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Tong Tana






Bruno Manser Fonds
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Mise à jour 2000-11-15

Tong Tana, Décembre 2001

Journal du Fond Bruno Manser

Forêt vierge - droits des autochtones - commerce du bois

Couverture Tong-Tana 1999-9 30K

Table des matières


La nécessaire restructuration du BMF

jk – Beaucoup de choses ont changé depuis que Roger Graf, au milieu des années 1980, a fondé l'association "Pro Penan" à son retour du Sarawak, où il avait rencontré Bruno Manser et le peuple des Penan. Le petit cercle de militants – auquel l'énergique Barbara Nathan-Neher a appartenu depuis la première heure (voir page 11) – est devenu une organisation non gouvernementale (ONG) de renommée nationale et internationale.

C'est en 1990, après le retour de Bruno en Suisse, que fut créé le Bruno-Manser-Fonds (BMF). Dès 1993, il travailla de manière indépendante sous le nom d'Association pour les peuples de la forêt pluviale. Les travaux de secrétariat furent d'abord assurés par Aila Ziegler, puis plus tard par Roger Graf. Le groupe de militants sur lequel Bruno pouvait compter pour réaliser ses actions spectaculaires, pleines de fantaisie et d'humour, s'agrandit constamment. Le but de ces actions était d'informer et de sensibiliser la population, de l'amener à boycotter les bois tropicaux, de conduire à la reconnaissance et au respect des droits territoriaux et des droits coutumiers des Penan et autres peuples des forêts pluviales, ainsi qu'à un moratoire sur l'importation de bois tropicaux; enfin de rendre obligatoire la déclaration d'essence et d'origine pour tous les bois, y compris les bois suisses.

Le BMF soutient et aide financièrement – principalement au Sarawak – diverses organisations se dévouant pour les peuples autochtones. Nous prenons à notre charge des frais de location, d'infrastructures, de transport et autres nécessaires à l'échange d'informations et à la participation à des conférences. Le BMF contribue aussi au financement de programmes d'arpentage, de soins dentaires, de rapports sur les droits de l'homme, de frais d'avocats et de procès ainsi que d'indemnisations pour séjours en milieu carcéral. D'autres projets portant par exemple sur des alternatives agricoles sont soutenus par des tiers grâce au BMF (JUMBO SA et FLY) (voir page 10).

Parallèlement, le BMF reste en contact avec les réseaux mondiaux de la protection de la nature et des droits de l'homme, et prend régulièrement part à des conférences internationales comme celle du "Forest Movement Europe (FME)".

Des années durant, l'engagement de Bruno a valu au BMF une grande attention du public, du monde politique et des milieux économiques. L'association n'a cessé de grandir; aujourd'hui, "Tong Tana" est envoyé en allemand, français ou anglais à 4500 adresses, dont 3700 en Suisse. Les destinataires sont des privés (3000), des autorités politiques et des institutions, des ONG, des médias et des représentants de l'économie du bois.

Le 80% des frais est couvert par des dons, le reste par le produit de nos ventes, des droits photographiques, des exposés, etc. Ces dernières années, le budget moyen de l'association s'est élevé à environ 250'000 francs suisses. Les recettes n'étant que de l'ordre de 200'000 francs, le déficit fut régulièrement comblé par des fonds réunis lors de la grève de la faim de Bruno, en 1993. En page 11, vous trouverez d'autres détails sur nos comptes.


Bruno Manser, les chefs Along Segah, Gisa Paren (de gauche à droite), peu avant le départ de Bruno en 1990




 

Jusqu'en 1999, le BMF comptait deux employés: Bruno à 20% et un secrétaire à 50%. Une troisième personne a été engagée en 1999, mais depuis le départ de Bruno début 2000, l'équipe n'est plus composée que de deux collaborateurs totalisant 90% d'un plein temps. Dans la sensibilisation du public le BMF et Bruno jouent un rôle important, comme le démontrent les nombreuses requêtes envoyées au BMF par des privés, des écoles, des entreprises, des autorités et des médias. Même la plus récente prise de position du Secrétariat d'État à l'économie (seco) sur la politique suisse des bois tropicaux désigne le BMF comme le moteur de la protection des dernières forêts vierges et reconnaît notre importance – bien que nous ne soyons guère amis. De plus, 300 communes suisses se sont associées à notre campagne de refus portant sur les bois de forêts primaires. Cela prouve qu'il investit ses moyens limités de manière pertinente. Le BMF est maintenant reconnu comme une organisation sérieuse de défense de la forêt pluviale et de ses peuples.

Voilà bientôt deux ans que Bruno a disparu, et son retour est peu probable. Bruno est irremplaçable. Mais si nous poursuivons la tâche qu'il s'est fixée et si nous voulons continuer de soutenir les Penan (ils nous le demandent instamment), nous devons agir. Pour assurer notre présence dans la population, nous avons créé le poste de responsable des campagnes et des groupes d'action du BMF (voir page 12).

Comme Bruno ne plus nous rendre compte de la situation au Sarawak et qu'aucun d'entre nous ne connaît la langue et la culture des Penan, le flux d'informations entre cette région et nous a dû être réorganisé. Sur place, de nouveaux informateurs ont été mandatés. Les infrastructures de communication ont été renforcées. Des militants du Sarawak sont plus fréquemment invités en Suisse. En outre, Mutang Urud (un Dayak de la tribu des Kelabit qui vit aujourd'hui en exil au Canada) travaille pour nous depuis le début de l'année; il est déjà venu deux fois en Suisse participer à des conférences de l'ONU.

Conséquence: nous allons avoir besoin d'un budget annuel d'au moins 350'000 francs. Nos dernières réserves étant bientôt épuisées, nous devons maintenant trouver de nouvelles ressources si nous voulons poursuivre cette tâche. Découvrez en page 11 le budget provisoire du BMF pour 2002.

Pour augmenter nos moyens financiers, nous avons plusieurs idées:

Chère lectrice, cher lecteur, le navire BMF a perdu son capitaine. Nous devons poursuivre notre route en recourant à des instruments adéquats. Sans Bruno, il ne nous reste que la fuite en avant! Avec votre soutien, nous sommes persuadés que nous réussirons. Le prochain Tong Tana vous proposera des moyens concrets d'assurer la survie du BMF et vous présentera un projet détaillé pour le Sarawak.

Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d'année et une excellente année 2002.

John Künzli & le BMF-team

Suffisamment de sago pour tout le monde apporte santé et bonne humeur! Août 2001, Ulu Baram.




 

Sarawak - Malaisie

Deuxième expédition de recherche dans la région du Batu Lawi (juillet-août 2001)

Durant notre vol vers Kuala Lumpur, Ruedi Suter et moi envisageons diverses solutions au cas où nos noms (spécialement le mien: "Manser") figureraient dans l'ordinateur central de la police. Mais contre toute attente, nous n'avons eu aucun problème à la frontière, pas plus qu'au Sarawak.

Nous quittons la ville de Miri en Jeep et roulons à vive allure en direction de la forêt vierge. Au "Check Point", la chaleur est si accablante que les policiers se sont retirés à l'ombre et nous laissent passer sans contrôle. Durant des heures, nous traversons un paysage de collines où les plantations de palmiers à huile se succèdent à perte de vue des deux côtés de la route: cette "monoculture par excellence" a ici remplacé des milliers d'hectares de forêt pluviale – une effrayante réalité. Et régulièrement, nous croisons des convois de bois au milieu d'immenses nuages de poussière. Dans la dernière localité de quelque importance, nous achetons des denrées alimentaires (riz, sagou, sel, sucre), des machettes et d'autres objets utiles. La nuit tombe quand le chauffeur croit s'engager dans un raccourci. Après une heure, la piste glissante, en forte pente, finit en impasse. Le retour est impressionnant: nous dérapons tantôt côté précipice, tantôt côté falaise, à la manière d'une luge sur de la glace. Il est près de minuit quand nous atteignons la fin de la route forestière. Où sont les Penan qui doivent nous accompagner?

Huit Penan arrivent l'après-midi suivant. Le traducteur nous explique qu'ils ont dû marcher quatre jours pour nous rejoindre. Nous partons à pied avec eux. Cinq heures plus tard, nous voyons se dresser devant nous les longues maisons de "Pa Tik", un village penan où nous attend le repas du soir: riz, sagou et viande d'ours.

Je fais part à mes hôtes de ma joie, en tant que frère du disparu, à pouvoir partir à la recherche de "Laki Penan" avec Ruedi et quelques-uns des leurs. Mes mots sont suivis de gestes si émouvants que j'ai de la peine à traduire mes sentiments: Gisa Paren se lève et enlace ma poitrine, puis tous les autres Penan me touchent d'une manière ou d'une autre et forment un cercle autour de moi. Durant plusieurs minutes, je demeure ainsi inoubliablement entouré. Ce rite signifie que les Penan m'acceptent comme l'un des leurs.

Le lendemain, nous partons à l'aube en direction du "Batu Lawi", accompagnés de onze Penan. Une journée de marche représente beaucoup d'heures de progression souvent difficile, de rivières à traverser et d'obstacles à surmonter. Et finalement, l'installation d'un camp pour la nuit... L'effort physique et psychique est considérable. Il faut supporter beaucoup de désagréments: le fort taux d'humidité (il pleut au moins une fois par jour, souvent aussi de nuit), la sueur, les habits toujours humides, les sangsues accrochées au bas des jambes, etc. Et une nourriture qui ne varie pas: toujours du riz et du sagou sous forme d'une pâte gluante et sans goût. Heureusement, les Penan sont de bons chasseurs qui enrichissent ce menu monotone de viande de porc-épic, de loutre ou d'un autre animal sauvage.

La montée vers "Batu Iran" est si escarpée et glissante que nos doigts doivent s'accrocher à tout ce qu'ils rencontrent. C'est ici que Bruno a eu son dernier contact avec Paleu. Nous redescendons vers "Brunei River". A l'aide de machettes, nous abattons des arbres pour traverser le torrent. Le dernier camp de Bruno et un endroit idyllique situé au bord de la rivière. La forêt de montagne est ici si dense que nous devons nous frayer un passage à la machette, mètre par mètre. Dans cette zone, nous cherchons intensivement des traces de Bruno – malheureusement sans succès.


 Erich Manser et des amis en route pour le Batu Lawi, août 2001


Audacieuse traversée de rivière : pont improvisé, août 2001

Notre cœur est partagé entre deux sentiments très profonds: l'incertitude quant au sort de Bruno et la fascination de ce que nous vivons quotidiennement, surtout la convivialité des Penan. Au pied du "Batu Lawi", nous édifions notre camp de base. Puis nous escaladons cette impressionnante montagne jusqu'au point qui avait été atteint par la première expédition. Dans l'épais brouillard qui nous entoure, la visibilité ne porte qu'à quelques mètres. L'humidité est si forte qu'en peu de temps, nous sommes complètement trempés. Gelés, nous retournons au camp de base. Les conditions étant plus favorables le lendemain matin, nous retournons au même point et surmontons non sans peine une zone très abrupte. Plus loin, nous découvrons du papier d'aluminium, du plastique et un emballage daté de 1985, qui n'ont pas pu appartenir à Bruno.

Nous grimpons encore jusqu'au pied de la falaise verticale du gigantesque "Batu Lawi". Partout, nous voyons des traces de machette que les Penan estiment vieilles d'une année. Le lendemain, nous cherchons encore dans la forêt qui s'étend au pied de la montagne – ici aussi sans succès. Finalement, nous abandonnons le camp de base et retournons à "Pa Tik", où nous prenons congé des Penan, et poursuivons en direction de l'aéroport.

Malgré la raison triste de ce voyage – la recherche de traces de mon frère Bruno – et son insuccès, j'en reviens enrichi d'un vécu extraordinaire: j'ai vu de mes propres yeux et ressenti par tous mes sens ce qui fascinait tellement Bruno dans la jungle et la vie avec les Penan. C'est maintenant seulement que je le comprends de tout mon cœur. Erich Manser


Erich et les Penans sur le Batu Lawi, août 2001




Conte de l'oiseau But et de l'oiseau Kuwai

Il était une fois deux amis: l'oiseau But (une espèce de faisan) et l'oiseau Kuwai (argus géant). C’était avant que le rusé Kuwai ne joue un mauvais tour.

Tous deux étaient de couleur noire et d'aspect minable, alors que tous les autres oiseaux, du grand Belengang (Buceros rhinoceros) aux plus petits étaient magnifiquement colorés. Les deux oiseaux noirs avaient honte d'eux-mêmes et de leur plumage insignifiant.

Un jour ils se rencontrèrent et se mirent à discuter. "Pourquoi sommes-nous tellement moins attrayants que toutes les autres espèces d'oiseaux du monde?" se demandèrent-ils. "Puisqu'il en est ainsi, nous ferions bien de nous décorer" dit l'oiseau Kuwai à l'oiseau But. "Oh, ton idée est vraiment bonne" répondit But et ils décidèrent de se décorer mutuellement. "Décore-moi en premier" demanda Kuwai au But, qui lui dessina de forts beaux motifs de la tête jusqu'à la queue. Kuwai devint très beau et s'exclama : "Mon cœur est joyeux car tu m'as fait vraiment de belles parures!"

Puis ce fut le tour à l'oiseau But d'être décoré par l'oiseau Kuwai, mais celui-ci ne voulut pas que But devienne aussi beau et il lui ne dessina que de plumes brunâtres. Quand But s'en rendit compte et vit son plumage terne, il se mit en colère contre Kuwai et voulut le malmener, mais celui-ci s'envola.

C'est ainsi, a cause du Kuwai, que But gardera pour toujours sa piètre allure dont il a grande honte et se contente de vivre caché dans les taillis et de se déplacer dans les broussailles. Kuwai, quant à lui, vit dans des endroits dégagés et se perche sur les hautes branches, car il est devenu le plus beau, le roi des oiseaux!


Les belles plumes du faisan Kouway ont des forces magiques pour les natifs, mais comme les forêts de Sarawak, l’oiseau a prèsque disparu.

Nouvelle arrestation d'un Penan

jk – Hendry David (20 ans), Penan de Long Sabai (cours supérieur du fleuve Baram), a été arrêté par la police le 8 octobre 2001. La société forestière Shin Yang Company l'avait accusé de l'incendie de deux tracteurs-remorques entre le 25 et le 29 septembre. Mais Hendry David nia avoir commis un tel acte et les villageois donnèrent l'assurance qu'ils n'étaient pas dans la région à cette période. De son côté, la firme Shin Yang ne put produire aucune preuve de ses allégations. Menotté, le jeune homme fut néanmoins emmené par canot rapide à Marudi, où il fut écroué. Mais l'enquête ne parvint à réunir aucun élément d'accusation, si bien que Hendry fut remis en liberté le 14 octobre.

Source: www.rengah.c2o.org


Bouclier dayak de la tribu des Kenyah




Les premières retombées négatives des élections au Sarawak

jk – Des élections se sont déroulées le 27 septembre 2001 dans l’État du Sarawak. Aux côtés du Democratic Action Party DAP y participaient, pour la première fois, deux partis d’opposition très en vue en Malaisie occidentale: le Keadilan (partisan de l’ex-vice premier ministre Anwar Ibrahim, détenu depuis 1997) et le PAS (Parti islamique). Résultat: Taib Mahmud – Chief Minister depuis 1981 – et son gouvernement de coalition du "Front national" sortirent triomphants de l’épreuve et remportèrent 60 des 62 sièges du Parlement. Chiew Chin Sing du DAP (parti qui a perdu trois sièges) y représente aujourd’hui l’unique opposition!

Les raisons de cette déroute sont multiples: les partis d’opposition n’ont jamais réussi à former un front commun; des dizaines de candidats ont quitté leur parti quelques jours avant les élections; inexpérimentée, l’opposition n’a pas fait le poids face à la puissante machine de propagande du Front national; les intimidations, voies de fait et pots-de-vin (tant parmi les candidats que parmi les électeurs) étaient monnaie courante. De plus, Taib et ses complices ont su tirer parti de la peur née des attentats contre le World Trade Center à New York.

Le résultat de ces élections a de graves conséquences. Ainsi, l’opposition ne pourra faire aucune proposition au Parlement, la loi exigeant deux signatures. Les conditions de travail deviennent aussi plus dures pour les (rares) ONG qui défendent les autochtones à économie traditionnelle et les couches défavorisées de la population. Le nouveau Parlement a commencé par adopter une loi qui réduira une fois de plus, drastiquement, la possibilité pour les peuples indigènes de défendre leurs droits territoriaux et coutumiers. A l’avenir, seules des personnes disposant d’une licence d’État seront autorisées à exercer la fonction de géomètre. Tout autre arpentage (par ex. exécuté par des experts étrangers au profit des Penan) sera puni d’amende (jusqu’à 50’000 ringgits soit 14’000 dollars US) ou d’emprisonnement (jusqu’à trois ans) – voire des deux!

A l’avenir, de nombreuses initiatives de communautés dayaks pourront être déclarées illégales les autochtones n’ayant en général pas le statut professionnel requis par le gouvernement. En outre, les autorités compétentes pourront récuser les experts agréés sans justification et leur retirer en tout temps leur licence.

Cette nouvelle loi n’a pas son pareil dans le monde. Partout, des militants ou des ONG peuvent utiliser la cartographie sans restriction légale dans le but d’obtenir une reconnaissance internationale des droits territoriaux des peuples indigènes (même au Sarawak, les tribunaux s’y référaient de plus en plus). Seul le gouvernement de l’État du Sarawak agit en sens contraire, vraisemblablement en réaction à la victoire en justice des Iban de Rumah Nor: leur plainte pour plantations illégales contre le gouvernement et la Borneo Pulp & Paper BPP Company avait obtenu gain de cause (voir Tong Tana, août 2001).


On interdit de plus en plus aux Penan et autres groupes dayak de mener une vie traditionnelle et autonome.

Le même jour, le Parlement examina un projet de loi forestière interdisant aux peuples indigènes de collecter à but commercial du bois et autres produits de la forêt. Seul Chiew Chin Sing émit un avis opposé, soulignant que l’on interdisait ainsi aux autochtones ce que le gouvernement fait depuis longtemps, à savoir piller les ressources naturelles pour s’enrichir. "Les communautés indigènes ne font que ce que le gouvernement leur a appris: monnayer les ressources naturelles. Selon le projet de loi, ce sera à eux de prouver qu’ils ne s’approprient pas les produits de la forêt à des fins commerciales. Cette disposition n’est pas conforme à notre système juridique, dans lequel l’on est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire!"

Un autre projet de loi prévoit que quiconque plante, cultive et multiplie "des arbres protégés ou ayant une valeur pharmaceutique" est punissable. Chiew Chin Sing s’en étonne: "Punir de 30’000 ringgits d’amende (8400 dollars US) et/ou d’emprisonnement celui qui cultive des arbres de valeur et seulement de 5000 ringgits d’amende (1400 dollars US) une société d’exploitation du bois qui engage du personnel non qualifié ou des travailleurs au noir, c’est incompréhensible. On est plus sévèrement sanctionné en cherchant à être utile qu’en commettant vraiment des fautes. C’est injustifiable!"

Certes, tout n’est pas encore dit en ce qui concerne ces nouvelles lois. Leur application par les juges, en particulier, est imprévisible. Ces derniers temps, ils se sont souvent prononcés en faveur des autochtones en se basant sur l’administration de preuves – un droit qui devrait également être modifié.

Dans ce contexte, et parce que beaucoup d’argent a déjà été investi, le BMF va accélérer les travaux de délimitation du territoire des Penan et leur financement. Aidez-nous!

Sources: www.rengah.c2o.org, www.malaysiakini.com, Sahabat Alam Malaysia (SAM) v. 31.10.2001




 

L'économie du bois en Malaisie

jk – Selon une étude du WWF (1995), un tiers de la production de bois de la Malaisie était illégal au milieu des années 1990. Il y a longtemps que nous savons que ce pays – et en particulier l'État du Sarawak – abat beaucoup plus d'arbres que ne le permet une gestion durable des forêts. Aujourd'hui, ses propres réserves sont à ce point décimées que son industrie du bois hypertrophiée (entre autres plus de 1000 scieries) manque de matière première. Sa capacité de transformation est de 40 millions de m3 de bois par année, alors que la production n'atteint que 22 millions de m3 (1999). Il faut donc trouver ailleurs ce qui manque – le plus près possible. Pourquoi ne pas profiter de la situation politique instable de l'Indonésie, pays pauvre et corrompu? Certes, les entreprises malaisiennes ont aussi acheté des licences d'exploitation dans d'autres pays tropicaux – et parfois cédé à la tentation de pratiques illégales, comme au Cambodge, en Papouasie Nouvelle-Guinée et au Brésil – mais le bois indonésien est vraiment beaucoup plus avantageux... De grandes quantités de bois volé en Indonésie arrivent sur le marché international, le plus souvent après avoir transité par la Malaisie.

Le gouvernement du Sarawak "blanchit" le bois volé

L'Environmental Investigation Agency (EIA) a révélé que le Chief Minister du Sarawak (Taib Mahmud) et son gouvernement sont directement compromis dans la contrebande de bois. L'ONG anglaise a constaté que le bois illégal (d'une valeur de plusieurs millions de dollars US par mois) est écoulé essentiellement par les villes de Pontianak (capitale de Kalimantan occidental/Indonésie) et Kuching (capitale de Sarawak/Malaisie).

Une partie du bois illicite arrive au Sarawak par voie terrestre. Peu avant la frontière, il est débité dans des scieries spécialement installées à cet effet, le Sarawak n'autorisant pas l'importation de bois brut. L'an passé, on y a compté jusqu'à 80 chargements de bois volé en un seul jour (Strait Times, 5 mars 2000), en grande partie dérobé dans des zones protégées. En août 2000, plus de 50 sociétés d'exploitation malaisiennes ont payé 4500 dollars US chacune aux douaniers indonésiens pour traverser la frontière sans problème.

Au Sarawak, la Harwood Timber Company, une filiale de l'étatique Sarawak Timber Industry Development Corporation (contrôlée par l'État) établit pour 6 dollars US le mètre cube des papiers légalisant le bois volé. La Harwood Timber Co. exploite trois de ces "centres de blanchiment": deux à la frontière avec le Kalimantan (Lubok Antu, Tebedu) et une sur la côte près de Kuching (Sematan), où le bois arrive par bateau. De cette manière, Harwood "légalise" au moins 500'000 m3 de bois par année et l'EIA estime qu'au moins autant de bois volé arrive au Sarawak par d'autres filières.

Le Sabah, autre État malaisien de l'île de Bornéo, ne peut plus se passer non plus de bois de contrebande. Son industrie peut (et doit, pour survivre) façonner 16 millions de m3 de bois par année, mais les forêts n'en livrent que 3,4 millions (1999). Ici aussi, le bois manquant vient principalement d'Indonésie. En mai 2000, le ministère indonésien des forêts a reproché à l'armée malaisienne de participer à cette contrebande. La quantité mensuelle de bois concernée serait comprise entre 80'000 et 100'000 m3 selon des officiels indonésiens.

La Malaisie occidentale acquiert également une grande quantité de bois de contrebande, provenant surtout de Sumatra; le ministère indonésien des forêts l'évalue à 70'000 m3 par mois. Le déchargement des navires – qui changent de pavillon au gré des circonstances – s'effectue sous la surveillance constante des autorités malaisiennes...

Au total, la Malaisie vole à son voisin près de trois millions de m3 de bois précieux, principalement de ramin, de méranti et d'autres essences de la famille des Dipterocarpacea. L'EIA estime que l'Indonésie a perdu au moins 580 millions de dollars US au cours des dix dernières années, rien que par la contrebande de bois existant entre le Kalimantan et la Malaisie. En Indonésie, le ramin a été placé sous protection (les derniers peuplements de cette essence se trouvent dans des réserves naturelles et des réserves de faune); tout commerce de ce bois est interdit, aussi au plan international. Mais le ramin – l'un des bois tropicaux les plus précieux – est payé jusqu'à 1000 dollars US le m3 dans les pays industriels (voir encadré). En 1989, le Sarawak produisait encore 620'000 m3 de ramin. Ce chiffre est tombé à 67'000 m3 en l'an 2000, les forêts marécageuses et tourbeuses de plaine ayant été anéanties. En l'an 2000, la Malaisie occidentale, qui ne possède elle-même plus aucune de ces forêts, a exporté 31'000 m3 de ramin (tendance à la hausse). Explication: cet arbre ne croît qu'en Indonésie et en Malaisie. La Malaisie est donc le seul pays qui puisse "blanchir" ce bois.

Les gouvernements du Sud-Est asiatique s'inquiètent de ce pillage à vaste échelle des forêts indonésiennes. Les ministres de plus de 15 pays et les représentants de plusieurs ONG se sont réunis du 11 au 13 septembre 2001 à Bali. A cette conférence, la Malaisie a brillé par son absence. Mais comme par hasard, le Chief Minister du Sabah écrivait le 28 septembre suivant dans le journal Borneo Post que les contrebandiers feraient bien de cesser leur activité avant de se retrouver devant un tribunal...

Le commerce international détruit les dernières forêts tropicales: l‘exemple du ramin:

une bande de bûcherons dans le Parc National du TP reçoit 2.20$ par m3

un marchand indonésien paie 20$ par m3

un marchand malais paie 160$ par m3

un vendeur malais de ramin scié paie 710$ par m3

un exportateur à Singapour demande 800$ par m3

un vendeur européen paie pour du ramin moulé 1‘000$ par m3

Sources: http://eia-international.org/Campaigns/Forests/Reports/timber/index.html 12.09.2001, Jakarta Post, 14.09.2001, Borneo Post, 28.09.2001


Une barge remplie de bois quitte le territoire penan du cours supérieur de la rivière Baram: les jours des forêts de Borneo sont comptés. Août 2001




Suisse

FLY soutient un projet local au Sarawak

jrd – Au début de l'année, le marchand de meubles FLY Suisse SA avait été blâmé par le BMF pour la vente de meubles de jardin en bois tropical provenant de forêts primaires asiatiques. La direction de l'entreprise a reconnu les faits et a pris des mesures pour corriger cette situation (voir Tong Tana, mai 2001, p. 14). En guise de réparation, il a été convenu en outre que les gains réalisés dans le cadre de la vente de meubles en bois de méranti seront affectés à un projet en faveur de tribus touchées par le déboisement.

FLY finance maintenant au Sarawak un nouveau projet de l'ONG malaisienne BRIMAS (brimas.www1.50megs.com/) et lui a versé dans ce but une première tranche de 5000 dollars US.

Prévu sur deux ans, le projet soutient l'association KEBAMA, une organisation d'entraide dont les 300 membres appartiennent à la tribu des Badeng/Kenyah (Long Mejawah, district de Belaga). Ce groupe vit surtout de cultures de riz et de produits forestiers. Mais les forêts ayant été fortement dégradées par l'exploitation commerciale du bois, des produits traditionnels comme le gibier, le poisson, les plantes médicinales, les matériaux de construction et les matières premières artisanales, entre autres, sont devenus très rares.

Le projet vise à éviter que la population locale contribue finalement elle-même à la destruction de la forêt. Pour cela, il cherche à améliorer l'auto-approvisionnement, renforcer les coutumes traditionnelles et contribuer au reboisement. Dans la région concernée par le projet, on aura recours au travail communautaire pour créer des rizières inondables et des étangs à poissons. L'achat d'un moulin permet à KEBAMA d'apprêter elle-même son riz et de le proposer aux membres à un prix avantageux.

De plus, il est prévu d'acheter des poussins de poules et de canards, ainsi que des porcelets, en vue d'élevages. Plus tard, des arbres indigènes – spécialement des arbres fruitiers – devraient être plantés dans l'ensemble de la région. Ils ne serviront pas seulement à produire des fruits, mais aussi à protéger le sol de l'érosion.


Femme kenyah aux boucles d‘oreilles traditionnelles; photographie de Bruno, 1999




Huile de palme: des palmes pour la MIGROS!

jk – Dans un communiqué de presse publié le 1er octobre 2001, la Fédération des coopératives MIGROS constate que "le secteur de l'huile de palme ne se développe malheureusement pas dans des conditions sociales et écologiques acceptables. Les plantations de palmiers à huile contribuent dans une grande mesure à la disparition des forêts tropicales humides, qui prive de leur espace vital aussi bien des peuples autochtones que d'innombrables espèces animales et végétales. L'installation de ces plantations s'accompagne fréquemment d'incendies de forêt, de coupes rases étendues, de violations de lois nationales ou régionales, de conflits avec les populations locales et d'une baisse de la qualité des sols et de l'eau." A l'avenir, la MIGROS n'achètera plus que de l'huile de palme correspondant aux directives qu'elle a fixées d'entente avec le WWF, sur la base des critères du Forest Stewardship Council (FSC).

Une fois de plus, la MIGROS confirme qu'elle assume ses responsabilités écologiques et sociales bien au-delà des frontières nationales. L'entreprise applique sa philosophie avec conviction, comme le prouve le fait qu'elle n'hésite pas à se priver ainsi de gains appréciables dans le commerce des huiles et des graisses végétales. Le BMF, qui avait exposé la problématique de l'huile de palme à la filiale MIFA SA (Frenkendorf/BL) peu avant le départ de Bruno en janvier 2000, félicite aujourd'hui la MIGROS de cet engagement exemplaire!

Source: Brückenbauer n° 41, 09.10.2001


Là où il y avait autrefois la plus vieille forêt pluviale au monde se trouve aujourd‘hui un désert vert: des plantations d‘huile de palmes à perte de vue...




300 communes suisses ont déjà renoncé aux bois litigieux

jrd – La commune de Birmenstorf (AG) est la 300e, après deux communes bernoises (Guggisberg et Wahlern), à s'associer à la campagne lancée en 1997 par le BMF. Elle s'engage à renoncer aux bois de forêts tropicales humides (Brésil, Cameroun, Malaisie, etc.) et de forêts de conifères nordiques (par ex. Canada, Sibérie). Les forêts vierges de ces régions sont pillées sans scrupules – une exploitation non durable, pratiquée au mépris des principes écologiques et sociaux les plus élémentaires.

Par leur engagement, ces 300 communes de toute taille (2,84 millions d'habitants au total) assument leur responsabilité de manière exemplaire, selon le principe "penser globalement – agir localement".

En France aussi, un nombre croissant de communes s'engagent dans ce sens. A l'occasion d'un hommage rendu à Bruno (2 septembre 2001), l'association Espace Nature Isère a communiqué que six communes du département (Adrets, Montferrat, Saint-Cassien, Sainte-Agnès, St Etienne de Crossey et aussi Meylan) ont pris une telle décision. En octobre, les autorités de la ville de Paris ont annoncé leur intention de renoncer à tout bois d'exploitation non durable ou d'essences menacées au profit de bois régionaux. Le Conseil de Paris doit d'abord adopter une délibération définitive. Pour en savoir plus: anhuman.anotherlight.com/bonnews/bonnews.htm ainsi que www.amisdelaterre.org/foret/cadre_foret_batir.htm et www.chez.com/chantalbe/Boistropicaux.html.

 




N'achetez pas de meubles de jardin en bois tropicaux

jrd – Les magasins ont depuis longtemps commandé leurs meubles de jardin pour la saison prochaine. Espérons qu'à l'exemple de FLY et de Jumbo, ils auront tous choisi des articles exempts de bois tropicaux. Mais les clients et consommateurs doivent rester vigilants: seul un étiquetage correct (avec indication claire de l'essence et du pays d'origine) démontre la volonté d'une véritable transparence commerciale. Évitez d'acheter des bois au nom exotique (nyatoh, méranti, Tectona, etc.), car ils proviennent le plus souvent d'arbres ne croissant que dans la forêt pluviale. Et ne vous laissez pas tromper par des indications trop souvent fausses du genre "de plantation", "de programmes de reboisement", "d'exploitation durable" etc. Si vous avez vraiment besoin de meubles de jardin résistant aux intempéries, choisissez-les en bois de nos régions (le mélèze et le robinier conviennent particulièrement bien). Le BMF conseille volontiers.


Soyez vigilants: design typique pour des meubles de jardin en bois tropical!
 




Retrait de l'OIBT: notre pétition sur la bonne voie

jrd – En mai 2001, le BMF (en Suisse) et l'association "Peuples des Forêts Primaires" (en France) ont lancé simultanément une pétition demandant le retrait de leur pays de l'Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT). Des centaines de signatures nous sont déjà parvenues.

L'affiliation suisse à l'OIBT est défendue par l'ultra-libéral Secrétariat d'État à l'économie (seco), qui prétend résoudre tous les problèmes du monde en favorisant le commerce et en se pliant aux lois du marché. Sa plus récente prise de position sur les bois tropicaux (28.03.2001) écarte toujours le principe d'une déclaration obligatoire pour le bois et les produits en bois. Prétexte: les bois tropicaux seraient ainsi discriminés. Le BMF et beaucoup d'autres personnes et organisations demandent pourtant une telle déclaration pour tous les bois de tous les pays. L'auteur du rapport a certainement besoin de quelques éclaircissements; n'hésitez pas à lui écrire à l'adresse hans-peter.egler@seco.admin.ch !

Nous poursuivrons la collecte de signatures jusqu'à mi-avril. D'autres exemplaires de la feuille de pétition (en allemand, français ou anglais) sont à disposition au secrétariat du BMF ou peuvent être imprimés directement à partir du site www.bmf.ch.

Veuillez renvoyer toutes les feuilles de pétition, même partiellement remplies, jusqu'au 15 avril 2002 au BMF ou à "Peuples des Forêts Primaires". Merci!




Nouvelles du BMF

En souvenir de Barbara Nathan-Neher

jk – C'est avec une grande tristesse que le BMF a appris le décès de Barbara Nathan. Elle nous a quittés le 25 août 2001 des suites d'une soudaine et grave maladie. En mai dernier, à Berne, elle participait encore à la cérémonie du souvenir dédiée à Bruno. Nous n'oublierons pas la spontanéité créatrice, la force, la détermination, le courage et la grandeur qui émanaient de cette dame de près de 75 ans. Depuis le début, Barbara avait mis ses grandes qualités au service du BMF et de la cause des Penan, en tant que membre du comité jusqu'en 1997, puis dans le cadre d'étroits liens d'amitié.

Quand Barbara, déjà très atteinte dans sa santé, me téléphona de l'hôpital en juillet dernier, c'était encore pour se préoccuper de l'avenir du BMF. On reste confondu par tant de générosité. Le choc et la tristesse de sa disparition fut – est – d'autant plus grand. On songe évidemment à celle de Bruno Manser, qui avait une grande estime pour Barbara comme le montrent aujourd'hui encore les photos qui ornent les murs du secrétariat, et dont le testament rédigé peu avant son départ met aussi le BMF et l'amitié au premier plan. Barbara et Bruno avaient beaucoup de choses en commun, qui nous manquent cruellement aujourd'hui. Mais leur manière de vivre avec leurs convictions, ici et maintenant, inflexibles et déterminés malgré les résistances et les revers, restera un exemple pour nous.

Nous n'oublierons jamais Barbara Nathan, à laquelle va toute notre gratitude. Au nom de tous les amis du Sarawak, Mutang Urud de la tribu des Kelabit s'est exprimé en ces termes:

"Chez tous ceux qui t'ont bien connue et qui t'ont aimée, la douleur sera profonde et durable. Pour nous et notre combat, ton départ constitue une grande perte. Que ton éternel voyage se passe sans obstacles. En voyant scintiller une étoile de manière particulière, cette nuit, nous saurons qu'il s'agit de ta part d'un clin d'œil amical."

Nous remercions très sincèrement tous les parents et amis de Barbara Nathan qui ont fait un don au BMF plutôt que d'offrir des fleurs, conformément aux vœux de la disparue. Nous investirons ces 16'000 francs dans le sens de l'engagement de Barbara.


Barbara Nathan-Neher, Bruno Manser, vous nous manquez!




 

Perspectives financières

jk – L'augmentation du budget est une conséquence de la disparition de Bruno Manser. Pour survivre, le BMF doit être connu de larges couches de la population. Sans Bruno, ce sera difficile, mais nous essayerons. Bruno manque aussi beaucoup aux Penan, dont il était le porte-parole et l'avocat. Son absence implique des déplacements plus fréquents de militants du Sarawak. Enfin, la situation des Penan – principalement des nomades – s'est à ce point aggravée qu'il ne suffit plus de les aider à se défendre, mais qu'une aide financière directe est nécessaire, tant dans les domaines des procédures juridiques et de la démarcation du territoire que dans celui de l'agriculture alternative.
 

Budget 2002                                                  Résultat 2000

Personnel du BMF Suisse 122'000 106'500
Tong Tana 47'000 43'000
Campagnes/actions Suisse 20'000 10'000
Matériel de bureau 15'000 15'000
Loyer, frais annexes 12'000 12'000
Tél/fax/ports
12'000 12'000
Achat d'articles à vendre 10'000 14'000
Frais divers Suisse 10'000 6'000
Bureau et personnel Sarawak 42'000 20'500
Projets Sarawak 40'000 20'500
Déplacem. et autres frais S’wak 10'000 0
     
Total 340'000 259'500
Recettes 2000   194'900
Perte 2000   64'600

L'important déficit de l'année 2000 a été compensé par des réserves et en partie aussi par des fonds non utilisés pour l'expédition de recherche de Bruno (décembre 2000), les donateurs ayant accepté ce changement d'affectation. Le coût de l'expédition ne figure pas dans ces comptes, la situation ayant évolué de manière totalement imprévisible. Ils ne prennent pas en considération non plus les 10'000 francs par lesquels Jumbo finance la première phase d'un projet d'agriculture alternative au Sarawak.

En comparaison avec l'an 2000, les recettes devront donc presque doubler en 2002. Heureusement, les dons n'ont pas baissé depuis la disparition de Bruno. En novembre 2001, les recettes avaient déjà dépassé le résultat de l'année précédente. Aux 160'000 francs déjà reçus (1133 dons de 843 donateurs), il convient d'ajouter 54'000 francs provenant de nos ventes, de droits, etc. A fin 2001, le montant total des recettes devrait atteindre près de 235'000 francs.




 

Notre nouveau responsable des campagnes et des groupes d'action

jrd – Nos annonces ont suscité 57 candidatures. La sélection n'a pas été facile, de nombreux candidats étant qualifiés pour cette fonction. Finalement, c'est Claude Haltmeyer (43 ans) qui a été choisi. Son expérience dans les divers domaines concernés apportera beaucoup au BMF.

Claude a étudié l'histoire, la géographie et les sciences politiques à Berne et à Berlin. D'abord enseignant, il a travaillé par la suite au Centre écologique de Berne, qu'il a dirigé durant quatre ans. Indépendant depuis 1996, il a œuvré dans le domaine de la coopération au développement et de la protection de l'environnement en tant qu'organisateur de manifestations et responsable de projets de relations publiques.

A temps partiel, Claude encadrera les groupes d'action du BMF (voir ci-dessous), conduira les campagnes et conseillera le secrétariat dans le domaine de l'information.


(Foto) Claude Haltmeyer




Participez aux activités du BMF! Appel au soutien et à la collaboration active

bmf – Les «bad news» ne nous ont pas épargnés cette année: terrorisme, guerre en Afghanistan, faillites d'entreprises, etc. etc. Même en Suisse, beaucoup se sont sentis désécurisés. Mais nous ne devons pas pour autant oublier ou écarter les «vieux» problèmes dus à la globalisation: disparité croissante entre riches et pauvres, droits de l'homme, dérèglements climatiques.

Pour le BMF non plus, 2001 n'a pas été une année facile. Nous avons certes fêté l'engagement d'une 300e commune (Birmenstorf/AG) à renoncer aux bois de forêts primaires, mais l'espoir de voir revenir Bruno Manser parmi nous s'est encore réduit. Il n'en reste pas moins que les objectifs de Bruno – la conservation des forêts tropicales humides et le respect des droits des peuples autochtones – n'ont rien perdu de leur actualité. C'est pourquoi l'assemblée des membres et le comité du BMF ont décidé de redoubler d'efforts, en 2002, pour lutter contre la destruction des forêts dans le monde. Avec des moyens financiers supplémentaires, un poste de responsable des campagnes a été créé. La fonction est assumée depuis le 1er décembre 2001 par Claude Haltmeyer (voir ci-dessous). Ce nouveau collaborateur sera entre autres à disposition des groupes d'action régionaux pour les conseiller et les soutenir.

Nous invitons donc toutes les personnes désirant participer aux activités d'un groupe d'action régional à s'annoncer au secrétariat (adresse dans l'impressum). La tâche d'un tel groupe sera de tenir des stands d'information dans sa région, de collecter des signatures et de diffuser les idées de Bruno Manser dans les communes et les écoles. Nous souhaitons démarrer en 2002 avec deux ou trois groupes d'action régionaux, par exemple au nord-ouest du pays (BS, BL, SO), en Suisse orientale (SG, TG, év. ZH) et à l'ouest (Berne, Bienne, Fribourg, Neuchâtel, etc.).

Il va de soi que ces activités supplémentaires exigent aussi des moyens financiers accrus. A défaut d'une collaboration active, vous pouvez aussi soutenir par une contribution le programme d'action 2002 du BMF. Nous vous remercions très sincèrement de votre aide!

 



Les Amérindiens, thème de lecture et de soirée scolaire

jrd – Les élèves de la classe 2a de l'école primaire de Sulgenbach à Berne se sont intéressés au mode de vie des Amérindiens, entre autres dans le cadre de leurs leçons de lecture. Sous la direction de Karin Gräppi, leur institutrice, le travail a débouché sur une comédie musicale au mois de juin. Ce projet enthousiasmant s'est terminé par la vente aux enchères des décors. La recette intégrale (805 francs) a été versée au BMF. Nous remercions vivement cette classe et investirons cet argent au profit des derniers peuples "primitifs" de notre planète.

 




Les carnets de Bruno Manser à Olten

jrd – Les carnets que Bruno a rapportés de son séjour au Sarawak seront exposés au Musée d'histoire naturelle d'Olten du 11 janvier à fin avril 2002.

Dès le 9 janvier, deux Penan édifieront une hutte traditionnelle: il sera possible de les voir travailler durant les heures d'ouverture du musée (information: 062/212 79 19). Mardi, 19 de février (à 20.00) il y aura une présentation avec des diapositives sur Sarawak dans le cadre de l’exposition.


Ecureuil de vol, journal de Bruno Manser, 1995




Impressum
Tong Tana - Journal du Bruno-Manser-Fonds (BMF)
Association pour les peuples de la forêt pluviale
Heuberg 25, CH-4051 Bâle, Suisse
Téléphone 061/261 94 74
Téléfax 061/261 94 73
E-Mail: info@bmf.ch
Internet: http://www.bmf.ch
Rédaction: John Künzli, J. Rudolf Dietrich
Auteurs: J.R. Dietrich (jrd), J. Künzli (jk), E. Manser
Photos: BMF, Ruedi Suter, Renate Rabus
Traductions: Robert Gogel (français), Nicole Widmer, Susan Gut (anglais)
Tirage: 5400 (3500 en allemand, 1300 en français et 600 en anglais)
Paraît trois fois par années
Composition et impression: Gremper AG, Bâle
Et n'oubliez pas: Nous avons un urgent besoin de votre soutien financier. Merci de tout cœur!
Pour les dons:
Suisse: La Poste Suisse, Bâle CCP n° 40-5899-8
Coop-Bank, 4002 Bâle, compte 421329.29.0000-5
France: La Poste, Strasbourg, CCP n° 2.604.59T
Allemagne: Deutsche Bank, Lörrach (BLZ 683 700 34) compte 1678556




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