Bruno Manser Fonds Mise à jour 2004-02-10 |
Tong Tana, Janvier 2004Journal du Fond Bruno ManserForêt vierge - droits des autochtones - commerce du bois
Table des matières |
ml Dans l'édition de novembre 2003 du périodique Le Monde Diplomatique, Serge Latouche, professeur émérite à l'Université de Paris-Sud, a publié un plaidoyer pour une société de la décroissance (Serge Latouche: "Circulus virtuosus", Le Monde Diplomatique, nov. 2003, p. 3). Rares sont les voix qui émettent un tel avis, surtout dans les milieux politiques. Pour Latouche, la décroissance est une pure nécessité, car le bien-être produit par notre société est de plus en plus illusoire: au pouvoir d'achat croissant de l'individu s'opposent des coûts sociaux en hausse encore plus rapide, qui ne sont pas tous de nature monétaire. La qualité de l'environnement (air, eau, etc.) se dégrade de jour en jour; le mode de vie moderne exige des compensations et des réparations (médicaments, trafic, loisirs) aux coûts très élevés; le prix des biens disponibles en quantité limitée augmente sans cesse (eau minérale, énergie, espaces-verts).
Les idées de Latouche ne sont pas tout à fait nouvelles. Après deux décennies d'une croissance économique sans précédent, un groupe de chercheurs dirigé par Dennis Meadows publia en 1972 un rapport intitulé Les limites de la croissance, qui eut un certain retentissement dans le public. La même année, une poignée de Nord-Américains opposés aux essais atomiques fondèrent l'organisation Greenpeace. A cette époque, la sensibilisation aux problèmes environnementaux était déjà bien réelle. Néanmoins, la société actuelle paraît toujours condamnée à une croissance économique sans fin. Et quand celle-ci fait défaut, quand le chômage progresse et qu'il faut couper dans les dépenses publiques, la société tombe dans un profond désarroi. Mais la croissance n'est mesurée que sous son aspect quantitatif, en fonction du flux monétaire et du commerce de marchandises. Les coûts dits "externes", générés par des atteintes à la santé et à l'environnement et souvent difficiles à chiffrer, ne sont généralement pas pris en compte.
Le passage à un mode de vie et à une économie durables constitue l'un des grands défis de ce siècle. Il est temps de renoncer à cette fuite en avant, à cette idée fixe de la croissance (quantitative!). Même le profane se rend compte que la volonté de croissance des milieux économiques et politiques ressemble à un cancer, qui finit par détruire l'organisme qui le porte en l'occurrence la Terre, dont les ressources naturelles sont consommées à une vitesse effrayante. Une croissance saine serait une croissance qualitative: par exemple un produit national inchangé causant nettement moins d'atteintes à l'environnement. Mais les statistiques courantes ne rendent même pas compte de ce type de croissance.
Pour réussir notre réorientation (ou révolution!) vers le développement durable, il faut d'une part que les responsables politiques prennent des mesures structurelles garantissant que la destruction de l'environnement ne rapporte plus aucun profit (vérité des coûts, réforme fiscale écologique), d'autre part que nous changions notre manière de penser. Un nombre croissant de personnes doivent comprendre que l'égoïsme et l'insatiable soif de biens de consommation ne mène à rien et qu'elles ont la responsabilité de léguer intacte, aux générations futures, une planète unique dans sa diversité et sa beauté. Ainsi, elles s'immuniseront contre les mécanismes publicitaires, qui créent sans cesse de nouveaux besoins et cherchent à nous transformer en consommateurs dociles, accrochés à sa poitrine comme des nourrissons affamés. Peut-être constaterons-nous alors que nous pouvons nous passer de beaucoup de choses qui nous paraissent indispensables: jouets inutiles, symboles du statut social, distractions et plaisirs destinés à nous éviter de nous retrouver, ne serait-ce qu'une heure, seuls avec nous-mêmes. Notre existence serait alors vraisemblablement plus libre et plus heureuse.
Le mode de vie des Penan n'est pas tributaire de la croissance. Depuis la nuit des temps, ils vivent en équilibre avec leur environnement naturel. Avec l'intrusion dans leur univers de l'économie de marché globale, ils risquent de perdre leur indépendance et leur culture séculaire. Ce serait une grande perte pour l'ensemble de l'humanité, car ce que nous "civilisés" devrions apprendre d'urgence des Penan, c'est précisément comment vivre avec la nature et de ses ressources sans la détruire.
A l'exemple de Bruno Manser, nous continuons d'engager toutes nos forces pour la protection des forêts et des peuples forestiers. Vous pouvez y contribuer en ménageant vous-même les ressources naturelles (en privé, dans le cadre de votre association ou de votre commune) et naturellement par un don en faveur du BMF. Merci! Martin Leuenberger
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jk Le village de Pa-tik est situé entre les zones sourcières de deux cours d'eau, le Limbang et le Baram, au bord des hauts plateaux kelabit, dans la région du futur parc national de Pulong Tau. Quand les Kelabit eurent quitté la région en direction de Bario et de Long Lellang, des Penan nomades se sont rapidement installés dans cette région, avec le soutien du gouvernement. C'est dans ces montagnes que subsistent les dernières forêts intactes du Sarawak. Pa-tik, qui abrite aujourd'hui environ 200 Penan, est devenu un centre régional pour les groupes nomades.
A la fin des années 1980, trois sociétés ont entrepris d'exploiter du bois dans cette région, en dépit des résistances rencontrées et sans respect pour les champs et vergers des habitants. Une installation d'adduction d'eau offerte par le Département de la santé avait alors été détruite. Or, les arbres riverains ayant été abattus, l'eau de la rivière est devenue boueuse. Les Penan ont commencé à souffrir de maladies dues à la qualité déficiente de l'eau et à une alimentation insuffisante. A titre de compensation, l'une des trois sociétés a édifié une église et un abri pour le "Flying Doctor". Elle a également offert une génératrice pour actionner un moulin à riz.
Malgré diverses pétitions des Penan exigeant la protection de ce territoire, l'exploitation du bois s'est poursuivie dans la région. En avril 2002, une autre firme, la bien connue Shin Yang Co., a jeté son dévolu sur ces forêts. Aussitôt, les Penan ont balisé leur territoire dans l'espoir d'arrêter sa progression vers Pa-tik. Exaspéré, le manager de la Shin Yang a alors menacé les Penan d'une intervention de la police et d'arrestations: "Si vous voulez continuer à vivre en forêt, quittez la région et allez vous installer dans le parc national de Pulong Tau."
Au début du mois d'octobre, une délégation de Pa-tik s'est rendue sans succès au camp de base de la Shin Yang pour négocier sous la conduite du chef Melai Na. La Shin Yang a poursuivi sa progression vers la zone sourcière de la rivière Ngela. Sur la piste de desserte, le Penan ont alors édifié un mini-barrage non gardé (c'était la saison des plantations). Appelée sur les lieux, la police n'a rencontré aucun manifestant et n'a pas pu s'en prendre à Melai Na, qui était déjà parti à Marudi pour expliquer la situation et demander de l'aide au chef de district. Ce dernier se contenta d'affirmer que la Shin Yang voulait seulement aider les Penan et qu'elle cherchait à négocier.
En revanche, Melai Na obtint au Département de la santé qu'une interdiction écrite d'exploiter la forêt dans la zone de captage des eaux de Pa-tik (conformément aux dispositions légales) soit envoyée au Département des forêts pour qu'il prenne les mesures qui s'imposent.
Entre-temps, plusieurs bulldozers avaient été engagés en deux points du territoire penan. Quelques habitants de Pa-tik s'y sont rendus le 4 décembre. Au premier camp, ils n'ont pas trouvé le responsable, parti demander l'aide de la police et de la Police-Field-Force. Au deuxième, ils ont demandé à être conduits au camp de base, ce qui leur a été refusé. Les villageois ont alors rendu la desserte impraticable, notamment au moyen d'un grand tronc abattu en travers de la piste. Ayant quitté les lieux, les bûcherons campent maintenant en dehors du territoire penan.
La tension, la peur et le découragement sont immenses. Jusqu'à présent, les peuples de la forêt ont toujours été pourchassés et punis, même quand des bûcherons comme ceux de la Shin Yang travaillent dans l'illégalité (en zone de captage des eaux) ou dans un futur parc national. Les Penan ont demandé que nous leur fournissions le plus rapidement possible dans le cadre du projet de cartographie les outils nécessaires pour intenter une action en justice contre la Shin Yang. Les travaux de cartographie correspondants débuteront à brève échéance, de même que l'établissement des documents attestant des droits territoriaux et des droits d'usage des Penan.

La forêt communale de Pa-tik est abattu par le grand marché de la société civilisé.
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jk Financé en grande partie par la fondation «Art pour les forêts tropicales», le projet "Community-Mapping" entre dans sa troisième année. Entre-temps, les revendications de 8 villages et 3 groupes de nomades du peuple penan ont été étayées en ce qui concerne le droit territorial, le droit d'usage et l'historicité de leur présence. Pour 4 autres villages, situés sur le cours supérieur du Baram, les travaux sont momentanément au point mort, les défenseurs de la Samling Company et des autorités du Sarawak ayant produit de nouveaux témoins et diverses nouvelles preuves. Nous espérons que la situation se débloquera en 2004 en faveur des Penan. De nouvelles plaintes ont été déposées par 3 villages et 2 groupes de nomades.
Soutenus par des organisations locales, une douzaine de Penan poursuivent de manière autonome les relevés de terrain et les travaux de bureau. Parallèlement, des villageois sont informés sur leurs droits et leurs devoirs. Dans le cadre de workshops, ils s'exercent à réagir correctement face aux bûcherons et aux autorités. Ainsi, la cohésion et la solidarité des Penan, déjà remarquables, se trouvent encore renforcées. Diverses communautés ont demandé à faire partie du programme de cartographie, mais les situations d'urgence ont naturellement la priorité. La fondation "Art pour les forêts tropicales" a décidé de soutenir le programme triennal de cartographie par une nouvelle contribution de 140'000 francs. Nous l'en remercions très sincèrement!

Retour au bureau, les Penan transcrivent les informations rassemblées sur des cartes finales.
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Nous, Penan de Pa-tik, avons été convoqués à Bareo pour nous expliquer. De nombreux Kelabit hommes et femmes nous y attendaient, alors que nous n'étions que cinq. Après la prière, on nous fit part d'une plainte: "Nous ne vous permettons pas de manger des fruits de notre ancien territoire. Ce ne sont pas des fruitiers sauvages, mais des arbres plantés; et c'est contraire à la loi."
Le vieux Abeng se leva et dit: "Oui, c'est moi qui grimpe sur vos arbres quand je porte des pieux* pour vous!" On lui répondit: "Oh, ça ce n'est qu'un prétexte parce que tu as envie de manger des fruits. Ce n'est pas toi qui porte des pieux, toi qui es aussi âgé et faible que nous, mais les jeunes. Quand tu passes là avec ta famille, ta femme te dit Oh, cueille-moi ce fruit, et celui-ci, et celui-là, et les enfants en réclament aussi, et à la fin, il ne reste rien pour nous. (Rires). Mais tu ne respectes ni la loi, ni nos paroles à nous, les anciens. Ce n'est pas correct!" (Long silence.)
Aucun des Penan ne sait que répondre. C'est alors que Berehem se lève, l'air très sérieux: "Nous ne sommes pas des rois, seulement des valets. Quand nous travaillons dans nos plantations, nous nous y nourrissons. Car c'est aussi nous qui les faisons vivre. Demandez-vous des commissions aux sangliers, cerfs et singes qui se nourrissent de vos fruits? Je dis aux femmes qui veulent nous interdire de manger des fruits de lever la main. C'est Dieu qui fait les fruits, ou est-ce à vous que nous devons cette bénédiction? Dites-moi quand vous faites les fruits: de nuit, à la lumière de la lampe à huile ou à la lumière électrique? Ou de jour? Quel jour demandez-vous aux fruits d'être mûrs? (Silence.)
Vous les hommes, comment pouvez-vous prétendre avoir le pouvoir de fabriquer des fruits? Vous les faites comme vous faites le fourreau d'une machette ou son manche de rotin, ou encore une natte pour s'asseoir? Si vous le pouvez, montrez-le nous! Nous pensons que c'est Dieu qui fait les fruits. Et pensez-y: vos maisons n'ont pas seulement été construites par vous: nous, les Penan, avons porté tous les pieux et les étais." (Long silence.)
Alors, le prieur prit la parole: "Si c'est comme ça, mangez tranquillement des fruits quand vous passez devant. Mais ne cueillez que les fruits mûrs et ne coupez pas de branches! Qu'en pensent ces messieurs les anciens?". Les Kelabit approuvèrent: "Nous sommes d'accord. Ainsi, il restera quelque chose pour nous quand nous passerons par là."
(Selon Berehem Ná, Pa-tik)
* Pratiquement toutes les maisons de Bareo sont construites sur des pieux que des Penan ont porté sur leur dos. Il faut trois jours pour amener un pieu de 30 kg jusqu'au village, pour un salaire de 13 ringgits (5 francs en 1989).
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jk "Nous invitons l'UE à refuser les produits en bois malaisiens, car nous avons de bonnes raison de penser que beaucoup sont fabriqués à partir de troncs d'origine indonésienne" a déclaré Muhammad Prakosa, ministre indonésien en charge de l'économie forestière. L'UE et l'Indonésie discutent actuellement de mesures visant à la conservation des forêts indonésiennes, aujourd'hui fortement dégradées. Par cet accord, l'Indonésie souhaite vivement que l'UE s'engage à contrôler toutes les importations de bois de Malaisie et les refuse quand elle soupçonne qu'il s'agit de bois illégalement coupé en Indonésie. Muhammad Prakosa est optimiste: l'UE devrait accepter cette clause. La signature de l'accord doit intervenir à fin 2003.
Le Japon a déjà ratifié un tel accord et refuse les produits de Malaisie, de Singapour et de Chine fabriqués avec du bois d'origine douteuse. Le ministre avait dénoncé à plusieurs reprises ces trois pays comme étant ceux qui écoulent le plus de bois abattu illégalement en Indonésie et exporté en contrebande. Il n'essaie même plus de les convaincre: "Comme ils refusent de coopérer, il n'y aura plus de discussions bilatérales avec ces gouvernements. La Malaisie et Singapour se considèrent en droit d'utiliser légalement le bois de contrebande et accusent l'Indonésie de contrôles insuffisants. Nous demandons donc aux pays acheteurs de ne plus importer ces produits."
Les coupes de bois illicites constituent un des plus grands problèmes actuels de l'Indonésie. Elles provoquent des dégâts considérables aux forêts tropicales humides et à l'environnement en général. Souvent, des représentants locaux du gouvernement et des militaires sont impliqués dans ce trafic. Les consortiums forestiers du Sarawak jouent un rôle-clé dans ces agissements criminels: au Kalimantan, ils n'hésitent pas à fouler aux pieds la législation nationale et à corrompre les représentants locaux du gouvernement.
Comme le montrent les photos-satellite, le pillage s'étend même à la zone de protection transfrontalière Kayan-Mentarang/Pulong Tau! Le volume du bois abattu illégalement est estimé à 50,7 millions de m3, ce qui correspond à une perte annuelle de 3,37 milliards de dollars US. Ainsi, l'Indonésie perd chaque année 14'500 km2 de forêt pluviale (même près de 20'000 km2 selon le très renommé World Resources Institute), alors que ses coupes légales ne concernent que 6'700 km2. Depuis 1950, le pays a perdu 640'000 km2 de forêt!
Mais les parrains malaisiens de la mafia mondiale du bois ne l'entendent pas de cette oreille. Le Dr Lim, ministre malaisien de l'industrie (bien connu en Europe) a réfuté toute responsabilité dans ce domaine. Évoquant l'interdiction d'importer du bois brut indonésien en Malaisie (édictée en juin 2002), il a déclaré: "Les mesures unilatérales telles qu'une interdiction d'importer du bois sont certes discourtoises, mais par égard pour l'Indonésie, nous vous disons que nous ne voulons pas de votre bois parce qu'il fait baisser le prix du nôtre."
Le Dr Lim ajoute que ces accusations témoignent d'une frustration due à l'incapacité de l'Indonésie de faire cesser ces agissements criminels, et certifie que tout bois malaisien est le produit d'une gestion durable des forêts, "comme le confirme entre autres la Société Générale de Surveillance SGS". Enfin, un porte-parole du Conseil malaisien du bois estime que la mesure projetée par l'UE contrevient aux règles de l'Organisation mondiale du commerce OMC, du moment que son seul but est d'éliminer un concurrent du marché...
Sources: Jakarta Post, 15.10.2003, www.malaysiakini.com, 15.10.2003, New Straits Times, 20.10.2003, Sarawak Tribune, 29.10.2003
Indonésie: des déforestations aux inondations
jk Chaque année, la forêt indonésienne perd 25'000 à 30'000 km2. La législation nationale n'autorise l'exploitation du bois que sur 10,9 millions de m3 par année, mais le volume coupé atteint en réalité 90 millions de m3. Près de 90% des produits en bois indonésien négociés sur le marché international sont donc de provenance illégale. Or, les conséquences de la déforestation sont dramatiques. Ainsi, le 4 novembre 2003, le village de Bukit Lawang et sa station de réhabilitation des orangs-outans (www.paneco.ch), situés à proximité du parc national Gunung Leuser, ont été emportés par les flots. Plus de 200 personnes ont trouvé la mort lors de cette catastrophe. Le 15 décembre, d'autres inondations, à Sumatra et Sulawesi, ont fait neuf victimes et des milliers de sans-abri. Selon le gouvernement, tous ces désastres sont dus à des déboisements illégaux.
Sources: Agences de presse

La reconstruction de Bukit Lawang a commoncé. Foto: Suherry Apriante/Paneco
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jk A ce jour, 355 communes suisses ont pris la décision de ne plus acheter du bois provenant de forêts primaires pour les équipements publics et d'utiliser systématiquement du papier recyclé. Dans les (rares) cas où du papier blanc non recyclé s'impose, ces communes se tournent vers du papier certifié FSC. Depuis mars 2003, 15 nouvelles communes se sont associées à la campagne:
Amriswil TG, Blauen BL, Boltigen BE, Bonaduz GR, Bürglen UR, Chêne-Bourg GE, Hagneck BE, Küsnacht ZH, Lenzburg AG, Lüscherz BE, Sachseln OW, Satigny GE, Spiez BE, Urdorf ZH, Vinelz BE, Zollikofen BE. Nous les en félicitons vivement!
--> Mais l'effort doit être poursuivi: incitez votre commune à franchir ce pas! Toute la documentation souhaitable figure sur le site Internet www.foretsanciennes.net avec la liste des communes suisses amies des forêts anciennes. Nous vous conseillons volontiers!
jk Il revient aussi et surtout à la Confédération de montrer l'exemple dans ce domaine. C'est pourquoi le 24 septembre 2003, le BMF et Greenpeace ont remis au Conseil fédéral une pétition demandant que l'administration fédérale diminue sa consommation de papier et opte enfin pour du papier ménageant les forêts primaires. Le potentiel est énorme puisque la consommation quotidienne de papier de l'administration fédérale s'élève à 1'137'000 feuilles par jour plus de 400 millions par année. Or, la part actuelle du papier recyclé n'est que de 40% environ.
Pourtant, on lit déjà dans une directive datant de 1994 que les documents qui ne sont pas destinés à être conservés longtemps devraient être imprimés ou copiés sur du papier recyclé dans la mesure où c'est techniquement possible et judicieux du point de vue économique. C'est aujourd'hui incontestablement le cas: le papier recyclé peut être archivé sans problème durant au moins 40 ans. Certes, il jaunit un peu lorsqu'il est exposé à la lumière, mais cela confère un certain charme à des documents généralement sans âme. S'il le fallait encore, la compatibilité technique et économique de ce papier a été démontrée dans le canton de Genève, qui économise 200'000 francs par année grâce à son utilisation systématique.
Néanmoins, la part du papier recyclé dans l'administration fédérale a baissé de 4% l'an dernier. Nous lui en avons donc offert 700'000 feuilles, empilées sous forme de tour: une ration quotidienne de papier ami des forêts anciennes s'est ainsi élevée vers le ciel. La conseillère nationale Maya Graf (Verts/BL), participait à cette action. Le 20 mars 2003, elle a déposé une motion demandant que soit encouragé le recours au papier recyclé. Elle a souligné que le Conseil fédéral ferait bien d'accepter cette requête sous forme d'une motion contraignante, puisqu'elle s'inscrit à la fois dans l'esprit de sa directive (citée plus haut) et de ses recommandations de mars 2002: soutenir concrètement une exploitation durable des ressources de la planète, par exemple lors de l'acquisition de bois et de papier

Les acitvistes du BMF et Greenpeace, empilent - avec laide de la conseillère nationale Maya Graf - un tour de papier recyclé.
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jk C'est fait! Grâce à des dons privés et au soutien de diverses institutions et entreprises, nous avons réuni suffisamment d'argent pour mener à bien notre projet de publication (en allemand) , si l'on fait abstraction de quelques milliers de francs encore nécessaires pour couvrir les prestations du BMF et de quelques sympathisants qui n'ont pas peur de prendre des risques. Plus rien ne s'oppose désormais à la présentation de l'imposant volume à la Foire du livre (Buchmesse) de Bâle, du 7 au 9 mai 2004. Nous sommes aussi très heureux d'avoir reçu déjà plus de 200 commandes. Plus nous pourrons en vendre directement, plus le BMF y gagnera. L'ouvrage sera encore plus attrayant que prévu, grâce à l'obligeance de l'éditeur, la SA Basler Druck+Verlag. Il sera imprimé entièrement en couleur et sera encore plus volumineux avec environ 680 pages tout cela pour un prix quir este fixé à Fr. 98.--!
Découvrez-en quelques extraits (16 pages) sur notre site www.bmf.ch: ils vous donneront une bonne idée de ce que sera le résultat final. Le tirage étant très limité, n'attendez pas trop avant de réserver un exemplaire de ce document exceptionnel. Merci!
Une présentation plus détaillée de l'ouvrage paraîtra dans le Tong Tana du printemps 2004, ainsi que les remerciements à tous ceux qui contribuent au projet.

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Des changements au BMF
jk Les membres du Bruno-Manser-Fonds se sont réunis le 30 août à Bâle pour leur assemblée générale annuelle. Après la présentation du rapport annuel 2002 et du programme pour 2003, l'élection du comité constituait le point principal de l'ordre du jour. Une remise en question fondamentale des tâches et de l'orientation du BMF étant devenue incontournable au vu de sa situation financière, le comité avait décidé de laisser la place à de nouvelles têtes et de nouvelles idées. Le BMF exprime toute sa gratitude aux trois démissionnaires Michael Studer, Michael Mettler et Thys Meyer pour leur activité au sein du comité. Il remercie aussi chaleureusement les trois collaborateurs dont il a dû se séparer en raison des difficultés financières.
Le but des mesures d'assainissement est de ne plus avoir de dettes à fin 2003 et de pouvoir doter le secrétariat d'un deuxième poste de travail en mai 2004. Grâce à votre aide, nous sommes sur la bonne voie; et en ce qui concerne les dettes, le but est quasiment atteint.
Le nouveau comité élabore maintenant un concept qui devrait permettre à l'avenir d'augmenter les recettes et d'étendre les activités du BMF, par exemple au profit des pygmées d'Afrique centrale. La grande compétence dans ce domaine des nouveaux membres du comité Roger Graf (ancien secrétaire du BMF), Christoph Wiedmer (campagne "Forêt" de Greenpeace) et Dominik Bucheli (ancien collaborateur au secrétariat) représente un sérieux atout. Nous leur souhaitons une cordiale bienvenue!
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jk Pas la moindre trace de Bruno! Tous nos efforts pour en savoir davantage sur sa disparition sont restés vains. Le deuxième séjour au Sarawak du frère de Bruno (2002) n'a donné aucun résultat, de même semble-t-il que le troisième (2003). Cette absence complète de traces incite à penser que des tiers sont impliqués dans sa disparition. En attendant l'apparition d'éléments nouveaux, les autorités malaisiennes et le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ont suspendu leurs investigations.
A notre demande, les effets personnels de Bruno confisqués lors de deux arrestations en 1986 nous ont enfin été rendus, mais sans les carnets auxquels nous tenions tout particulièrement. Selon la version officielle, ces carnets n'ont jamais existé.
Nous rendons régulièrement compte de nos activités dans notre bulletin. Grâce à une augmentation de nos capacités, nous avons pu accomplir diverses tâches en 2002. Parmi les principales, nous citerons la campagne "Commune amie des forêts anciennes" lancée avec Greenpeace (www.foretsanciennes.net), le projet "Community-Mapping" destiné à fournir aux Penan du Sarawak les documents et plans nécessaires à leurs démarches judiciaires, la controverse avec l'Organisation internationale des bois tropicaux (ITTO), l'exposition d'Olten et celle de Berne (doublée d'une fête), la refonte de notre site Internet, le projet de publication des carnets de Bruno, les pressions politiques au Conseil national et l'information du public. Tout cela en plus des affaires quotidiennes, parfois très absorbantes. Notre présence dans les médias, le nombre de visiteurs à nos expositions, les innombrables demandes de renseignements de la part de particuliers, de milieux économiques ou d'administrations ainsi que notre collaboration avec les organisations partenaires prouvent que 2002 a été une année de travail intensif.
La stratégie consistant à accroître l'engagement du BMF pour augmenter les recettes a donc échoué: elle ne nous a pas fourni les moyens financiers que nous en attendions. Certes, les dons sont restés au même niveau que l'année précédente, ce qui n'est déjà pas si mal dans un contexte économique morose, qui se traduit au plan national par un recul général des dons (jusqu'à 25%). Nous nous sommes néanmoins trouvés dans une impasse financière qui nécessitait des mesures draconiennes.
Il a donc fallu rompre le contrat de prestations conclu avec Claude Haltmeyer et Andersson Mutang Urud, se séparer de Hansruedi Dietrich au début de 2003, réduire le salaire du secrétaire, puis renoncer à des activités annexes et à la location de l'entrepôt, ainsi qu'à toute nouvelle acquisition. Les frais de production du bulletin (nombre de pages, tirage, envoi) ont également été réduits. Ainsi, le potentiel d'économies était presque entièrement épuisé.

Nous luttons pour ça: des habitats intactes pour lhomme, les animaux et les plantes.
jk En 2002, le BMF a encaissé au total 320'000 francs. Les charges salariales se sont élevées à 130'000 francs, tandis que les frais de production et d'expédition du bulletin troisième dépense en importance ont atteint près de 50'000 francs. La réalisation du projet de cartographie étant prévue sur deux exercices comptables, nous avons placé 60'000 francs en réserve pour 2003.
Toutefois, la contribution de la fondation «Lart pour les forêts tropicales» (www.artfortropicalforests.org, avec des informations en français) portait sur la période de novembre 2002 à octobre 2003; or, le projet a engendré des dépenses dès janvier 2002. Par ailleurs, les frais de justice ont été plus élevés que prévu (dans la mesure où ils sont réellement prévisibles). Si bien que les comptes 2002 se sont soldés par un montant total des dépenses de 357'000 francs et un déficit de 97'000 francs.
Il faut souligner que les moyens engagés cette année-là pour aider nos partenaires du Sarawak et les Penan ont atteint le montant record de près de 100'000 francs du jamais vu au BMF! Outre le projet de cartographie, nous avons soutenu le secrétariat penan, des actions de résistance (par ex. barrages routiers), des personnes aux prises avec la police ou la justice et une "conférence au sommet" du peuple penan. Nous sommes bien entendu à votre disposition pour toute information complémentaire.
Nous remercions très sincèrement tous ceux qui ont soutenu nos efforts par un don ou par du travail bénévole. Le BMF est tributaire de ces contributions. Un grand merci donc à la fondation bâloise "Art pour les forêts tropicales", ainsi qu'à tous les autres donateurs ils ont réuni plus de 80'000 francs au total notamment:
Jeanne Rouiller, Bâle Renate et Alex Rabus, Neuchâtel Barbara Hartmann, Milken Hanna Buess-Wirp, Wenslingen Greenpeace Schweiz, Zurich Hans-Peter & Marianne Ming, Zumikon Nanni Reinhart-Schinz, Winterthour Silvana Immobilien AG, Saint-Gall Urs-Peter Stäuble, Rüti bei Büren Kein Stolz auf Tropenholz!, Grub/AR Samuel Buri, Bâle Andreas Ochsenbein, Riehen Marcus Wiedmer-Müller, Sissach Ebi-Pharm AG, Jürg & Erika Binz, Kirchlindach Daniel und Barbara Strub-Roth, Schönenbuch Simon N. Birchmeier, Würenlingen Ruedi Mettler-Wahlandt, Saint-Gall Paul Ernst, Sulgen Jean-Jacques, Belet, Ecublens Finanzverwaltung der Einwohnergemeinde Evilard, Evilard Fernande Gächter, Winterthour Schenker-Winkler Holding AG, Baar Katharina Perez-Nathan, Sala Capriasca Janine Rensch, Zurich Ervan Rutishauser, Veigy-Foncenex Jörg & Anna Hess, Grabs Rosmarie Mettler, Zollikon Annette, Bühler, Zürich Karl Friedrich Tramer, Stein am Rhein Yves Crausaz, Gilly Sarah Main Ellis-Bracher, Bienne Hochbauamt Stadt St. Gallen Alex Zürcher, Berne Kesselreinigung Rüegg GmbH, Wohlen Einwohnergemeinde Soleure Martin Lobsiger, Oberscherli.
Je ne saurais terminer sans remercier aussi les nombreux volontaires qui ont soutenu le BMF en 2002 par d'innombrables heures de travail bénévole (petits travaux pratiques, surveillance d'exposition, conférences de presse, actions de protestation, adressage du bulletin, etc.), notamment: Erika Müri-Marrer (comptabilité), Walter Brunner, Dany Endres, Michel Bovey, Andrea Niedermann, Michi Studer, Moni Manser, Yvonne Stein, Sylvia Kaspar, Lisbeth Dietrich, Andrea Stöcklin, Chantal Pfiffner, Rosmarie Künzli et Daniel Casimiro - merci de tout cur!
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jk Une audience s'est déroulée devant la Cour de justice de Bâle le 11 décembre 2003 pour établir si la vie de Bruno était en danger au moment de sa disparition. C'est à cette condition seulement qu'une personne peut être déclarée disparue puis décédée avant le délai normal prescrit par la loi. Les cinq juges se sont informés sur les relations de Bruno avec les bûcherons malaisiens et les autorités du Sarawak, sur la mise à prix de sa personne et sur les dangers encourus dans la forêt pluviale, du moment qu'il voyageait seul. Ils décidèrent que les conditions étaient réunies pour que sa vie soit davantage en danger. La procédure a donc été ouverte en ce qui concerne sa disparition. Bruno sera officiellement recherché durant une année en Suisse et en Malaisie. En l'absence d'indications sur son sort, il sera officiellement déclaré disparu en décembre 2004.

Bruno Manser, Foto: Keith Snow
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Tong Tana - Journal du Bruno-Manser-Fonds (BMF)
Association pour les peuples de la forêt pluviale
Heuberg 25, CH-4051 Bâle, Suisse
Téléphone 061 261 94 74
Téléfax 061 261 94 73
E-Mail: info@bmf.ch
Internet: http://www.bmf.ch
Rédaction: John Künzli
Auteurs: Martin Leuenberger (ml), J. Künzli (jk).
Photos: BMF, Suherry Aprianto/Paneco, Keith Snow, Atelier Dillier
Dessins: Bruno Manser
Traductions: Robert Gogel (français), Sandra Lilley (anglais)
Tirage: 4600 (3000 en allemand, 1000 en français, 600 en anglais)
Paraît trois fois par années
Composition et impression: Gremper AG, Bâle
Et n'oubliez pas: Nous avons un urgent besoin de votre soutien financier. Merci de tout cur!
Pour les dons:
Suisse: La Poste Suisse, Bâle CCP n° 40-5899-8
Coop-Bank, 4002 Bâle, compte 421329.29.0000-5
France: La Poste, Strasbourg, CCP n° 2.604.59T
Allemagne: Deutsche Bank, Lörrach (BLZ 683 700 24) compte 1678556 ou IBAN = DE85 6837 0024 0167855600
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