêts. Signez la pétition et -si possible faites-la signer aussi par d'autres personnes - etrenvoyer la pétition (même si elle ne porte que peu de signatures) jusqu'à fin novembre au BMF - pour les forêts - Merci!

 

Le Conseil national en faveur de la ratification de la convention 169 de l'OIT

jrd - La convention 169 de l'Organisation internationale du travail (institution de l'ONU dont le siège est à Genève) est le seul accord international portant sur les peuples indigènes. Elle ne consacre pas seulement l'égalité des droits dans le monde du travail, mais leur garantit aussi des droits fondamentaux comme le droit à leur propre territoire, leur propre mode de vie et leur propre langue. Depuis longtemps, le BMF demande la ratification par la Suisse de cet instrument utile. Dans le cadre d'une pétition destinée au Parlement suisse et au Conseil fédéral (remise le 31 mai, peu avant les débats au Conseil national), il a rassemblé plus de 400 signatures dans ce but sur la place de l'Ours à Berne.

La Commission de politique extérieure du Conseil national a formulé une motion demandant une rapide adhésion de la Suisse à la convention 169 de l'OIT. Le Secrétariat d'État à l'économie (seco) s'étant prononcé contre la ratification, le Conseil fédéral a défendu cette position, bien qu'il se soit déclaré précédemment en faveur de la convention. Lors des débats consacrés à cette motion au Conseil national, le conseiller fédéral Pascal Couchepin a reçu le soutien de la Droite en arguant que cette convention favoriserait les nomades suisses (tsiganes) par rapport au reste de la population.

Finalement, les arguments pour la ratification l'ont emporté de justesse, et la motion a été adoptée le 5 juin 2001. Elle devra être examinée par le Conseil des États. Le BMF et d'autres ONG soutenant les peuples indigènes et tribaux invitent la Chambre des cantons à suivre l'exemple du Conseil national.

 

Deux classes d'une école professionnelle apportent une impulsion nouvelle à notre campagne communale

jrd - Les élèves de deux classes d'une école professionnelle de Lucerne (classes de droguistes 2c et 3c) ont évoqué, il y a quelque temps, les peuples des forêts pluviales. Ayant entendu parler de l'engagement de Bruno Manser en faveur des Penan, ils ont décidé de soutenir sa lutte contre la destruction des forêts vierges. Ce faisant, ils ont constaté qu'en Suisse centrale, seul un petit nombre de communes ont officiellement communiqué qu'elles renonçaient au bois de ces forêts. Il ont donc demandé la documentation correspondante au BMF.

Au total, 23 communes ont été contactées et invitées à s'engager à ne plus en utiliser. Les réactions ont été très positives. L'engagement de Baar et de Buttisholz est déjà acquis. Dans deux communes, la décision est imminente. Dans une dizaine d'autres, des éclaircissements sont encore nécessaires. Le BMF remercie très sincèrement les élèves des deux classes pour leur excellente initiative.

Il félicite également les nouvelles communes qui, par leur engagement à ne plus recourir au bois de pillage pour leurs constructions publiques, sont venues récemment allonger la liste: Ebikon LU, Hünenberg ZG, Kerns OW, Oberkirch LU, Rothenburg LU, Seedorf UR, Sempach LU, Steinerberg SZ et Wauwil LU. Ainsi, 297 communes suisses ont maintenant franchi le pas (2,83 millions d'habitants au total).


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Nouvelles du BMF

Assemblée générale 2001: le BMF continue

jrd - Le BMF a tenu son assemblée générale le samedi 16 juin dans la " Remise Gellert" à Bâle. Les 23 membres présents ont entendu la lecture du rapport annuel et du rapport des vérificateurs des comptes. En l'an 2000, les recettes se sont élevées à Fr. 303'155.63 et les dépenses à Fr. 321'196.15. Les comptes de l'exercice 2000 bouclent donc avec un excédent de dépenses de Fr. 18'040.52. Les deux rapports ont été adoptés sans opposition.

Membres du comité durant de longues années, Barbara Jäckli et Marco Baettig ont décidé de se retirer. Le BMF les remercie très sincèrement pour leur travail. Quatre propositions émanant de membres ont été soumises à l'assemblée. Elles concernaient toutes l'avenir du BMF. Après de longues discussions, il fut décidé de réduire à trois le nombre de membres du comité et de mettre sur pied un groupe d'action composé de volontaires. Par ailleurs, un poste à temps partiel de responsable du militantisme ("Campaigner") doit être créé prochainement (voir l'annonce ci-dessous), ce qui implique une réorganisation du secrétariat.

Tous estiment que le BMF doit poursuivre son travail pour Bruno Manser, son fondateur, et pour ne pas laisser tomber les Penan. Cependant, la collaboration avec des organisations apparentées devra être intensifiée. Le champ d'action du BMF sera quelque peu élargi, sans pour autant négliger ses priorités: le soutien apporté aux Penan (au Sarawak) et la défense des forêts pluviales (en Malaisie, resp. à Bornéo). Pour cela, nous devons trouver des ressources supplémentaires.

Sept nouveaux membres ont été admis au BMF, et les vérificateurs des comptes (Rolf Loosli et Roger Graf) ont été réélus. Pour seconder Michael Mettler et Michael Studer, confirmés au comité, l'assemblée a élu Thys Meyer de Bâle. Né en 1972, Thys suit actuellement la formation d'instituteur. Il s'est engagé depuis de nombreuses années dans la protection de l'environnement et la défense des droits de l'homme, et donnera certainement de nouvelles impulsions au BMF.


John Künzli, Mutang Urud, Michael Studer, J. Rudolf Dietrich, Thys Meyer (photo de gauche)

Le service public n'est pas à brader!

bmf - Le BMF participe à la campagne de la "Déclaration de Berne" contre le bradage de nos services publics. Dans le cadre du GATS (General Agreement on Trade in Services) - un accord de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) - la Suisse s'est engagée à soumettre à la concurrence de l'économie privée des services tels que l'approvisionnement en eau ou la santé. Nous pensons que la population doit conserver un droit de regard dans les services de base. Il faudrait éviter que nos écoles tombent soudain aux mains des transnationales Américaines…

Au Sud, il est particulièrement important que les pays démunis puissent décider eux-mêmes des services de base offerts à leur population, et qu'ils puissent le cas échéant les subventionner. De plus, les pays en développement doivent avoir la possibilité de fixer les conditions de leur politique de l'emploi et de décider, par exemple, quel pourcentage de leurs postes de cadres doit être occupé par des nationaux. Or, le GATS ne permettrait pas de telles entraves à la libre concurrence.



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Impressum Tong Tana - Journal du Bruno-Manser-Fonds (BMF) Association pour les peuples de la forêt pluviale Heuberg 25, CH-4051 Bâle, Suisse Téléphone 061/261 94 74 Téléfax 061/261 94 73 E-Mail: info@bmf.ch Internet: http://www.bmf.ch Rédaction: John Künzli, J. Rudolf Dietrich Auteurs: Dominik Bucheli (db), J.R. Dietrich (jrd), J. Künzli (jk) Photos: BMF, Fritz Berger, Walter Brunner, J. Künzli, Erika Müri-Marrer, Jürg Schaer Traductions: Robert Gogel (français), Nicole Widmer (anglais) Tirage: 5600 (3500 en allemand, 1400 en français et 700 en anglais) Paraît trois fois par années Composition et impression: Gremper AG, Bâle Et n'oubliez pas: Nous avons un urgent besoin de votre soutien financier. Merci de tout cœur! Pour les dons: Suisse: La Poste Suisse, Bâle CCP n° 40-5899-8 Coop-Bank, 4002 Bâle, compte 421329.29.0000-5 France: La Poste, Strasbourg, CCP n° 2.604.59T Allemagne: Deutsche Bank, Lörrach (BLZ 683 700 34) compte 1678556