Bruno Manser Fonds Mise à jour 2000-11-15 |
Tong Tana, Août 2003Journal du Fond Bruno ManserForêt vierge - droits des autochtones - commerce du bois
Table des matières |
Dans sa forme et surtout sa brièveté, le présent bulletin représente l'une des mesures d'économie auxquelles nous sommes momentanément contraints par notre situation financière (déjà esquissée dans le Tong Tana de décembre 2002). Nous avions opté pour une stratégie offensive; elle a eu pour effets d'élargir notre champ d'activité et d'améliorer notre présence dans le public. Mais nous n'avons pas réussi à compenser les dépenses supplémentaires par une hausse correspondante des recettes. Bien que connaissant les risques inhérents à une telle stratégie, nous avons été surpris.
Par la suite, il a fallu introduire par étapes plusieurs mesures d'économie. Ainsi, nos postes de travail ont fondu, passant d'un total de 180% au début de l'année à seulement 50% en juillet 2003. Le plan de réduction a aussi touché les salaires, les frais annexes, la surface du bureau et maintenant le bulletin.
Cette mini édition qui nous permet de réduire les frais de traduction et d'impression doit cependant rester une exception. Mais comme la production et la distribution du bulletin nous coûte plus de 20 francs par destinataire et par année, nous avons dû supprimer plusieurs centaines d'adresses en avril dernier.
Le but de toutes ces mesures est d'assainir la situation financière du BMF d'ici au printemps 2004. Il devrait alors être possible de recréer un second poste à temps partiel.
Il importe toutefois de souligner qu'en 2002, le BMF a investi près de 100'000 francs au Sarawak, soit plus d'un tiers de ses recettes un résultat aussi étonnant que remarquable. Cela n'a été possible que grâce à votre soutien et à celui de la fondation "Kunst für den Tropenwald".
Les dons constituent un bien très convoité. La récolte de fonds le "fundraising" est devenu une affaire lucrative. Au WWF par exemple, un franc collecté sur quatre sert à payer une agence publicitaire spécialisée. D'autres organisations y consacrent bien davantage. Lors d'une campagne anti-mines, seuls 80'000 francs sur les 7 millions réunis ont été affectés à leur but effectif en Afrique; le solde est resté dans les mains d'entreprises privées prospères. Il arrive que des intermédiaires peu scrupuleux détournent des dizaines de millions de francs à leur propre profit ou à celui de parents et d'amis. Dans un cas même, 100 millions de francs (10 ans de recettes) ont été thésaurisés au lieu d'être affectés au but prévu (une partie de l'argent a été perdu en bourse).
Non seulement les organisations à but non lucratif confient plus volontiers leurs collectes à des entreprises à but lucratif, mais elles coopèrent aussi de plus en plus souvent (de manière problématique!) avec l'économie privée, notamment avec de grandes multinationales. Avec la crédibilité d'une bonne connaissance des dossiers et avec un certain idéalisme, les organisations non gouvernementales (ONG) ont jusqu'ici cherché à convaincre le public de la nécessité d'agir (chaque individu représentait une partie de la solution).
Aujourd'hui, les agences publicitaires privées misent sur la vitesse et la quantité plutôt que sur la qualité. Elles se contentent d'expliquer aux gens qu'en versant un don, ils ont bien agi et peuvent vivre en bonne conscience. On y parvient par un racolage quotidien, par exemple dans des journaux gratuits (aussi superficiels que l'est en fin de compte l'engagement de ces donateurs ). Une compagnie aérienne qui verse 20 centimes par passager à une organisation de protection de l'environnement n'agit pas différemment. Cet argent est utile pour l'organisation et pour soulager la conscience des passagers, mais ne conduit ni à une réduction du trafic aérien, ni à la gestion durable des ressources de la planète. Au contraire: cette "redevance" minime conforte la situation actuelle. Se pose également la question de l'indépendance des organisations qui en bénéficient.
Ce sont principalement des organisations non gouvernementales "multinationales" qui, dans le contexte d'une société toujours plus rapide et plus superficielle, ont en quelque sorte remis au goût du jour une recette médiévale: donne-nous ton argent et tu iras au paradis (ou moins longtemps en enfer)!
Mais il n'existe aucune garantie de paradis. Si, au-delà des contributions financières, il n'est pas possible de convaincre chaque individu de la nécessité de changer son comportement de consommateur (boycott des bois tropicaux!), le monde plus juste auquel nous aspirons et le développement durable demeurent en rade.
Les dons sont un bien rare et précieux. Divers projets pour les Penan clinique dentaire, école, agriculture et sylviculture durables par exemple doivent attendre faute de moyens financiers pour leur mise en uvre. Chaque franc que vous nous donnez sert à remplir notre tâche. Nous ne pratiquons pas le fundraising: nous obtenons des dons par nos relations publiques et en collaborant avec d'autres organisations d'utilité publique. Les moyens dont nous disposons sont immédiatement investis dans la réalisation de nos objectifs statutaires. Dites-le autour de vous!
Au nom des Penan et de notre Association
pour les peuples de la forêt pluviale, je vous remercie très sincèrement
de votre fidèle soutien. John Künzli
L'économie du bois en Malaisie, la certification et le FSC
jk – Par tous les moyens, les destructeurs de forêt pluviale malaisiens s'efforcent d'obtenir la reconnaissance internationale de leur propre label "vert". A Hambourg et en Allemagne, le succès n'est pas (encore) tout à fait acquis. Davantage de réussite au Danemark, où une puissante campagne publicitaire a réussi à coup de millions à faire accepter le certificat du bois malaisien – à vrai dire seulement (pour le moment) comme garantie de la légalité du bois et pas encore comme preuve d'une sylviculture durable. Le certificat MTCC n'étant rien d'autre qu'une attestation de provenance, on voit mal comment la Malaisie pourrait encore s'opposer à l'introduction d'une déclaration d'origine obligatoire du bois – voilà au moins un point positif.
Les délégués de l'organisation faîtière de l'économie du bois allemande (Gesamtverband Deutscher Holzhändler) et de ProHolzfenster ont pu s'informer sur place (au parc national Mulu…) sur "l'admirable" programme malaisien de protection des forêts. Dans son édition du 21 juillet 2003, la Sarawak Tribune livre quelques réactions, notamment celle-ci: "La gestion de l'industrie du bois est remarquable." Après avoir rencontré un (1) Penan au parc national, l'un des visiteurs (M. Luers) en a conclu que seuls les vieux Penan sont opposés à la destruction de leur habitat – et ceux-là vont bientôt mourir… Cette personne tient également les transferts forcés de population, destinés à la mise en œuvre de projets de développement, pour la meilleure des solutions: "Que faire autrement? On ne peut pas les laisser vivre en forêt." Il compare ces déplacements aux conséquences de la Deuxième Guerre mondiale en Europe et confirme ainsi indirectement que l'industrie du bois est en guerre contre les peuples autochtones du Sarawak! Un autre visiteur, Andreas Neumeier, constate avec satisfaction que le bois de méranti (45% des matières premières utilisées par ProHolzfenster) provient de forêts durable (?), "ce qui est important pour les clients"...
Suite à la certification selon les critères du Forest-Stewardship-Council (FSC) d'une forêt primaire dans l'État de Perak, il existe maintenant en Malaisie deux concessions certifiées FSC (l'autre étant au Sabah). Même les responsables admettent que dans ces montagnes du Perak, il pourrait s'agir d'une forêt à haute valeur de protection (High value conservation forest): le reste de l'État étant déjà déboisé, cette forêt de montagne est devenue le dernier refuge de nombreuses espèces animales et végétales qui n'existent nulle part ailleurs. Selon les principes du FSC, une forêt à haute valeur de protection doit être préservée. Mais l'étude démontrant cette valeur n'a pas été entreprise. Les travaux de bûcheronnage ayant débuté (avec la bénédiction du WWF), cette démonstration devient illusoire. Ironie du sort: les Orang Asli (un peuple forestier comme les Penan) avaient été déplacés de force (donc dépossédés) dans cette forêt généreusement mise à leur disposition…
Le gouvernement du Kedah, un autre État de Malaisie, considère que les pratiques sylvicoles de l'entreprise WTK (qui détruit l'habitat des Penan ainsi que des forêts du Brésil et de Papouasie Nouvelle-Guinée) sont respectueuses de l'environnement. Il a octroyé une licence pour l'exploitation des dernières forêts vierges intactes des montagnes du Kedah. En dépit des 2,5 millions de francs d'impôts que la WTK versera chaque année à l'État, la résistance est considérable dans de larges couches de la population, car il s'agit d'une zone sourcière dont dépend une vaste région rizicole très fertile (avec 62'000 exploitations paysannes). La WTK envisage de travailler par hélicoptère. Malgré cela, plus de 400 km de route sont en construction dans cette forêt de 1'200 km2. L'industrie du bois commence à manquer de matière première. Alors elle utilise son immense richesse et ses liens traditionnels avec une élite politique corrompue pour pouvoir exploiter les derniers arbres de la région. En dépit de l'opposition de la population, le gouvernement campe sur sa position. (Sources: www.Malaysiakini.com, The Star Malaysia, Utusan Konsumer.)
Lors d'une visite chez le marchand allemand de matériaux de construction "Bauhaus", nous avons constaté en juillet 2003 que les meubles de jardin en Keruing (bois du Sarawak) portent le logo FSC, bien que la part de ce bois tropical certifié FSC ne s'élève qu'à 70% dans ces meubles, le solde provenant d'une exploitation conventionnelle. Ainsi, les partisans du FSC – en nombre croissant – ne participent plus que pour un tiers à la destruction des forêts tropicales et de leurs habitants… Aux consommateurs soucieux de l'environnement, la conclusion s'impose d'elle-même: il faut boycotter les bois tropicaux même s'ils portent le logo FSC!
Le boycottage n'est pas une mesure inoffensive comme le montre l'acharnement des multinationales du bois et de l'environnement à répéter que seule une forêt tropicale exploitée peut être conservée durablement. Même le ministre malaisien du commerce en est conscient. Dans la Sarawak Tribune du 18 juillet, il se plaint que les gouvernements et les administrations publiques des pays importateurs exigent des attestations "spéciales" pour le bois tropical malaisien. La campagne communale du BMF reste d'actualité. Il faut y participer! à www.foretsanciennes.net

jk – L'organisation anglaise Environmental Investigation Agency (www.eiadb.org) a découvert en avril-mai 2003 que la Malaisie continue d'importer illégalement du bois indonésien, entre autres du ramin, bois devenu pratiquement introuvable en dehors des parcs nationaux. En une heure, elle a assisté à l'accostage, près de deux ports improvisés, de 32 navires chargés de bois tropicaux indonésiens illicites. Curieusement, un poste de douane avait été installé pour encaisser les droits de douane... Officiellement, le Ministère malaisien du commerce a promulgué en juin 2002 une interdiction totale d'importation de bois rond d'Indonésie pour soutenir les autorités indonésiennes, qui avaient interdit toute exportation de bois. Mais tout le monde le sait, 80% des arbres abattus en Indonésie le sont de manière illégale.
Lim Keng Yaik, le ministre qui vient d'effectuer une tournée européenne pour promouvoir "l'excellente gestion des forêts" de son pays et obtenir enfin la reconnaissance qu'elle mérite, vient de réitérer l'interdiction totale d'importation de bois indonésien. Cette comédie est appelée à durer un certain temps, car les forêts malaisiennes sont en grande partie détruites: il ne reste que quelques montagnes à déboiser avant que tout soit fini. Selon "The Stard" (31 mai 2003), il existe encore 10'000 km2 de forêt vierge intacte sur les 120'000 km2 de superficie du Sarawak.
Par ailleurs, Lim Keng Yaika maudit aussi la campagne de dénigrement de l'huile de palme malaisienne menée par les producteurs européens de soja (!). Il prétend qu'en Malaisie, les palmiers à huile ont remplacé d'anciennes plantations d'arbres à caoutchouc. En réalité, il n'y en avait guère au Sarawak. Or, la Malaisie est le premier exportateur mondial de bois tropicaux et d'huile de palme.
Combien de Penan?
Selon Alfred Jabu, ministre responsable du "développement" des Penan, le nombre de ceux-ci au Sarawak a passé de 9'400 en 1988 à plus de 12'000 actuellement – un extraordinaire succès du gouvernement! Le nombre de Penan nomades se serait également accru: en 1990, il y en avait 388 (11 groupes), aujourd'hui 431 (9 groupes). Mais il convient de considérer ces chiffres avec prudence, peu de Penan possédant une carte d'identité.
Un chef penan du nom de Datuk Hassan Sui prétend avoir réussi à faire baisser sa pression sanguine en travaillant dans une plantation de palmiers à huile. Très enthousiaste, il recommande d'étendre ces plantations à la région du fleuve Baram (une région sans arbres à caoutchouc!). Pas de chance, il a été découvert que ce Hassan n'est pas un Penan, mais un Dayak de la tribu des Punan... (Sources: www.bernama.com, ww.thestar.com, Penan)
Combien de barrages routiers?
Les habitants d'au moins sept villages penans, ont édifié au total cinq barrages routiers. Les trois premiers, près des rivières Apoh et Patah, ont été installés par deux ou trois centaines de Penan semi-nomades de quatre communautés différentes, et conduits par le très expérimenté Ajang Kiew, afin d'empêcher l'accès de leur forêt aux compagnies Interhill et Rimbunan Hijau. Un haut responsable d'Interhill ayant promis d'étudier toutes leurs revendications avant le 31 mai, les Penan ont levé le blocus... pour le reprendre le 1er juin. Mais en peu de temps, les forces de l'ordre ont alors dégagé ces dessertes. Un autre barrage a été construit par les Penan de Long Pengaran (dont le territoire est actuellement cartographié). Eux n'ont pas négocié avec la Samling: ils préfèrent une forêt intacte à de vaines promesses. Enfin, une barricade avait été élevée en mars 2002 déjà par les nomades du groupe d'Along Sega, près de la rivière Nyakit (but de Bruno en l'an 2000). Elle a été démantelée en avril de cette année par les bûcherons de la Lee Ling Timber, la firme de l'ancien ministre de l'environnement.
Le 20 mai, 13 leaders de nomades de la région du Tutoh et du Limbang ont cosigné une nouvelle lettre envoyée au ministre du commerce et de l'industrie, à Kuala Lumpur. Ils affirment être contents de la vie qu'ils mènent. Mais ils constatent que l'an passé, des bûcherons ont travaillé illégalement dans leur région: c'est donc leur existence de nomades qui est en jeu. Ils exigent:
Réaction sans surprise du gouvernement: des ONG irresponsables empoisonnent nos relations avec les Penan en les manipulant dans le propre intérêt de ces organisations. Commentaire du Chief Minister Alfred Jabu: "La plupart des Penan sont tombés dans le piège tendu par les ONG."
En attendant, la Commission malaisienne des droits de l'homme (la SUHAKAM) a enregistré 28 plaintes de peuples autochtones du Sarawak; toutes portent sur le non-respect des droits territoriaux et des droits coutumiers, ce qui donne une autre image de la situation...
Car, confrontés aux mêmes expériences, les Penan font front commun. Près de 10% d'entre eux sont prêts à risquer l'emprisonnement pour défendre leur cause, et le nombre de participants aux blocages routiers a considérablement augmenté. Le projet de cartographie des territoires va indiscutablement dans la bonne direction, et il sera poursuivi.

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Bruno Manser: carnets de notes de la forêt pluviale (1984 – 1990)
jk – Satisfaire le mieux possible une inextinguible soif de savoir avec sa tête, sa main, son cœur, le crayon et la boîte de couleurs; approfondir, comprendre; fixer sur le papier – pour en faire profiter d'autres – ce qui a été observé et appris: c'était l'occupation préférée de Bruno. Autre trait à souligner: une mémoire très fidèle qui lui permettait, beaucoup plus tard, de restituer (jusque dans les moindres détails) des images mémorisées sur les couvertures et dans les bulletins du BMF, ainsi que dans son livre "Voix de la forêt pluviale". Depuis la disparition de Bruno, nous illustrons Tong Tana de dessins tirés de ses carnets de notes de la forêt pluviale du Sarawak: une œuvre de 1200 pages réalisée dans les années 1984-1990.
La publication de ces captivants carnets était un vœu qu'il n'a jamais eu le temps de réaliser. Avec des proches de Bruno, les éditions Christoph-Merian et divers autres partenaires, nous envisageons maintenant de les publier. Le BMF ne pourra participer au financement, qui n'est d'ailleurs pas encore complètement assuré, mais nous avons bon espoir de voir l'ouvrage paraître au printemps 2004. Dans un premier temps, il ne sera disponible qu'en allemand. Une traduction française et anglaise ne sera envisagée ultérieurement que si l'intérêt est suffisant et si les moyens financiers le permettent.
Le "Tagebuch.pdf" vous donne une bonne impression d'importants extraits en couleur de ces carnets. Si vous voulez faire un ordre maintenant vous gagnez 10% sur le prix de environ 98.00 Franques Suisses oú 65.00 Euros. Utilisez la liste "Subscription.doc" pour faire l'ordre avant décembre 2003 - merci beaucoup!
Le but de ce projet est de conserver le souvenir de Bruno Manser. Longtemps encore, la voix de cet ami de l'homme, de ce lutteur plein d'énergie et d'humour nous rappellera ainsi son audacieuse aventure et émerveillera de nouveaux lecteurs.


Suivant un extrait du livre de Bruno Manser: "Voix de la forêt pluviale" de l’année 1994 - avec beaucoup de dessins de Bruno, ses observations puis des témoignages du peuple Penan. à Nous l’avons toujours en vente au prix spécial de CHF 35.--/Euro 23.--
Longue marche
Des Penan de Baram arrivent. On s'embrasse. Les larmes se lisent sur le visage de Gissa. Cinquante-cinq Penan ont entrepris une marche de plusieurs mois pour participer au barrage du Limbang. En route, l‘un d eux s'est planté une machette dans le genou, un autre a été mordu par un serpent venimeux. Seuls vingt-deux sont arrivés au but, dont quelques femmes et enfants. Ils sont prêts à risquer l'arrestation pour des actions pacifiques, dans l'espoir que les bulldozers seront tenus à l'écart de leurs territoires.
Un long mois durant, ils attendent une action qui ne vient pas. Les organisateurs hésitent, incapables d'agir: les Penan de la région ne sont pas enthousiastes, gardant le souvenir amer des derniers barrages, des difficultés à se nourrir et de l'échec. Le premier barrage fut brisé de force après huit mois, sans aucune discussion. Le second fut levé par les occupants euxmêmes contre monnaie sonnante, sans accord au sujet des terres. Le chef du village ne trouve plus de mots encourageants. La confiance des derniers occupants s'amenuise. Le coeur lourd, les Penan de Baram reprennent le chemin de leurs terres: si les habitants de la région ne s'impliquent pas, aucune action ne peut réussir.
Là-dessus, quelques-uns reprennent courage: on assure que des avocats de la vallée sont prêts à les soutenir et la décision est soudain prise. La manifestation ne compte guère plus de vingt personnes, quelques familles Kelabit se joignent à la poignée de Penan. Des fonctionnaires viennent exiger d'eux par écrit la levée du barrage dans les deux jours et les convoquent à une réunion dans la vallée. Les occupants refusent.
«Un soir, quinze voitures ont débarqué des policiers en armes. Un fonctionnaire des Forêts s'est emparé d'une machette pendue devant notre hutte et a coupé les liens de rotin. J'étais seule au barrage et on m'a grossièrement repoussée. En un clin d'oeil, la hutte a été brisée et jetée au bas de la pente. Les arbres qui bloquaient la route ont été débités à la tronçonneuse. Le lendemain, on nous a arrêtés en mettant les menottes aux hommes, deux par deux. Ils ont refusé de les mettre aux femmes et aux enfants».

Tong Tana - Journal du Bruno-Manser-Fonds (BMF)
Association pour les peuples de la forêt pluviale
Heuberg 25, CH-4051 Bâle, Suisse
Téléphone 061 261 94 74
Téléfax 061 261 94 73
E-Mail: info@bmf.ch
Internet: http://www.bmf.ch
Rédaction: John Künzli
Auteur: J. Künzli (jk)
Dessins: Bruno Manser
Traductions: Robert Gogel (français); Sandra Lilley (anglais)
Tirage: 6300 (4200 en allemand, 1500 en français, 600 en anglais)
Paraît trois fois par années
Composition et impression: Gremper AG, Bâle
Pour les dons:
Suisse: La Poste Suisse, Bâle CCP n° 40-5899-8
Coop-Bank, 4002 Bâle, compte 421329.29.0000-5
France: La Poste, Strasbourg, CCP n° 2.604.59T
Allemagne: Deutsche Bank, Lörrach (BLZ 683 700 24)
compte 1678556 ou IBAN = DE85 6837 0024 0167855600