Bruno Manser Fonds Mise à jour 2002-09-25 |
Tong Tana, Juin
2002
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"L'homme est mauvais." J'ai souvent entendu cette phrase quand, il y
a 20 ans, j'ai commencé à être confronté au monde, révolté par des aspects inhumains
que nous tolérons par peur de perdre notre bien-être matériel.
Aujourd'hui, les sciences économiques et politiques qui font autorité considèrent que les criantes injustices sociales et les crimes écologiques qui se produisent sous le couvert de la notion anodine de "globalisation" découlent d'une loi naturelle. L'explosion des besoins de la société de consommation est citée à l'appui de cette théorie.
L'égoïsme et le matérialisme ne sont pourtant pas des lois de la nature. Bloqué par un glissement de terrain en février dernier, un fonctionnaire de l'administration forestière du Sarawak a déclaré à la Tribune que "la catastrophe aurait pu être évitée si les arbres n'avaient pas été abattus sur la colline". Dans un rapport sur les menaces qui pèsent sur les sols dans le monde, la commission scientifique consultative du gouvernement allemand écrivait en 1994: "Les sols constituent une base vitale essentielle pour l'humanité, à laquelle nous n'avons pas prêté suffisamment attention jusqu'à présent. Considérés ensemble, les innombrables processus locaux représentent un problème environnemental d'importance mondiale, qui exige des mesures politiques urgentes."
La commission a répertorié 12 types d'atteintes au sol et a baptisé chacun du nom d'un site caractéristique à cet égard. Ainsi, le syndrome du Sarawak représente au plan mondial l'exemple d'une destruction du sol consécutive à la surexploitation des forêts.
En 1989, l'Organisation internationale des bois tropicaux OIBT est arrivée à la même conclusion et a recommandé - sans succès - au Sarawak de réduire drastiquement l'exploitation.
Les deux institutions ont fondé leurs conclusions sur des arguments économiques. Les ressources naturelles ne sont pas inépuisables: leur pillage se solde par la perte de sources de revenus et par des coûts divers liés aux conséquences du pillage.
L'industrie des bois tropicaux en est consciente. Elle rend les pays industriels responsables, "ces pays n'étant pas prêts à financer une exploitation forestière durable en région tropicale." (Mahathir, premier ministre de Malaisie, dans The Star, 15.03.02).
Au Sarawak, les glissements de terrain et les boues torrentielles ont coûté la vie à 16 personnes, mais beaucop d'autres ont perdu tout ce qu'elles avaient. Cela n'a pas empêché l'industrie du bois du Sarawak d'annoncer pour les années 2000 et 2001 des exportations de bois d'une valeur de 5,5 milliards de francs suisses.
En fait, les slogans de la doctrine globalisatrice - qui vont de la "lutte contre la pauvreté" au "bien-être pour tous" - sont à la racine du mal.
Les partisans de la globalisation attendent des protecteurs de l'environnement qu'ils assument une importante mission dans le domaine de l'information du public. Mais quand il s'agit de répondre aux vœux d'une population consciente de ses responsabilités, le complexe politico-économique justifie son inaction par les "lois naturelles" de la globalisation et de l'organisation mondiale du commerce OMC.
En Suisse, 90% de la population saluerait une interdiction d'importer du bois provenant de forêts tropicales en cours de destruction (OFEFP 1998) et dans l'UE, 80% de la population estime l'industrie des bois tropicaux responsable de la destruction des forêts pluviales (Waldinstitut Universität für Bodenkultur, Vienne, Autriche, 1998).
Aussi longtemps que des politiciens de chez nous ne sont pas en mesure de répondre aux souhaits du public en raison des "lois naturelles" évoquées ci-dessus, nous continuerons d'assumer la coresponsabilité de cette destruction de bases vitales.
L'impuissance face à la globalisation nous rapproche des Penan et autres groupes "marginaux". Nous devons veiller à ce qu'après l'injustice, l'impuissance ne soit pas à son tour déclarée "loi naturelle".
Il faut que nous sortions de cette attitude craintive, de ce délire de la réalisation et de la croissance à tout prix. Nous avons besoin d'alternatives à un sens de la vie qui se limite au profit personnel, de concepts sociaux nouveaux et durables, et de personnes qui aient le courage d'imaginer des modèles cohérents, d'y travailler et de les mettre en œuvre.
Dans ce processus, nous pouvons nous inspirer des peuples indigènes, de leur vision interactive du monde, de leurs modes d'exploitation durables et de leur intuition.
Dans son livre alarmant "L'avenir de la vie", le biologiste renommé Edward O. Wilson écrit: "Nous avons besoin de la nature, notamment de ses sanctuaires de vie sauvage. C'est le monde étranger auquel notre espèce doit son émergence, notre patrie sûre vers laquelle nous pouvons retourner. Elle nous offre la diversité nécessaire à notre esprit.
" Nous croyons à cet esprit! Avec votre soutien, nous poursuivrons notre lutte pour l'avenir de la vie.
John Künzli
Le syndrome du Sarawak
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jk - Dans la région des sources du fleuve Baram subsiste la
plus grande surface de forêt intacte du Sarawak. Depuis quelques décennies,
les Penan y mènent une vie semi-nomade. Ils habitent dans des maisons et cultivent
du riz, mais la plus grande partie de leurs besoins en nourriture, remèdes,
matériaux de construction etc. sont toujours couverts par des produits forestiers.
Vers la fin des années 1980, les Penan ont à plusieurs reprises arrêté les
bûcherons par des barricades. Mais en 1993, après plus de huit mois de résistance
près de Long Sebatu, une intervention militaro-policière s'est terminée par
l'anéantissement d'un village (intervention au cours de laquelle le petit
Sonny était décédé d'une exposition excessive aux gaz lacrymogènes).
Dès ce moment-là, la société Samling et le gouvernement
du Sarawak cherchèrent à exploiter le dernier grand gisement de bois de la
région par des moyens non conventionnels: on promit aux Penan de tenir compte
de leurs besoins et d'exploiter leur forêt avec ménagement. La société
allemande de coopération technique GTZ proposa son aide et développa avec
la Samling et les autorités forestières un projet dénommé FOMISS (système
de gestion forestière pour le Sarawak). Les trois partenaires du projet s'appliquèrent
à obtenir l'accord des Penan. Bien que qualifiés par le projet de partenaires
de plein droit, les Penan auraient vu leur "participation" réduite à une approbation
finale. Ils ont refusé, ayant déjà reçu trop de promesses non tenues de la
Samling et du gouvernement. La GTZ a rendu Bruno Manser responsable de l'échec,
ce qui prouve qu'elle non plus ne considère pas les Penan comme des hommes
libres et égaux. L'an passé, la GTZ a quitté le Sarawak en laissant à une
firme super-riche et dénuée de scrupules un plan de gestion forestière financé
à coups de millions par les contribuables allemands.
La Samling a commencé la mise en œuvre de ce plan.
En février, des spécialistes ont expertisé la forêt près de Long Sepigen (env. 30 familles et 80 personnes) et de Long Kerong (45/230). A Long Kerong, la situation s'était déjà envenimée en 1997, quand plus de 70 Penan avaient voulu négocier avec des employés de la Samling et qu'une intervention militaire brutale ("Nous allons bombarder le village!") s'était soldée par 14 blessés et 4 arrestations (voir lettre-circulaire d'avril 1997). Plus tard, les 4 Penan ont été libérés, mais aucune procédure disciplinaire ne fut ouverte contre les paramilitaires.
En mars 2002, la Samling a investi la forêt de Long Lai (27/100). A nouveau, les Penan ont cherché à négocier - sans succès jusqu'ici.
Les villages Penan de Long Benali (16/85) et de Long Pengaran
(4/30) sont exposés à la destruction de leur espace vital par l'Interhill-Company.
Cette société se base sur un accord conclu avec les Kelabit de Long Lelleng,
qui l'autorise à exploiter le bois. La barricade érrigée par les Penan de
Long Pengaran le 2 mai a été rasée par trois pelotons le 8 mai. Diz bulldozers
travaillent d'arrache-pied dans le territoire.
Cette barricade à Long Pengaran...
Une vague de résistance
Dans le bassin versant des fleuves Limbang et Baram, au moins six barricades ont été érigées depuis le 27 mars. Il n'y en avait pas eu autant depuis dix ans! Le signal a été donné par les Penan de Long Sayan et Long Belok, qui avaient déjà bloqué à de réitérées reprises (au cours de ces 18 derniers mois) les dessertes de la firme Interhill Sdn, sous la direction du très expérimenté chef Ajeng Kiew. Après trois jours, un accord a été conclu avec Interhill. Toutefois, il a été dénoncé un peu plus tard par les Penan, leurs requêtes n'étant pas suffisamment prises en compte et les pourparlers suivants étant restés sans résultat. Le 18 avril, les Penan barrèrent à nouveau les voies d'accès. Le conflit n'est pas résolu.
La deuxième barricade a été construite par les Penan du fleuve
Patah, également sur une route de l'Interhill-Company. Le manager de
cette société a accepté toutes les exigences des Penan et les a convoqués
à Marudi pour signer l'accord en présence des autorités du district. Mais
le jour prévu, aucun représentant d'Interhill n'était à Marudi, si
bien que les Penan rentrèrent chez eux et rétablirent leur barricade. Actuellement,
cinq villages participent à cette opération.
...a été rasé par des militaires le 8 Mai.
Blocages par les Penan et Kayan depuis mars 2002
Les Penan nomades se défendent
Un troisième barrage a été érigé le 8 avril par les nomades
de la région de Magoh (près de la rivière Tutoh), menés par Guman Magut. Ce
groupe lutte contre la Woodman Company. Le barrage a été levé cinq
jours plus tard, la Woodman Co. ayant retiré son matériel de la forêt des
nomades. Mais ceux-ci craignent que la firme revienne, comme elle l'a toujours
fait par le passé. Les Penan réclament la reconnaissance de leurs droits fonciers
par le gouvernement du Sarawak. La quatrième barricade a été édifiée le 10
avril par des nomades penans près de la rivière Madihit (région de Limbang),
où la Tamex Timber Company, une filiale de la multinationale Samling,
qui détruise l'habitat des Penan depuis des décennies. Le 17 avril, la police
s'est efforcée sans succès de faire lever le barrage. Il a pu être maintenu
sans incidents jusqu'à fin avril. Le 10 avril également, le groupe d'Along
Sega a barré la voie d'accès de la Lee Ling-Company (sous le nom de
Limbang Trading, elle appartenait autrefois à l'ancien ministre de
l'environnement James Wong). Bien que la police ait menacé de faire usage
de gaz lacrymogènes, le barrage est resté en place jusqu'au 15 mai.
Les Kayan et les Kenyah protestent aussi
Une sixième barricade, installée début avril par les habitants du village de Long Bemang (près de la rivière Apoh) a donné lieu à un incident quand le responsable du dépôt de bois de la Rimbunan Hijau-Company (qui détruit cette forêt depuis des années) a tenté de forcer le passage. Les villageois l'ont ligoté selon la coutume ancestrale et l'ont amené à leur chef dans la longue maison. A la suite de cet incident, 32 Penan et Kayan furent appréhendés. Les villageois se défendent en arguant qu'ils ont dû s'emparer de cet homme agressif et insultant pour le protéger et calmer tout le monde.
Sources: Communiqué de presse SAM, 23.04.2002; Nouvelles
des Penan d'Ulu Baram; The Star/Borneo Post, 18./28.04.2002; www.surforever.com/sam
(Website Sahabah Alam Malaysia); www.earthisland.org./borneo/
(Borneo Project)
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Comme toujours, quand les premiers habitants du Sarawak se défendent contre les "améliorations" de leurs conditions d'existence ordonnées par le gouvernement, la classe dirigeante ne cherche pas à approfondir le problème, mais reproche à des étrangers d'exploiter la misère des Penan dans leur propre intérêt.
C'est ainsi que se propagent des rumeurs selon lesquelles un "rajah blanc" (ou évidemment Bruno Manser) serait à l'origine de l'actuelle vague de résistance. Car selon le gouvernement du Sarawak, la situation des Penan est meilleure que jamais auparavant.
Le sénateur Balan Seling, qui s'occupe du "développement" des
Penan) a laissé entendre le 27 décembre 2001 à la Sarawak Tribune que les
Penan de la région de la rivière Tutoh auraient eux-mêmes chassé Bruno Manser
après avoir réalisé que seul le gouvernement pouvait les aider.
Les nomades n'ont pas besoin de la mondialisation;
la groupe de Guman Magut en mai 2002.
En janvier 2002, nous avons reçu de l'ambassade de Malaisie
des informations sur la situation actuelle des Penan:
Lé partement du Chief Minister du Sarawak rappelle que seules des terres
cultivées peuvent être revendiquées par les premiers habitants. Certes, le
gouvernement a permis aux Penan de poursuivre leur mode de vie traditionnel
dans certaines forêts, mais dans le même temps, il autorise des "activité
de développement" telles que le déboisement. Il ne protègera aucune forêt
pour les Penan. Ceux-ci doivent être préparés à un avenir "meilleur".
On sait qu'un plan prévoit de réunir les 12'000 Penan dans une nouvelle agglomération,
au milieu de plantations de palmiers à huile. Là, ces esclaves mal payés des
temps modernes travailleraient pour le marché globalisé de l'huile de palme.
Source: Chief Minister Department Sarawak, janvier 2002
Évoquée par les Penan, l'aide au développement mise en œuvre
par les autorités a un tout autre aspect. Comme l'État ne reconnaît des droits
fonciers que sur des surfaces cultivées avant 1958, les Penan (qui jusqu'alors
étaient nomades et vivaient de chasse et de cueillette) sont aujourd'hui les
seuls natifs à ne posséder aucun titre de propriété foncière. Depuis plus
de 20 ans, ils sont donc contraints de défendre leurs ressources vitales par
des moyens désespérés. Toutes les prières et mises en demeure adressées au
gouvernement, toutes leurs revendications et tous leurs droits légitimes demeurent
ignorés. Le gouvernement n'a honoré aucune de ses promesses de protéger des
forêts pour les Penan. Leur situation s'est clairement dégradée. Ils sont
nombreux, autour des barricades, à en témoigner:
Ajeng Kiew, 50 ans, président de l'association des Penan
du Sarawak et chef du village de Long Sayan (près de la rivière Apoh): "Nous
avons demandé au gouvernement de protéger nos forêts communautaires, de construire
des écoles et des dispensaires. Mais il nous a envoyé des bûcherons, et maintenant
l'industrie des plantations. Qu'est devenu tout cet argent que le gouvernement
a dépensé pour nous?"
Ayan Jelawing, 64 ans, de Long Beluk (près de la rivière
Apoh): "Dans notre langue, Apoh signifie sagou. Nous étions les premiers dans
cette région, et c'est nous qui avons donné ce nom au fleuve. Notre territoire
a été respecté jusque dans les années 1980, quand des bûcherons sont venus
et nous ont dit que nous n'avons aucun droit."
Seman Ngang, 60 ans, de Long Kevok: "En réalité, le
centre ouvert pour les Penan, ce n'est rien: le dispensaire n'a pas de médicaments,
il n'y a même pas de téléphone, pas de véritable route. Où va l'argent que
le gouvernement dépense pour nous?"
Lolie Mirai, de Long Leng (près de la rivière Layun):
"Il était question de créer des réserves forestières pour les Penan, mais
au lieu de cela, ce sont les bûcherons qui sont arrivés. Nous n'avons aucune
expérience en agriculture et personne ne nous aide."
Johnny Lalang, 37 ans, de Long Lunyim (près de la rivière
Pelutan): "On nous traite comme des idiots. Ils n'ont aucun respect pour nous.
Avant de vouloir nous apporter le développement, le gouvernement doit nous
respecter. Tout ce que nous voulons, c'est notre forêt!"
Lep Selai, nomade de la région du fleuve Limbang: "Ma
femme est morte après avoir bu l'eau de la rivière. Des membres de ma parenté
se sont sédentarisés, mais ils ont dû repartir en raison de la famine. Nous
ne mangeons pas d'animaux domestiques, seulement les animaux sauvages de la
forêt, c'est notre coutume."
Nyagung Malin, nomade de la région du Puak: "Avant l'arrivée
des bûcherons, la vie était facile. Maintenant, nous avons faim. Si l'on veut
vraiment nous aider, il faut nous donner notre forêt. Mes ancêtres n'avaient
pas de longues maisons, mais ils ont survécu!"
Peng Megut, nomade de la région du Magoh: "Le gouvernement
a livré toute la forêt aux bûcherons. Mais la forêt, c'est notre supermarché.
Autrement, où pourrions-nous prendre ce dont nous avons besoin. Nous sédentariser
reviendrait à vendre notre forêt."
Selai Sega, nomade de la région du fleuve Limbang: "Dites
au président du comité pour les Penan et au premier ministre Mahathir que
nos cours d'eau sont empoisonnés et que beaucoup d'entre nous sont malades.
L'argent est vite dépensé, mais nos terres doivent continuer à nous nourrir.
Elles n'ont pas été créées pour le gouvernement, ni par lui!"
Sources: Friends of the Earth Malaysia SAM ; Utusan Konsumer,
mai 2002
Femme Penan préparant du sagou
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Le gouvernement du Sarawak voudrait définitivement sédentariser
les Penan sur le modèle du très controversé projet de retenue de Bakun, dans
le cadre duquel plus de 10'000 Dayak ont déjà été dépossédés et relogés dans
la cité artificielle d'Asap. Or, ces gens ne cessent de se plaindre de la
compensation misérable des pertes subies, des mauvaises infrastructures, de
sources de revenus insuffisantes, etc.
Les Penan veulent rester maîtres de leur vie et de leur avenir,
comme ils l'ont toujours été. Ils se battent pour la reconnaissance de leurs
droits fonciers et de leurs droits d'usage légitimes. Bien que toutes leurs
plaintes et requêtes soient restées infructueuses jusqu'ici, ils continuent
de s'engager contre la destruction de leurs bases vitales en opposant une
résistance pacifique mais déterminée.
Le BMF aide financièrement les Penan en cas de blocage de dessertes
forestières, d'arrestations et de procédures judiciaires. Il soutient aussi
un bureau de coordination chargé de la défense des intérêts des Penan. Il
veille enfin au maintien des flux d'information, tant au Sarawak qu'au plan
international.
Mais le soutien le plus efficace consiste à aider les Penan
à se défendre eux-mêmes. Depuis le milieu des années 1990, ils établissent
des plans détaillés des terres sur lesquelles portent leurs droits fonciers.
Les noms des cours d'eau, des collines et des emplacements utilisés y figurent
dans leur propre langue. Les Penan prouvent ainsi qu'ils vivent depuis longtemps
dans les régions concernées. Par des moyens cartographiques appropriés (y
compris la localisation par satellite GPS), ils délimitent leur territoire
sur une carte, y reportent les lieux de culte et de sépulture, les emplacements
des anciennes huttes utilisées pour la chasse, etc. Une autre carte recense
les ressources économiques de la forêt exploitées par les Penan: zones de
chasse, peuplements de rotangs et de sagoutiers, arbres fruitiers plantés
par eux, etc. Les dommages anciens ou récents causés à leur forêt par des
bûcherons sont également répertoriés.
Toute la communauté participe à ces relevés. Puis les communes
voisines doivent reconnaître les limites ainsi définies. C'est long et laborieux.
Mais entrepris par les Penan eux-mêmes, ce travail renforce leur dignité et
leur sentiment d'appartenance. Peu à peu, ils prennent conscience de leurs
droits fonciers et de leurs droits d'usage. La possession de ces cartes qui
prouvent indubitablement leur existence constitue un encouragement aux initiatives
personnelles et à la résistance. Les cartes demeurent la propriété des Penan.
Elles les aident à négocier avec les bûcherons et les autorités. Devant la
justice, elles établissent la légitimité de leurs requêtes, même quand elles
concernent des générations qui ne sont plus nées en forêt.
Les données réunies ces dernières années par les Penan avec le soutien d'experts (étrangers ou non) doivent être maintenant complétées et mises au net à l'aide d'avocats. L'achèvement cette année encore de la cartographie de huit communautés penan exige des moyens financiers supplémentaires, notamment pour la formation des porte-parole, l'acquisition d'appareils et l'engagement d'experts internationaux.
Parallèlement devraient débuter les travaux visant à documenter la cause des derniers nomades, ceux dont l'existence est le plus étroitement liée à l'établissement de tels documents.
Quand, en mai 2001, un jugement historique de la Haute Cour du Sarawak a attribué une surface de forêt vierge aux Iban de Rumah Nor (en qualifiant d'illégal l'octroi de la licence correspondante par le gouvernement), le juge s'était appuyé sur des cartes et autres documents établis par les Iban eux-mêmes. Par la suite, le Parlement a interdit le travail de cartographes non agréés, mais le tribunal est libre de décider quelles preuves sont admissibles.
Le 21 avril 2002, la Haute Cour de Malaisie occidentale s'est
également prononcée en faveur des natifs: elle a attribué aux Orang Asli (premiers
hommes) une surface de forêt et des indemnités pour les dommages subis (New
Straits Times 21.04.2002). Les Orang Asli avaient aussi établi eux-mêmes les
documents présentés. Divers cas, au Canada ou dans d'autres pays dont la législation
est basée sur celle du Commonwealth (comme en Malaisie) permettent de penser
que ces "Community-Mapping" ont de bonnes chances de succès.
jk - Le 19 décembre 2001, la Sarawak Tribune annonçait que le chef de la police
du district de Marudi était revenu de la région d'Adang. Il y a questionné
Along Sega et d'autres Penan sur la disparition de Bruno. Son enquête n'a
révélé aucun fait nouveau: les nomades ne l'ont pas revu depuis longtemps
et n'ont aucune idée de l'endroit où il pourrait se trouver. Datuk Yusoff
Jaafar, chef de la police du Sarawak, a cependant communiqué que les recherches
allaient être poursuivies, bien qu'aucun indice ne vienne étayer jusqu'ici
l'hypothèse de son décès, voire de son assassinat.
Deux jours plus tard, la presse informait que les autorités du Sarawak rendraient les effets confisqués en 1986, quand Bruno avait échappé de justesse à l'arrestation.
A fin avril 2002, en effet, deux caisses de matériel (vieux sel, riz, lunettes à la John Lennon, remède anti-paludique et filet de pêche) sont arrivées en Suisse. Malheureusement, les carnets de note que Bruno cherchait depuis des années à récupérer ne s'y trouvaient pas.
Les autorités malaisiennes ne croient pas que Bruno ait perdu la vie au Sarawak. Elles doutent même qu'il y soit entré. Elles spéculent qu'il est resté caché au Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo).
Ce serait bien, mais cela paraît malheureusement peu probable.
Le mouvement de résistance actuel au Sarawak prouve au moins que les efforts
de Bruno n'ont pas été vains. L'esprit de Bruno anime toujours les Penan dans
leur combat pour la survie. Et il nous donne la force de vivre dans l'incertitude
quant à son sort.
Le sac au dos de Bruno était presque aussi grand que lui. En mars 2000,
le temps a manqué pour dessiner la ruche dans cet imposant figuier étrangleur.
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La procédure de certification ignore les intérêts des peuples
forestiers
Une coalition d'ONG, d'associations de défense des natifs et de comités d'initiative communaux ont exprimé leur inquiétude et leurs plus grandes réserves quant au projet du Malaysian Timber Certification Council (MTCC), qui vise à l'instauration d'une certification du bois malaisien.
Le mandat du MTCC était de définir des critères et des normes
garantissant aux consommateurs nord-américains et européens sensibles aux
aspects sociaux et écologiques que le bois malaisien est produit selon les
principes de l'exploitation durable. A côté du MTCC, soutenu par le gouvernement,
quelques ONG et délégations communales prenaient part à l'élaboration des
directives malaisiennes. Mais au cours de ces travaux, toutes les délégations
d'ONG, de communes et de communautés indigènes consultées se sont retirées
en indiquant qu'elles ne pouvaient pas souscrire à ce projet. Voici un extrait
de leur lettre.
Le MTCC rejette notamment la demande de la population locale et des ONG
d'instaurer un moratoire sur l'exploitation des forêts vierges et des régions
dans lesquelles les premiers habitants exercent leurs droits fonciers et leurs
droits d'usage. Cela démontre un manque total de compréhension pour les droits
coutumiers des populations indigènes et pour les principes élémentaires d'une
bonne gestion forestière. Sincèrement intéressés à ce que la Malaisie pratique
une sylviculture durable, nous avions accepté dès 1999 de participer aux travaux
visant à l'amélioration des directives malaisiennes de gestion forestière.
A plusieurs reprises, nous avons communiqué au MTCC une liste de points fondamentaux qu'il importe de prendre en considération avant qu'un programme de certification crédible puisse être mis en œuvre. Tous ces points se rapportent aux droits fonciers des peuples indigènes (champs et forêts) et à la subsistance des personnes qui vivent dans la forêt et à proximité.
Nous ne pouvons en aucune manière soutenir un certificat MTCC
"de production durable du bois" qui ne reconnaît et ne protège pas les droits
des tribus indigènes et autres communautés dont la survie dépend de la forêt.
Le programme de certification du MTCC ne répond en effet ni aux directives
de l'Organsiation Internationale des Bois Tropicaux (OIBT), ni à celles du
Forest Stewardship Council (FSC).
Camion après camion, les Penan perdent leur milieu de vie
à cause du commerce international.
Les principales réserves que nous formulons vis-à-vis du MTCC
sont les suivantes:
Nous avions demandé que la procédure de certification soit
transparente, respectueuse et participative, et que tous les groupes concernés
ayant un intérêt réel pour la gestion et la protection des forêts y soient
systématiquement associés. Nous savons que le MTCC est en contact avec diverses
sociétés de certification du bois tropical (Keurhout Foundation, Initiative
Tropenwald, Tropical Forest Trust, FSC). Mais nous n'avons aucune idée de
la nature de ces relations et du rôle joué par le MTCC dans toutes ces procédures.
En ce qui concerne les directives de gestion forestière, nous avions insisté
pour que les droits d'usage légaux et traditionnels (Adat) soient reconnus.
En Malaisie, les conflits au sujet de ces droits sont fréquents entre les communautés villageoises d'une part, le gouvernement et les détenteurs de licences et de concessions d'autre part. Ils doivent être pris au sérieux. Les atteintes aux droits des premiers habitants se répètent, mais la procédure de certification ignore cette réalité.
Par conséquent, nous avons dû admettre le fait que notre "participation" à la procédure de certification MTCC était faussement interprétée comme une approbation des directives MTCC.
Nos objections réitérées n'ont jamais été prises en considération.
Nous n'avions donc pas d'autre issue, en juillet 2001, que de renoncer à participer
aux travaux du MTCC. Nous regrettons profondément que l'industrie du bois
et le MTCC déploient de grands efforts pour certifier le bois malaisien sans
vouloir respecter les droits des communautés humaines touchées par l'exploitation
forestière et sans manifester la moindre intention de prendre en considération
leurs objections.
Source: Communiqué de presse de 14 ONG de toute la Malaisie
(Février 2002).
Quels sont les besoins des Penan?
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Nous sommes à Puerto Maldonado, chef-lieu du département péruvien de Madre de Dios, dans le bassin amazonien. Un collègue de la région nous assure qu'il n'existe encore aucune coupe rase par ici. Une grande activité règne au port, près de l'endroit où le Tambopata se jette dans le Madre de Dios. Des moulins s'appliquent à moudre le riz; situées près de l'eau, les cultures ("chacras") sont d'accès facile. Chargés de bananes et de manioc, des canots viennent ravitailler Puerto Maldonado.
Cette ville en rapide croissance abritait environ 10'000 habitants il y a dix ans; elle en compte près de 40'000 aujourd'hui. Un tel boom n'est pas dû à de grands investissements industriels: ce sont l'or, le bois et le tourisme qui promettent des revenus rapides aux Péruviens. De nombreux habitants des Andes descendent vers la forêt et la ville. Mais la forêt tropicale leur est étrangère. A leurs yeux, elle représente surtout une valeur pécuniaire.
Accompagnés d'un indigène, nous allons passer deux semaines
dans cette forêt en remontant le cours du Río Las Piedras. Durant un jour
et demi défilent devant nous les "chacras" des citadins et des petits paysans.
Après tout, nous avons nous aussi nos jardins familiaux, pensons-nous.

Forêt encore vierge sur le cours supérieur du Río Tambopata
(Dép. Madre de Dios, Pérou; juillet 1993)
C'est bientôt Noël. La plupart des bûcherons retournent en ville. Ils naviguent vers l'aval par groupes de 4 à 6 personnes (sans compter le propriétaire du bateau), tirant des radeaux faits de planches d'acajou. Actuellement, les bûcherons ne s'intéressent qu'aux bois qui rapportent le plus: l'acajou et le cèdre. En principe, c'est interdit par la loi. Mais par ici, presque personne n'a l'air de s'en soucier. Au port, le bois est tranquillement transbordé sous la surveillance des forces de l'ordre, avant de partir à destination des États industriels.
Comme, pour le moment, l'exploitation est "seulement" sélective, la vue de grandes coupes rases nous est épargnée. Nous sommes heureux de pouvoir encore admirer une forêt pluviale intacte et demandons à notre ami de nous présenter les arbres et arbustes que nous rencontrons.
Mais par la suite, il est rare que nous repérions une espèce déjà connue: les différents exemplaires sont très éloignés les uns des autres. L'incroyable diversité de cette forêt ne permet qu'à très peu de représentants d'une espèce de croître au même endroit. Au cours de deux semaines de navigation (350 kilomètres), nous n'avons aperçu aucun des arbres si recherchés par les bûcherons. Même l'abattage sélectif d'arbres isolés conduit rapidement à la disparition des essences convoitées, pourtant vitales pour un certain nombre de plantes et d'animaux.
Pour l'heure, et aussi longtemps qu'il reste des cèdres et des mahagonis, les autres grands arbres demeurent préservés. Mais quand ces bois précieux auront disparu ou que d'autres s'avèreront plus lucratifs, ils seront recherchés et abattus à leur tour, sans le moindre scrupule. Un jour, il n'y aura plus de ceibos, plus d'ojés, etc.
La diversité de ces forêts tropicales aura encore bien davantage
à craindre quand l'infrastructure ne se limitera plus aux canots à moteur
et aux tronçonneuses, mais comprendra des routes, des tracteurs et de grandes
scies à chaîne. Dans la ville qui s'agrandit, l'on n'attend plus que les moyens
financiers qui permettront de réaliser ces idées démentielles.
Les auteurs Markus Oberli, Michael Studer sous un des arbres les plus gros
(avec des racines formant des
contreforts et des grosses lianes) dans le Département de Madre de Dios au
Pérou (2002)
jrd - Le gouvernement péruvien veut faciliter l'accès des grandes
industries du bois (aussi de compagnies malaisiennes) au bassin amazonien,
afin d'augmenter les revenus de l'exploitation forestière. Pour l'environnement
et les communautés amérindiennes, leurs méthodes brutales se traduiront par
des atteintes beaucoup plus importantes que celles des petits groupes de bûcherons
évoqués ici!
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jrd - Nous consommons tous de l'huile de palme, car elle entre
dans la composition des denrées les plus diverses: margarines, soupes, sauces,
biscuits, gâteaux et parfois chocolat, le plus souvent sous l'étiquette peu
explicite d'huiles végétales. Des produits tels que lessives (tenside), cosmétiques
(par ex. bâtons de rouge à lèvres) et bougies en contiennent également. Que
les importations d'huile de palme en Suisse se soient énormément accrues ces
dernières années n'étonnera donc personne (voir graphique p. 11).
La culture
Le palmier à huile (Elaeis guineensis) est un arbre de 15 à 30 mètres originaire
des plaines d'Afrique occidentale. Il est aujourd'hui cultivé dans une grande
partie des régions tropicales du monde. Ses imposantes grappes portent des
centaines de fruits. L'huile de palme brute (Crude Palm Oil) est obtenue par
pressage de la chair des drupes. Elle est principalement utilisée pour la
préparation de denrées alimentaires. Les graines fournissent une autre matière
grasse (« huile de noyau de palme »), employée notamment pour la fabrication
de graisses de cuisine et de lubrifiants. Les résidus de pressage des graines
sont surtout exportés vers l'UE, où ils servent à l'engraissement de bestiaux.
L'huile de palme est l'huile végétale la plus consommée dans le monde après
l'huile de soja.
Les palmiers à huile forment de gigantesques monocultures, qui exigent de grandes quantités d'engrais chimiques et de pesticides. Ces derniers altèrent l'eau potable, portent directement atteinte à la santé des rares employés (mal payés) des plantations et à la biodiversité des zones environnantes.
Comparé à d'autres cultures, le rendement à l'hectare de ces
plantations est très élevé. Pour l'améliorer (et augmenter encore les revenus),
on veut recourir à des palmiers génétiquement modifiés. Les risques pour les
écosystèmes et les questions d'éthique ne sont guère pris en considération!
Une culture en pleine expansion
Au cours de ces dix dernières années, la production mondiale d'huile de palme
a doublé, passant à environ 22 millions de tonnes par année. Cette culture
occupe maintenant 100'000 km2, et la demande croît sans cesse. Liée à peu
de contraintes écologiques et sociales, la production à grande échelle d'huile
de palme est d'un coût particulièrement avantageux. Elle évince donc d'autres
graisses et huiles sur le marché; aussi les graisses animales aujourd'hui
moins cotées en Europe. Par ailleurs, la croissance de la population asiatique
dynamise les ventes: les plus grands consommateurs sont alors des pays asiatiques
(surtout Chine, Inde), suivis par l'Europe et les États-Unis. La moitié de
la production mondiale vient de Malaisie: en Malaisie occidentale, où la plupart
des forêts ont été anéanties, on peut circuler à journée faite à travers les
monocultures de palmiers à huile. Des sociétés de production malaisiennes
ont étendu leur activité à d'autres pays, par exemple à la Guyana (Amérique
du Sud) et à la Guinée (Afrique occidentale).
L'Indonésie produit un tiers de l'huile de palme (presque 7
millions de tonnes en 2000), et elle souhaite rattraper la Malaisie. Ses plantations
couvrent 31'000 km2 (6000 km2 en 1985, essentiellement à Sumatra). Le Nigeria,
la Thaïlande et la Colombie sont également d'importants pays producteurs.
Les conséquences
La destruction de la forêt tropicale humide et l'expansion des plantations
de palmiers oléagineux sont étroitement liées. La forêt primaire est d'abord
exploitée "sélectivement". Quand les arbres les plus précieux ont disparu,
le reste de la forêt est incendié et remplacé par une plantation. Cette opération
est souvent réalisée par une autre firme du même groupe industriel. Mais à
moyen terme, le sol lessivé ne convient plus. La plantation est abandonnée
et une nouvelle zone de forêt de plaine doit être "convertie"...
Les incendies de forêt catastrophiques qui ont ravagé l'Indonésie en 1997/98 sont dus pour une grande part à des entreprises pour lesquelles le feu représente le moyen le plus économique de gagner de nouvelles surfaces. Dans des conditions écologiques et sociales pires que celles de la Malaisie, l'Indonésie cherche à dépasser le producteur mondial n° 1, sacrifiant pour cela ses dernières forêts de plaine et leurs innombrables organismes vivants.
Cette lutte insensée conduira à la surproduction de huile de
palme et à l'effondrement des prix. Mais la plupart des investisseurs et gouvernants
ne s'en soucient guère et ne tirent pas de leçons du passé - de cas semblables
où l'on a misé massivement sur des produits momentanément lucratifs (caoutchouc,
café, etc.) jusqu'à ce que la surproduction et de nouveaux développements
entraînent toute la branche dans la ruine.
Ici les palmiers à huile poussent en rangs bien alignés.
![]()
La plus grande chaîne de commerces de détail, la Migros, est
aussi le plus grand importateur d'huile de palme de Suisse, avec plus de 3000
tonnes par année. A l'incitation du BMF et en collaboration avec le WWF, elle
a pris des mesures pour se fournir en huile de production durable. Elle a
trouvé une première entreprise répondant à ses exigences: la GOPDC au Ghana,
qui lui livre 1000 tonnes par année (près d'un tiers de sa consommation annuelle).
Son assortiment de graisses et de margarines est déjà entièrement à base d'huile
de palme ghanéenne "durable". D'autres fournisseurs sont recherchés, afin
qu'à moyen terme, toute l'huile provienne d'exploitations conscientes de leurs
responsabilités.
Les principaux critères de la Migros sont les suivants:
· N'est pas admise l'huile de palme provenant de plantations pour lesquelles
des surfaces ont été déboisées après 1994 (il importe d'empêcher de nouvelles
déforestations).
· La culture doit être écologique et ne tolérer qu'un apport raisonnable
de produits chimiques. La préférence est donnée à la production biologique.
· Les producteurs doivent respecter la législation en vigueur (dans
beaucoup de pays où règne la corruption, cela ne va pas de soi). En outre,
des normes sociales minimales doivent être respectées (conformément aux directives
de l'OIT).
· Les exploitants doivent prouver leur légitimité (droit de cultiver
les terres concernées) et ne pas porter atteinte aux droits reconnus ou coutumiers
des populations indigènes. Le BMF salue tout particulièrement ce critère,
car les grandes plantations rendent impossible l'usage traditionnel des terres
par les communautés locales et permettent seulement à ces gens de travailler
comme journaliers sur les terres qui leur ont été enlevées...
· Les moulins à huile doivent être conformes à la protection de l'environnement,
de même que l'élimination des déchets.
· La Migros attache une grande importance à la transparence de la filière
d'approvisionnement en huile de palme et exige naturellement un contrôle indépendant
des plantations.
Au BMF, nous sommes d'avis que l'huile de tournesol ou le beurre
indigène sont préférables, ne serait-ce qu'en raison des trajets de transport.
S'il faut de l'huile de palme, on choisira celle de la Migros ou des produits
bio certifiés, à l'étiquetage détaillé.
Par vos achats sélectifs, vous pouvez amener d'autres producteurs et
commerces de denrées alimentaires à attacher l'attention souhaitable à la
problématique de l'huile de palme. Une chance à saisir!
Les investissements - un autre moyen de pression
Ces dernières années, diverses banques ont accordé des grands crédits à des
firmes exploitant des plantations, sans se soucier des dommages causés à l'environnement.
Or, le rapide développement des plantations en Indonésie n'est possible qu'avec
des investissements massifs de l'étranger. Des ONG hollandaises et indonésiennes
ont donc utilisé ceux-ci comme moyen de pression. Ainsi, les quatre plus grandes
banques des Pays-Bas (ABN-Amro, Fortis, ING, Rabobank) ont décidé de ne plus
accorder de crédits qu'à des plantations de palmiers à huile remplissant les
quatre conditions suivantes:
- pas de déboisement de forêt pluviale, au cours des années
précédentes, sur les parcelles prévues
- pas de défrichage par le feu
- respect des lois indonésiennes et des conventions internationales concernées
- respect des droits des communautés locales.
Par ailleurs, l'ABN-AMRO et la Rabobank ont émis des directives plus sévères,
excluant l'octroi de crédits à des firmes qui détruisent ou laissent détruire
des forêts vierges, ou sont compromises dans des déboisements illégaux.
Quand d'autres banques européennes, mais aussi des institutions financières
internationales comme le FMI, se montreront-elles aussi clairvoyantes?
Autres informations: Robin Wood Magazin N° 70 (mars 2001); WRM Bulletin
47 (www.wrm.org.uy/);
www.miosphere.ch/f; www.focusonfinance.org/Dutchbanks2.htm;
Statistiques du commerce extérieur de la Suisse.
Fruits du palmier à huile pour les besoins domestiques.
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jk -De nombreux représentants d'autorités politiques et des ONGs se sont rendus
à Berne le 2 mai 2002, invités par le Secrétariat d'État à l'économie (seco)
à participer à une table ronde en compagnie de l'OIBT. Déguisés en animaux
de la forêt vierge, des militants du BMF et de la GfbV (Société pour les peuples
menacés) les y attendaient. La Suisse assure cette année la présidence du
Conseil international des bois tropicaux. A cette occasion, le directeur de
l'OIBT, M. Sobral, est venu personnellement en Suisse.
Une fois de plus, ce jour-là, nous avons entendu la rengaine habituelle du seco: seul le commerce peut protéger la forêt tropicale. A tort, le seco continue par ailleurs de prétendre (avec une malveillance certaine, car sur ce point, nous le corrigeons depuis 10 ans) qu'une déclaration d'origine obligatoire du bois est contraire aux conventions internationales.
Selon M. Sobral, le commerce des bois tropicaux n'a rien à voir avec la destruction des forêts tropicales. Quand l'objectif 2000 de l'OIBT sera-t-il atteint? M. Sobral n'en a pas la moindre idée. Pessimiste, il a déclaré lors de la conférence de presse qu'il n'y aura certainement plus que du bois tropical "durable" sur le marché quand il ne restera plus de forêts naturelles, mais seulement des plantations...
Les "animaux de la forêt vierge" ont aussi reçu les membres du Parlement invités par le seco.
Si l'OIBT ne montre pas une volonté manifeste de se réformer
dans le sens de nos revendications, nous demanderons le retrait de la Suisse
et remettrons au Conseil fédéral notre pétition munie déjà de près de 6'000
signatures.
Action à Berne, 2 mai 2002
![]()
Bâle et Berne, le 2 mai 2002
A l'attention de M. Manoel Sobral Filho
Monsieur,
... Je tiens d'abord à vous remercier des marques de sympathie témoignées
à l'occasion de la disparition de Bruno Manser, dont le sort demeure inconnu
et qui nous manque toujours beaucoup.
Par ces lignes, nous voudrions vous exprimer très clairement notre position
- à vous et à l'OIBT -sans nous référer de manière détaillée au contenu de
votre lettre.
L'OIBT est une organisation qui regroupe des gouvernements dans le but (entre
autres) d'instaurer une gestion des forêts éco- et socio-compatible. Pour
réformer l'économie forestière destructrice, l'OIBT a misé sur la volonté
déterminée des gouvernements d'adapter leurs bases légales et de les appliquer.
Seul devait être mis sur le marché, dès l'an 2000, du bois tropical produit
dans le cadre d'une exploitation forestière durable.
Nous savons que cet objectif n'a en aucune manière été atteint. Pratiquement
rien n'a changé par rapport aux années 1980: les membres de l'OIBT continuent
d'exporter presque exclusivement du bois tropical issu du pillage de forêts
primaires. Les pays membres de l'OIBT, qui s'étaient engagés à réaliser l'objectif
d'une sylviculture durable - et donc l'OIBT en tant que représentante de leurs
intérêts - sont responsables de 95% du commerce international des bois tropicaux.
Les causes de cet échec sont connues: bien que l'OIBT ait fait beaucoup d'efforts
pour atteindre l'objectif "2000 goal", elle n'est pas parvenue à orienter
de manière déterminante les législations nationales et l'économie privée vers
le développement durable, ni à imposer un moratoire sur les formes destructrices
d'exploitation en attendant l'introduction de méthodes moins brutales. A l'évidence,
on peut déduire de cet échec que dans ce domaine, la volonté des gouvernements
et des entreprises responsables n'existe pas, contrairement aux affirmations
de l'OIBT. En ces temps où une économie axée sur le court terme prime sur
la politique, cela n'a rien d'étonnant, notamment quand on connaît les relations
étroites qui lient les milieux économiques aux milieux politiques dans les
pays producteurs de bois tropicaux.
Le seul succès de l'OIBT est la création d'aires protégées, soustraites à
l'exploitation. Mais cela ne peut être une tâche prioritaire d'une organisation
intergouvernementale de politique commerciale et économique. Dès que le principe
est acquis, l'OIBT n'a d'ailleurs plus à s'en occuper: la mise en œuvre est
assurée par d'autres organisations, notamment le WWF. En dehors de ces zones
de protection, les forêts tropicales humides continuent d'être détruites.
On en conclut forcément que l'OIBT a failli à sa tâche, donc qu'elle est inutile.
Venons-en aux certifications. Vous le savez, une nouveauté est d'abord ridiculisée,
puis combattue et finalement "appropriée". Il en est ainsi de la certification:
d'abord, on s'est moqué des ONG, puis on leur a mis des bâtons dans les roues.
Aujourd'hui, l'industrie s'efforce par tous les moyens d'imposer sur le marché
ses propres certifications (moins strictes).
[...] Cette évolution montre que l'industrie des bois tropicaux ne change
que sous l'effet de pressions économiques. C'est uniquement grâce à des campagnes
internationales d'information et aux boycottages qu'il existe aujourd'hui
dans le monde industrialisé de nombreux consommateurs conscients de leurs
responsabilités et un marché croissant pour du bois (et du bois tropical)
produit selon des critères socio-écologiques et selon le principe du développement
durable. Si les sociétés d'exploitation de bois tropicaux et les gouvernements
qui les protègent n'ont jusqu'à présent montré aucun intérêt pour les aspects
sociaux et écologiques, ils démontrent au moins un intérêt économique pour
ce nouveau marché. Cela prouve que l'industrie des bois tropicaux ne peut
être amenée au changement que par des mesures d'ordre commercial.
A ce jour, le Sarawak n'a observé aucune des recommandations
émises par l'OIBT en 1990:
Tous ces faits doivent conduire à reconsidérer le statut de
l'industrie du bois du Sarawak, et à redéfinir son quota de production durable
de bois. Nous savons tous deux, M. Sobral, que dans peu d'années, les dernières
forêts tropicales intactes auront disparu pour toujours, avec leur biodiversité
en grande partie encore inexplorée et leur fonction stabilisatrice pour le
système climatique planétaire. Les forêts vierges n'ont pas le temps d'attendre,
il faut que l'OIBT se décide.
C'est dans ce contexte que doivent être comprises nos requêtes à l'OIBT. Nous
attendons d'elle qu'elle opte pour les mesures et recommandations suivantes:
Moratoire sur l'exploitation industrielle:
1. L'arrêt immédiat de l'exploitation industrielle des forêts primaires jusqu'à ce que les surfaces protégées et les surfaces exploitables soient définies au plan international.
2. L'arrêt immédiat de l'exploitation industrielle dans les
régions occupées par des groupes ethniques locaux.
Transparence maximale du commerce du bois:
3. Tous les pays membres de l'OIBT introduisent l'obligation d'étiqueter clairement le bois et les produits en bois, selon leur espèce et leur provenance. En outre, l'OIBT permet et recommande aux pays membres de prendre des mesures commerciales restrictives, par exemple de décréter un moratoire sur l'importation de bois et de produits en bois provenant:
4. de forêts primaires
5. de pays qui ne maîtrisent pas l'abattage illégal de bois
6. de pays dans lesquels les droits coutumiers et les droits
de l'homme des populations locales ne sont pas respectés par l'industrie du
bois.
Enfin, l'OIBT peut jouer un rôle important en encourageant par exemple
7. la restauration de zones forestières dégradées
8. une exploitation durable des forêts secondaires
9. une exploitation étendue et durable des produits forestiers
autres que le bois.
Si à Bali - jusqu'à fin mai 2002 - l'OIBT ne prend pas de claires décisions
dans ce sens, nous demanderons que la Suisse se retire de l'organisation et
que celle-ci soit dissoute. Si l'OIBT ne remplit pas enfin son mandat, elle
perdra toute crédibilité et ne sera plus un instrument indépendant pour l'amélioration
de l'économie forestière tropicale, mais seulement une organisation de lobbying
complice des grands destructeurs de forêt pluviale!
Voulez-vous vraiment qu'il ne reste plus de forêt tropicale dans quelques décennies?
Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations les meilleures
(signé) John Künzli, secrétariat
Tant qu'il n'y avait pas de routes dans leur forêt,
les Pygmés du Bassin du Congo vivaient bien.
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![]()
db - En 2001, les importations suisses de bois provenant des régions tropicales ont reculé de 1'779 tonnes, s'établissant à un total de 20'285 tonnes. Cette baisse ne concerne que les grumes, car l'importation de bois de sciage et de contre-plaqués, ainsi que de produits finis et semi-finis a continué de s'accroître (dans le diagramme, tous ces produits sont inclus sous la rubrique bois de sciage).
Après avoir acheté toujours plus de bois tropicaux dans les années 1998 - 2000, les consommateurs suisses seraient-ils soudain devenus raisonnables? La réponse est plutôt à rechercher dans la situation du marché suisse du bois ("Lothar"). Et en fin d'année, on notait un ralentissement de l'économie mondiale. Le Sarawak a également diminué ses exportations de bois de 20% par rapport à l'an 2000.
Par une situation économique redevenue meilleure, il faudra
hélas s'attendre à ce que les importations de bois des tropiques reprennent
l'ascenseur. En outre, les aménagements intérieurs en bois tropical paraissent
à nouveau "politiquement corrects": un résultat de la confusion qui règne
dans le domaine des labels?
Source: Statistique du commerce extérieur de la Suisse 2001;
Sarawak Tribune du 21 avril 2002. (Grafik: Tropenholzimporte)
![]()
jk - A l'invitation de la Brunegg SA, plusieurs représentants de l'industrie suisse des portes, l'industrie africaine des bois tropicaux, l'administration fédérale et des ONG se sont rencontrées le 12 mars pour un échange de points de vue.
La firme Brunegg ne justifie pas son consommation de bois tropicaux par des arguments économiques ou techniques: la différence de prix (l'ayous coûte 9% de moins que l'épicéa) n'a guère d'influence sur le prix final d'une porte et, grâce à de nouvelles techniques, les bois indigènes répondent parfaitement aux exigences de l'entreprise. Son attachement aux bois tropicaux s'explique plutôt par sa fidélité aux fournisseurs et aux méthodes d'usinage traditionnelles.
La Brunegg SA n'est donc guère disposée à renoncer à l'ayous et au sipo africains (1200 m3/an, soit 7% de sa consommation totale de bois). Dans le même temps, le fournisseur allemand CIB se voit contraint d'exploiter une forêt de 12'000 km2 au Congo-Brazzaville, et cela pour des "raisons sociales". Aussi le seco rappelle qu'il faut intégrer les pays tropicaux dans notre "premier monde".
Deux études du WWF et de l'UICN (Union mondiale pour la nature) concluent cependant que la firme CIB ne pratique pas une sylviculture durable au Congo. Par conséquent, le WWF et GREENPEACE demandent d'une part à la Brunegg SA de se fournir en bois tropicaux FSC et d'autre part à la CIB de respecter les normes FSC. Ce respect, la CIB le juge impossible en Afrique. Finalement, le BMF attend de la Brunegg qu'elle renonce aux bois tropicaux et n'utilise que des bois de Suisse ou des pays voisins.
Tous les participants à cette table ronde sont acquis à l'idée
de la conservation de la biodiversité. Le dialogue ouvert à cette occasion
constitue donc un motif d'espoir. Ce qui paraît un peu incongru dans cette
histoire, c'est que l'aide allemande au développement finance à hauteur de
690'000 euros le plan de gestion forestière de la CIB, qui réalise pourtant
de juteux bénéfices au Congo depuis les années 1960 - et selon les lois congolaises,
l'établissement de ce plan est à la charge de l'entreprise exploitante!
Le Congo se transfome en meubles - par des Européens pour des Européens.
jk - Les quatre bacs bâlois sont très appréciés et fréquemment utilisés par les gens de l'endroit et les touristes pour passer de manière traditionnelle du Grand au Petit Bâle. Bruno aimait aussi cette façon très ancienne de franchir le fleuve. Or, en mars, la société d'utilité publique "Basler Fähri-Verein" annonça que le bac de St-Alban "Wilde Maa", serait remplacé par un bac panoramique moderne, vitré sur le pourtour et doté d'un plancher en teck.
Le BMF a réagi en invitant la société à renoncer au bois tropical.
C'était un peu tard, la construction du nouveau bac ayant déjà débuté. Notre
joie a été d'autant plus vive quand le 3 mai la société nous a communiqué
qu'elle renonçait au teck: après avoir étudié la problématique des bois tropicaux,
les responsables ont décidé unanimement de renoncer au bois tropical pour
des raisons écologiques et de le remplacer par du bois indigène.
Le BMF félicite de tout cœur pour cette décision qui dénote
un sens aigu des responsabilités!
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jk - Comme chez les Penan (au Sarawak), en Appenzell, à Bâle, Berne et Genève, des manifestations en souvenir de Bruno se sont aussi déroulées à Paris et Londres. Le 24 janvier, le Muséum d'histoire naturelle de Paris a présenté le film "Sarbacanes contre bulldozers". Le nombreux public présent a en outre reçu des informations de première main du Penan Balan Nalang (de la région du fleuve Baram, Sarawak, venu en Europe pour la première fois) sur la situation désolante de son peuple.
Ensuite, Balan Nalang et Mutang Urud (en exil au Canada depuis
sa fuite du Sarawak en 1992) se sont rendus à Londres pour assister à la plantation
d'un châtaignier à Hyde Park, le 31 janvier. La cérémonie a eu lieu sous le
haut-patronage du prince Charles "pour Bruno Manser, qui a disparu en mai
2000 sur le cours supérieur du fleuve Limbang, au Sarawak, où il a lutté pour
le refuge Penan". Des compagnons de lutte et des amis proches de Bruno
ont assisté à la cérémonie. L'arbre lui fera honneur: il peut atteindre 30
mètres de hauteur et jusqu'à 9 mètres de diamètre; et quand les conditions
lui conviennent, il produit des fruits très nourrissants.
Hyde Park, Londres; 31 janvier 2002: Amis et compagnons
accrochent des bracelets au sommet du châtaignier.
jrd - Au soir du 11 janvier 2002 s'est déroulé au Musée d'histoire naturelle d'Olten le vernissage de l'exposition «La vie dans le paradis menacé - carnets de notes de Bruno Manser». A un public venu nombreux, le conservateur Peter Flückiger a expliqué pourquoi les forêts tropicales humides sont menacées et l'urgence qu'il y a de les protéger. Puis il a présenté les deux Penan, Telo Abing et Balang Nalan, qui venaient d'édifier pour l'exposition une hutte de nomades traditionnelle (avec toutefois du bois soleurois!).
Déléguées par leur commune, cinq personnes ont reçu du BMF une distinction consacrant l'engagement récent de leur localité de ne plus utiliser dans leurs bâtiments publics du bois provenant de forêts primaires (parmi ces communes, la dernière engagée: Rothenfluh BL).
L'exposition a maintenant fermé ses portes. "Un immense succès,
confirme Peter Flückiger: elle a été visitée par 4700 personnes venues parfois
de loin, dont de nombreuses classes d'écoles." Les médias en ont aussi beaucoup
parlé.
Pendant six ans, le Bâlois Bruno Manser a séjourné chez les Penan, dans la forêt pluviale du Sarawak (Bornéo). Ce peuple encore en partie nomade vit de chasse et de cueillette. Durant tout ce temps, il a accumulé dans ses carnets de nombreux croquis et notes diverses sur la vie dans la forêt vierge et les diverses espèces qui la peuplent. Sous le titre «La vie dans le paradis menacé - carnets de notes de Bruno Manser», le Musée d'histoire naturelle de Bâle et le BMF ont préparé une impressionnante exposition, basée sur les textes et les croquis de Manser. Elle pourra être visitée durant trois semaines à Berne (Kornhausforum, 24.08. - 14.09. 2002). Pour le jour de son ouverture (24 août), le BMF prévoit d'organiser une petite fête en l'honneur de Bruno.
Les dessins originaux et les reproductions de pages choisies des carnets de Bruno Manser constituent la partie principale de l'exposition.
Ils illustrent le lien profond qui l'unit au peuple des Penan.
Ces documents révèlent également aux visiteurs quelques aspects de sa fascinante
personnalité. Des objets de la vie quotidienne des Penan complètent l'exposition.
Avec le déboisement brutal du Sarawak, de fortes menaces pèsent aujourd'hui
sur l'espace vital des Penan - et donc sur leur identité. La majorité des
Penan sont maintenant sédentarisés mais commes les nomades traditionnelle,
ils dépendent de la forêt. L'exposition présentée à Berne met aussi l'accent
sur notre co-responsabilité dans le pillage inconsidéré des forêts tropicales.
Elle montre comment reconnaître facilement le bois tropical et propose des
alternatives.
ch - Le Bruno-Manser-Fonds cherche des personnes disposées à s'occuper bénévolement de l'exposition durant une ou plusieurs (demi-)journées à Berne, entre le 24 août et le 14 septembre 2002. Heures d'ouverture: mardi, mercredi et vendredi de 10 h à 19 h, jeudi de 10 h à 20 h, samedi de 10 h à 16 h. Si nous assumons la surveillance, nous sommes également autorisés à ouvrir les dimanches (de pluie).
Nous serions donc très heureux si de nombreux volontaires s'annonçaient
pour surveiller l'exposition et s'en occuper durant les trois semaines où
elle sera au "Kornhausforum" à Berne.
jrd - Trois nouvelles communes ont décidé de ne plus utiliser
du bois provenant de forêts vierges dans les constructions publiques: Meierskappel
LU, Kappel SO et Hägendorf SO. En Suisse, elles sont désormais au nombre de
305. Six cantons se sont également prononcés dans ce sens. Tous contribuent
ainsi à sauver les dernières forêts primaires. Si votre commune a déjà pris
des dispositions semblables sans figurer sur la liste du BMF, veuillez le
communiquer à notre secrétariat. Merci!
Notre campagne communale inspire aussi des localités situées
au-delà de nos frontières. Ainsi, la ville d'Illkirch-Graffenstaden (en Alsace)
a pris cet engagement et l'a communiqué à l'occasion de la présentation d'un
film sur l'orang-outan, un animal aujourd'hui très menacé.
jrd - A Neuchâtel, en janvier, l'étudiant en biologie Ervan Rutishauser a organisé avec des amis une soirée d'information au profit du BMF. A cette occasion fut projeté le film toujours actuel "Sarbacanes contre bulldozers", tandis que le directeur du Papiliorama-Nocturama de Marin présentait un projet de protection de la forêt au Belize. Cette manifestation a permis de remettre au BMF 1330 francs pour la poursuite de son travail.
Enavril, les confirmands de Stein-Hemishofen ont organisé un
repas de parrainage au profit du BMF, avec apéro, salades, "spagettata" et
desserts. Les jeunes ont eu du plaisir à préparer tout cela, et les participants
ont apprécié le repas. Les confirmands ont ainsi pu faire au BMF un don de
Fr. 1069.10. Que tous les participants - notamment le pasteur Frieder Tramer
- soient ici cordialement remerciés.
ch - Par un effort tout particulier, nous sommes enfin en mesure,
dès mi-juin, de présenter de manière claire et en trois langues (allemand,
français et anglais) nos pages les plus importantes sur Internet. Afin de
ne pas dépasser le cadre prévu, les nombreuses anciennes pages du BMF resteront
disponibles par le biais des archives du Web. Gracieusement programmée par
Michel Bovey, la recherche par mots-clés s'avèrera certainement très pratique.
N'hésitez pas à jeter à nouveau un coup d'œil sur notre site http://www.bmf.ch!
Screenshot BMF-Homepage
As-tu envie de t'engager...
... pour l'environnement
....contre le pillage et la destruction des forêts tropicales
... pour les droits des peuples indigènes?
Si oui, inscris-toi auprès du BMF. Deux personnes se sont déjà
annoncées en Suisse romande (à Neuchâtel et Évian FR). Nous cherchons encore
d'autres militants dans cette région. Tu peux aussi te renseigner sur les
activités prévues. Ainsi, la campagne communale du BMF (relative à l'utilisation
de bois tropicaux dans les constructions publiques) doit encore se développer
dans les cantons romands.
Alors, c'est d'accord?
Silvia Kaspar de Bâle lance aussi un appel pour créer un groupe
de militants dans la région bâloise. La tenue d'un stand BMF est prévue cet
automne à Liestal. D'autres idées d'actions concrètes seront les bienvenues.
jrd - Une nouvelle livraison de petits sacs en rotin vient de nous parvenir du Sarawak. Tressés à la main par des Penan, ils sont de format légèrement variable et de motifs divers. Taille et prix moyens: voir carte de commande.
Les pochettes à glissière des Penan (env. 20 x 21 cm; voir
photo) sont toujours disponibles (Fr. 14.-- /pièce + frais d'envoi), de même
que les bracelets traditionnels en rotin, également fabriqués par les Penan…
et portés aussi par des hommes. Nous offrons des rabais de quantité!
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Tong Tana - Journal du Bruno-Manser-Fonds (BMF)
Association pour les peuples de la forêt pluviale
Heuberg 25, CH-4051 Bâle, Suisse
Téléphone 061 261 94 74
Téléfax 061 261 94 73
E-Mail: info@bmf.ch
Internet: http://www.bmf.ch
Rédaction: John Künzli, J. Rudolf Dietrich
Auteurs: J. Künzli (jk), Dominik Bucheli (db), J.R. Dietrich (jrd), Claude
Haltmeyer (ch), Silvia Kaspar
Photos: BMF, J. Künzli, J.R. Dietrich, M. Studer, des militants penans
Graphique: D. Bucheli
Dessin du frontispice: Bruno Manser
Traductions: Robert Gogel (français), Nicole Widmer, Katelijne de Frankrijker,
Susan Gut (anglais)
Tirage: 5500 (3400 en allemand, 1300 en français et 800 en anglais)
Paraît trois fois par années
Composition et impression: Gremper AG, Bâle
Et n'oubliez pas: Nous avons un urgent besoin de votre soutien financier.
Merci de tout cœur!
Pour les dons:
Suisse: La Poste Suisse, Bâle CCP n° 40-5899-8
Coop-Bank, 4002 Bâle, compte 421329.29.0000-5
France: La Poste, Strasbourg, CCP n° 2.604.59T
Allemagne: Deutsche Bank, Lörrach (BLZ 683 700 34) compte 1678556
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