Bruno Manser Fonds Mise à jour 2002-09-25 |
Tong Tana, Septembre
2002
|
jk - La moitié de la forêt originelle a disparu de la surface
de la Terre au cours des deux siècles derniers, et principalement dans
les 50 années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. L’Organisation
des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime la perte
annuelle à 170 000 km2, le World Resources Institute,
à plus de 200 000 km2. Cette disparition à
grande échelle des forêts est due avant tout aux coupes rases pour
des projets agricoles ou pour couvrir les besoins de la population locale en
bois d’énergie (dans les zones sèches subtropicales). À
y regarder de plus près, il s’avère cependant que ces coupes rases
sont en général précédées par un abattage
commercial. Sous les tropiques, on pratique une coupe dite « sélective » :
comme les espèces précieuses poussent de façon clairsemée,
de vastes surfaces doivent être ouvertes pour prélever des troncs
isolés. À cause des lourdes machines, des terrains impraticables
et de la forte interpénétration au niveau de la couverture des
couronnes (plantes volubiles), jusqu’à 70 % de la forêt est
détruite pour le prélèvement de quelques troncs !
Par l’abattage commercial qui, à en croire des experts en économie, donne à la forêt sa valeur et devrait donc la protéger de la destruction, la forêt est dépréciée et ouverte aux petits paysans sans droits et aux braconniers. Une fois que les essences commercialisables ont disparu, personne n’a le temps ni l’envie d’attendre des dizaines voire des centaines d’années que la régénération naturelle s’accomplisse. De gigantesques projets agricoles (palmiers à huile, plantations de bois à papier) remplacent rapidement la forêt naturelle d’origine. Des superficies énormes sont nettoyées par le feu des restes de forêt naturelle et, cette année encore, de vastes régions d’Asie du Sud-Est disparaîtront sous un sinistre nuage de fumée. Et voilà pour l’argument « protéger par l’exploitation » !
Parce qu’il ouvre la porte à la destruction, l’abattage commercial est la plus grande menace pour les forêts primaires qui subsistent. L’industrie de transformation du bois dans les pays exportateurs de bois tropical joue également un rôle important en la matière. Dans certains pays qui ont exporté du bois, il faut aujourd’hui importer la matière première pour l’industrie de transformation, qui a été développée massivement notamment aussi avec des capitaux suisses; ailleurs, les besoins sont couverts par des coupes illégales. Avec la pénurie croissante, l’abattage illégal est devenu un problème de plus en plus pressant. D’après des estimations de la Banque mondiale, quelque 55 % de l’abattage mondial est illégal, c.-à-d. non conforme aux législations nationales en vigueur. Dans certaines forêts, la proportion de bois illégal est encore plus élevée. C’est le cas notamment au Cambodge (90 %), au Brésil (85 %), en Bolivie (80 %) et au Cameroun (50 %).
Aujourd’hui, l’industrie du bois et les pays exportateurs reconnaissent eux aussi le problème. Au début des années 90, cette situation a poussé l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) à se fixer pour objectif, à partir de l’an 2000, de ne plus tolérer sur le marché international que du bois tropical produit de manière durable. L’OIBT a admis avoir manqué de beaucoup cet objectif.
Les forêts et en particulier les forêts primaires ont diverses fonctions. Elles influencent le climat à l’échelon local et mondial. Les forêts primaires renferment plusieurs fois le CO2 contenu dans les forêts secondaires et plantées. Elles abritent une part considérable de la biodiversité mondiale. Elles accueillent et nourrissent de nombreux peuples indigènes, qui sont tous aujourd’hui au bord du précipice. Dans le monde, plusieurs centaines de millions de personnes dépendent directement des forêts tropicales, p. ex. les Penan en Malaisie, les Yanomani au Brésil ou les Pygmées en Afrique centrale. Leur pauvreté n’est pas, comme on le dit souvent, la raison du déboisement des forêts tropicales. Leur pauvreté est la conséquence directe de la destruction de leur habitat.
La responsabilité des pays importateurs de bois comme la
Suisse est dès lors d’arrêter d’utiliser le bois issu d’une exploitation
abusive et d’employer plutôt du bois produit dans des conditions écologiquement
et socialement acceptables. Ces pays doivent prendre des mesures pour contrer
la destruction mondiale des forêts. Les législations nationales
relatives aux forêts doivent être améliorées et mises
en œuvre de manière efficace. Et les investisseurs axés sur le
profit doivent enfin assumer leurs responsabilités. À cause de
garanties contre les risques à l’exportation octroyées à
la légère et de manière égoïste, les gouvernements
des pays industriels sont une fois de plus mis à contribution !
Pour terminer, une collaboration renforcée avec les populations de la
forêt est nécessaire. Celles-ci sont souvent tenues à l’écart
tant des revenus du commerce du bois que des efforts internationaux de la coopération
au développement. Les pays industrialisés ont également
intérêt à mettre fin à l’anéantissement des
forêts et de la biodiversité parce que les victimes des glissements
de terrain, des inondations, des incendies catastrophiques, de la sécheresse
et de la pénurie alimentaire sont sans cesse plus nombreuses. Et de plus
en plus proches de nous!

Des bâtons de cérémonie protègent des démons
de la forêt ...
mais également de l’intrusion du "premier monde"?
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jk – La plus grande réunion de Penan depuis les années 1980 s'est déroulée du 7 au 9 juin 2002, quand plus de 700 délégués de 47 communautés (dont plusieurs groupes nomades) se sont retrouvés à Long Sayan. Cette assemblée historique était organisée par la Sarawak Penan Association, avec le concours de Sahabat Alam Malaysia (SAM) et l'appui financier du BMF (pour un montant de 2000 US$). Le but était d'analyser la situation des Penan, de renforcer leur cohésion, d'échanger des expériences et de maintenir les traditions.
La réunion a débuté par un match de football, la présentation d'un ancien savoir-faire artisanal et une partie officielle avec des danses traditionnelles. Puis la discussion a porté sur les conditions de vie misérables des Penan, leurs causes et les solutions envisageables. L'aide de l'État a reçu la plus mauvaise note de l'assemblée, qui l'a qualifiée d'insuffisante voire inexistante, raison pour laquelle leur situation empire jour après jour.
Dans leur "Déclaration de Long Sayan 2002", les Penan se plaignent du fait que le gouvernement ne tient pas ses promesses. Ils se demandent pourquoi ils sont de plus en plus pauvres alors que les autorités prétendent toujours que leur aide constitue un programme efficace de lutte contre la pauvreté. Le gouvernement doit enfin comprendre que l'octroi sans aucune transparence de licences pour le déboisement est à l'origine de tous leurs maux. C'est un système qui privilégie, au détriment des peuples forestiers, les intérêts de certains milieux politico-économiques devenus immensément riches grâce au pillage des forêts.
Dans leur déclaration, les Penan exigent une fois de plus l'arrêt des activités industrielles sur leur territoire et la titularisation de celui-ci. Ils demandent en outre que soient enfin créées les réserves promises depuis 1993 et reconnues les forêts communautaires, conformément aux requêtes pressantes qu'ils ne cessent de réitérer depuis les années 1980. Par ailleurs, les Penan souhaitent que démarrent enfin les programmes promis dans les domaines de la construction et de l'agriculture.
Il n'est pas tolérable que dans un pays aisé comme la Malaisie, les Penan doivent souffrir comme jamais au cours de leur histoire. Et les problèmes se multiplient: pénurie alimentaire, absence de sources de revenus, santé déficiente, habitations misérables, pas de cartes d'identité et – surtout – pas de terres.
Il en va de la démocratisation de l'accès aux richesses naturelles
du Sarawak. Les peuples indigènes doivent obtenir le droit de procéder
à une exploitation libre et permanente des matières premières
naturelles de leur territoire. Mais cela n'implique pas qu'ils deviennent des
pièces de musée, et cela n'a rien à voir avec l'engagement
d'organisations étrangères de protection de l'environnement. Ce
qui est en jeu, c'est plutôt la survie culturelle, sociale et économique
d'un peuple poussé dans ses derniers retranchements. La Déclaration
de Long Sayan est très claire à ce sujet: les Penan ne pourront
survivre que si on leur accorde le droit de disposer librement d'eux-mêmes
et de contrôler eux-mêmes les ressources de leurs terres, ce qui
correspond au droit naturel de chaque citoyen.
Source: Long Sayan Declaration, communiqué de presse SAM, juin 2002
jk – Depuis le 19 juillet, plus de 200 familles des habitations kayanes de
Long Laput et Sungai Dua se relaient auprès d'un barrage routier. Deux
firmes – la Rimbunan Hijau (propriété de l'un des hommes les plus
riches du monde) et la Shing Yang (partiellement aux mains de l'État)
– ont pénétré sans préavis sur les terres communautaires
et opèrent près des captages d'eau des deux longues maisons. Une
partie de la forêt a été entièrement détruite
par la Rimbunan Hijau, ainsi que la région des grottes aux nids d'oiseaux,
une source de revenus potentiels très précieuse pour les Kayan.
A leurs doléances, les sociétés d'exploitation ont réagi
avec cynisme en envoyant sur place une dizaine de tracteurs forestiers et de
bulldozers supplémentaires. Les Kayan n'ont pas envie de négocier:
"Comment discuter avec ceux qui nous ont tout volé et qui veulent
maintenant nous dédommager avec des miettes?" a déclaré
leur chef.
Source: communiqué de presse SAM, 20 juillet 2002

Ouverture traditionnelle de la réunion à Long Sayan
B: Qu'est-ce qui est bon pour toi: les lois du gouvernement ou vos propres lois?
A: Nos lois sont bonnes et ne posent aucun problème. Nous avons eu une vie magnifique. Mais le gouvernement actuel est mauvais, il détruit notre pays. Autrefois, nous traversions la forêt avec nos enfants, récoltant du sagou et des fruits, chassant avec nos chiens – sans aucun problème. La vie était bonne aussi sous l'administration britannique et avec le gouvernement Brooke. Il y avait du gibier en abondance. On vendait des résines, du latex, des calculs de singes et l'ivoire des calaos. Tout allait pour le mieux.
B: Pourquoi as-tu été arrêté par la police?
A: Parce que je vis en forêt. J'ai hérité des droits coutumiers de mon père Sega et de mon oncle Tamen Teren. Tous deux exploitaient déjà les plantes médicinales de cette forêt avant ma naissance. J'ai confiance en ces remèdes. Mais depuis l'arrivée des sociétés d'exploitation, nous sommes victimes de la pollution, de l'érosion, de fièvres et d'autres maladies. Ma fille a succombé après avoir bu de l'eau polluée.
B: Pourquoi es-tu opposé aux projets du gouvernement?
A: Je ne peux pas renoncer à la forêt et au mode de vie traditionnel. Je déteste les coupes rases et le soleil brûlant. Si ma forêt est vraiment remplacée par des plantations de palmiers à huile, je vais mourir.
B: Le gouvernement dit qu'il apporte le progrès...
A: Je refuse son progrès. Je refuse de vivre loin de la forêt. L'appel des gibbons me manque, de même que les grands arbres ou les palmiers jakah et iman. Les fruits mûrs attirent les sangliers et beaucoup d'autres animaux. Mais si le progrès vient et que notre environnement est détruit, nous ne pourrons plus vivre ici. Le gouvernement veut nous aider. Mais son "aide" nous tue. S'il avait du cœur, il ne permettrait pas que nos forêts soient massacrées et nos eaux polluées. S'il n'y a plus d'arbres et que les animaux doivent fuir, où vivront les calaos et les gibbons? Que mangera le sanglier quand il reviendra? Où devront vivre ces animaux s'il n'y a plus de forêt? Le gouvernement distribue des posters représentant les animaux menacés que nous n'avons plus le droit de chasser. Mais c'est lui qui tue la forêt!
B: Voudrais-tu vivre dans une "vraie" maison?
A: Moi non. J'ai l'habitude de vivre en forêt, d'aller chaque nuit chasser le gibier. Si je tombe sur la trace d'un sanglier, je suis heureux et prêt à marcher jusqu'à l'aube. Quand le jour se lève, je regarde avec plaisir les collines lointaines, encore préservées des balafres rouges des bulldozers. Si le gouvernement m'ordonne de vivre dans une maison sale entourée de déchets et d'excréments, je repars aussitôt. En forêt, nous déféquons loin des habitations: nous sommes des gens propres.
B: En 1993 Taib Mahmud a déclaré qu'il avait réservé pour toi une zone de forêt...
A: Il ne l'a jamais fait! Quand j'étais à Kuching en 1999, il n'a même pas voulu me recevoir. Nous avons déjà perdu beaucoup de terres à cause des déboisements. Les tombes de mes ancêtres ont été anéanties par les bulldozers. J'ai entendu dire que le gouvernement dépense des millions pour nous, les Penan, mais personne ne sait comment. Peut-être qu'avec cet argent, ils ont acheté des bulldozers pour détruire nos forêts...
B: Es-tu menacé par la police?
A: Oui, ils disent que s'ils m'attrapent, ils me déporteront très loin d'ici. Ils me feraient disparaître, car je lutte avec trop de ténacité pour mes terres. J'ai déjà failli mourir en prison. Mais nous devons tous mourir un jour. C'est une bonne chose, de se battre pour ses terres. Je me défendrai jusqu'à ma mort. Les sociétés d'exploitation veulent m'éliminer parce que j'étais un ami de Bruno, qui était comme mon fils.
B: Est-ce que c'est Bruno qui a lancé la lutte contre la déforestation?
A: Pas du tout! Nous avons protesté déjà avant contre l'invasion de nos forêts et leur destruction par les bûcherons. Personne n'a dû nous inciter à nous défendre: le désir de protéger nos terres vient de nos propres cœurs.
B: Quels sont tes sentiments pour l'avenir?
A: Je veux que mes enfants et petits-enfants puissent vivre en forêt comme moi. Ils doivent pouvoir boire de l'eau propre et se déplacer librement sur leur territoire, sans que des étrangers s'en mêlent.
B: Pourquoi as-tu besoin de cartes de ta région?
A: Pour protéger mes terres. Quand les bûcherons arrivent,
je peux montrer ces cartes. Si je n'avais rien dans les mains, ils diraient
que je ne suis qu'un pauvre mendiant sans droits.
Source: Interview de Balang Nalan avec Along Segah à Long Sayan, 8 Juin 2002

Along Segah bloque la route de la compagnie Samling depuis février
2002.
Les employés l’ont menacé de le rendre aveugle s’il ne cède
pas...
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jk – Le 10 juin 2002, "Dr M" s'est arrêté pour la première fois en Suisse pour traiter des relations bilatérales. Dans les principaux quotidiens, une double page d'annonce malaisienne a marqué cet événement, et de chaque côté, on s'est félicité des bonnes relations existant entre les deux pays. En 2001, notre pays a importé pour 241 millions de francs de marchandises, les exportations atteignant quant à elles 553 millions de francs. Ces six dernières années, des firmes suisses ont investi plus de 1,2 milliard de francs dans l'économie malaisienne. Au cours de l'entretien que le Premier ministre a eu avec les conseillers fédéraux Deiss et Couchepin, il fut aussi question de capitalisme et de terrorisme.
C'est en vain que le BMF et les proches de Bruno demandèrent à pouvoir rencontrer brièvement le plus ancien dirigeant en charge dans un pays asiatique, aujourd'hui âgé de 76 ans. Pas admis non plus à la conférence de presse, nous avons dû communiquer par écrit (via le DFAE) nos requêtes relatives à la disparition de Bruno et au soutien des Penan dans leurs conflits territoriaux.
Un sujet a toutefois été abordé par le Conseil fédéral
et les médias: la restitution des carnets de Bruno, confisqués
en 1986. Mahathir a donné l'assurance que tout était entrepris
en ce qui concerne Bruno et que ses affaires personnelles seraient rendues à
la famille. Mahathir, qui profita de la "guerre contre le terrorisme" pour enfermer
des opposants sans aucune procédure judiciaire, annonça en outre
la réouverture de l'ambassade de Malaisie à Berne, fermée
en 1992. Nous nous réjouissons d'avoir de nouveaux interlocuteurs directement
sur place!
jrd – Déguisés en animaux de la jungle, des militants du BMF et de la GfbV (Société pour les peuples menacés) ont déposé le 19 juin à la Chancellerie fédérale la pétition demandant le retrait de la Suisse de l'Organisation internationale des bois tropicaux OIBT. Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à cette réussite!
En session à Bali (13 au 18 mai 2002), l'OIBT n'a pratiquement pas évoqué l'échec de son "Objectif 2000" (uniquement des bois tropicaux "durables" sur le marché dès l'an 2000). De plus, aucune des mesures réclamées par le BMF dans la lettre adressée au directeur de l'OIBT (voir Tong Tana 1/02) n'a été mise en œuvre. Le dépôt de la pétition était donc devenu inéluctable.
Au Conseil national, notre requête est soutenue par trois interventions réclamant à chaque fois des mesures au plan national et au plan international:
Vous serez informés des réponses du Conseil fédéral
à ces interventions parlementaires et de la suite qui leur sera donnée.

Remise de la pétition devant le Palais fédéral
ch – Espace vital des peuples forestiers et de centaines de milliers d'espèces animales et végétales, les forêts anciennes représentent la vie dans toute sa diversité. De plus, elles atténuent les rigueurs du climat et jouent un rôle déterminant dans le cycle de l’eau sur notre planète. Ces forêts ont un urgent besoin de protection, car leur destruction progresse à un rythme effréné. Toutes les deux secondes, il en disparaît irréversiblement une surface de la taille d'un terrain de football. La protection de cet écosystème commence chez nous; le bois qui en provient se cache en effet dans des articles d'usage courant tels que papiers à
photocopie, portes ou manches de balais. Sans raison...
... car il existe de bonnes alternatives pour ménager les forêts anciennes – il suffit d'y recourir. Les communes peuvent montrer l'exemple et fournir une contribution concrète à la mise en œuvre de l'Agenda 21 local.
Unissant leurs forces, Greenpeace et le BMF relancent en septembre la campagne incitant les communes à renoncer aux bois obtenus par pillage des ressources naturelles. D'ici à la fin de l'année, nous espérons convaincre un grand nombre de nouvelles "communes amies des forêts anciennes" de s'engager à ne plus acquérir de tels bois et à employer du papier recyclé.
Être "ami des forêts anciennes" signifie renoncer aux bois et produits en bois issus de l'exploitation commerciale des forêts tropicales et nordiques, au profit de bois certifiés FSC et/ou de bois produits en Suisse ou dans les pays voisins. Cela signifie aussi utiliser dans la mesure du possible du papier recyclé, tout en s'efforçant de réduire la consommation générale de papier.
Le but de cette action commune avec Greenpeace est de répandre en Suisse la notion "ami des forêts anciennes" et de rendre le pays plus attentif au sort de ces écosystèmes. Jusqu'en août 2002, la décision de renoncer à ces bois a été prise par 306 communes suisses et 6 cantons. L'objectif de l'action commune est de doubler ce nombre.
En ce qui concerne le label FSC, le point de vue de Greenpeace et celui du BMF ne sont pas tout à fait identiques. Le BMF voudrait empêcher que, par le biais de cette certification, les bois tropicaux ne redeviennent "écologiquement et socialement corrects". Mais pour la définition d'ami des forêts anciennes, les deux organisations ont trouvé un compromis acceptable, afin d'attirer sur les forêts anciennes de la planète l'attention dont celles-ci ont un urgent besoin pour être mieux protégées. Sur cette base, une collaboration fructueuse avec Greenpeace avait déjà été établie dans le cadre d'un projet s'adressant à la jeunesse (voir: http://www.greenpeace.ch/kids-for-forests/php/index.html)
L'action "Commune amie des forêts anciennes" du BMF et de Greenpeace sera lancée au plan national par une conférence de presse, le 12 septembre à Berne. Simultanément, toutes les communes suisses recevront une lettre les invitant à renoncer aux bois de forêts primaires par une décision des autorités et par des prescriptions fermes relatives aux conditions de soumission. Parallèlement, des citoyens et de jeunes actifs seront invités à participer à l'action pour rendre leur commune amie des forêts anciennes.
Une campagne commune Greenpeace/WWF se déroule dans les écoles depuis le début de l'année. Pour notre action, nous avons également demandé le soutien du WWF, mais hélas sans parvenir à un accord, en raison de divergences de vues au sujet du bois indigène non certifié FSC.
L'action commune du BMF et de Greenpeace constitue un
champ d'action idéal pour nos militants. Dans votre région aussi,
il existe encore des communes, des paroisses, des écoles et des associations
susceptibles de devenir amies des forêts anciennes". Mettez-vous
au travail et aidez-nous, de manière qu'à la fin de l'année,
le plus possible de communes, d'institutions et de groupements soient « amis
des forêts anciennes ». Dès le début du mois de septembre,
notre secrétariat tient à votre disposition la documentation correspondante.

Épicéas, pins et mélèzes sont les arbres les plus
fréquents
des forêts vierges boréales (ici: la taïga sibérienne).

Les habitats des orang outans à Bornéo et Sumatra sont sacrifiés
au profit de la société de gaspillage du Premier Monde.
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ch – Depuis mi-juin, le site du BMF – http://www.bmf.ch – est devenu trilingue et plus pratique à consulter. Les premières réactions des visiteurs sont très positives. Au début, l'envoi des formulaires (contacts, commandes et dons) s'est heurté à quelques difficultés, mais les talents réunis de nos spécialistes en informatique ont permis d'éliminer ce problème. Nous les en remercions. Vous pouvez maintenant commander très facilement, via Internet, des livres, des vidéos, des articles en rotin du Sarawak et divers autres produits.
Un grand merci aussi à Macromedia Europe, qui
nous a généreusement offert deux licences "Dreamweaver" (version
4) pour la production et la mise à jour de nos pages Internet.
![]()
Préparée par le Musée d'histoire naturelle de Bâle et le Bruno-Manser-Fonds, l'exposition «La vie dans le paradis menacé – carnets de notes de Bruno Manser»
peut être visitée encore jusqu'au 14.9.2002. Profitez de l'occasion et admirez cette intéressante collection d'objets exposée dans la galerie du «Kornhausforum» à Berne. Elle ne sera sans doute plus visible avant longtemps! Heures d'ouverture: mardi, mercredi et vendredi de 10 h à 19 h, jeudi de 10 h à 20 h, samedi de 10 h à 16 h. Entrée libre.
bmf - Grâce à l'amabilité de TF1, des copies sur cassettes
vidéo du documentaire "Le messager des forêts oubliées",
diffusé dans le cadre de l'émission "52 sur la Une", peuvent être
obtenues au BMF (à fins non commerciales uniquement). Le film est consacré
à Bruno, à sa disparition et au sort de la forêt de Bornéo.
Son auteur, Thierry Fourmet, avait déjà tourné en 1988
un documentaire sur Bruno Manser chez les Penan. Prix CHF 45.-- ou EUR 29.--
(+ frais d'envoi).
jk – Le 13 juillet à Bâle, 27 personnes ont pris part à
la 11e assemblée des membres de l'Association pour les peuples
de la forêt pluviale. La lecture du procès-verbal de l'assemblée
précédente (adopté à l'unanimité) a été
suivie par la présentation du rapport annuel de l'année 2001.
Cette année-là (une année de travail très intensif),
certains domaines d'activité ont pris une importance particulière,
notamment la grande présence médiatique du BMF à la suite
de la disparition de Bruno (sans oublier les manifestations autour de l'arbre
du souvenir à Berne), mais aussi le lobbysme, l'information du public
et les conférences (avec des hôtes venus du Sarawak et du Canada).
L'année a été marquée aussi par le sensationnel
verdict prononcé par un tribunal à l'avantage des autochtones
du Sarawak et contre les intérêts du gouvernement et des monocultures
industrielles. On relèvera enfin qu'au secrétariat du BMF, Claude
Haltmeyer travaille depuis décembre aux côtés de John Künzli
et Hansruedi Dietrich.
Il appartint à Erika Müri-Marrer de présenter les comptes annuels pour 2001. Dans l'ensemble, les recettes (dons, honoraires et produits de la vente) ont rapporté davantage que la somme budgétée. Au chapitre des dépenses, les postes les plus importants demeurent les salaires et les prestations sociales (Suisse, Malaisie, Canada), suivis par la production du bulletin "Tong Tana". Grâce aux rentrées plus importantes que prévu (290'541 CHF), les comptes se soldent par un excédent de recettes de 8'000 CHF. Les membres présents ont salué par des applaudissements la tenue irréprochable de ces comptes et en ont déchargé le comité, suivant en cela la proposition des vérificateurs Rolf Loosli et Roger Graf. Ces derniers ont été reconduits dans leur charge pour 2002, avec remerciements pour le travail accompli.
Le budget pour l'année 2002 a soulevé davantage de discussions.
Il prévoyait que les dons atteindraient la somme totale de 235'000 CHF.
Cette prévision a été jugée trop optimiste, si bien
que l'assemblée a décidé de réduire de 20'000 CHF
la somme budgétée dans chacune des deux catégories de contributions
(dons importants et petits dons). Mais avec les dépenses prévues
(305'000 CHF), les comptes pourraient se solder par un déficit de
50'000 CHF!
à Un seul bulletin ayant paru avant celui-ci en 2002, les dons
du premier semestre ne peuvent donner lieu à une extrapolation. Néanmoins,
des mesures seront nécessaires à la fin de l'année pour
faire face à une situation financière vraisemblablement plus difficile.
Nous avons besoin de votre aide: chaque don nous sera très utile!
Soutien financier de projets précis: pour la première fois cette
année, nous avons sollicité l'aide d'une grande fondation suisse
pour le financement d'un projet de cartographie du territoire des Penan (qui
s'étendra sur plusieurs années). Si cette demande aboutit, la
situation financière du BMF sera un peu moins tendue.
Après un coup d'œil sur l'année 2002 (qui paraît tout aussi
agitée que la précédente), l'assemblée s'est terminée
autour d'une collation.
Ils sont là quand on a besoin d'eux! Un grand merci à tous
nos collaborateurs bénévoles: Michel Bovey, Erika Müri-Marrer,
Peter Rudin, Dominik Bucheli, Dany Endres, Walter Brunner, Zoë Jeger, Rahel
Wunderli, Chantal Pfiffner, Nicola Gfeller-Barth, Lisbeth Gisin, Martin Leuenberger,
Gill + François Steimer et Marianne Dodd.
Notre sentiment de gratitude va également aux nombreux donateurs. Leurs
contributions constituent pour nous un précieux encouragement. Des
remerciements tout particuliers du BMF s'adressent aux nombreux mécènes,
sans la générosité desquels nous ne pourrions poursuivre
notre travail: Renate et Alex Rabus, Neuchâtel - Michel Bovey, Berne
- Barbara Hartmann, Milken - Daniel Kuster, Genève - Elisabeth Sulger
Büel, Heerbrugg - Nanni Reinhart-Schinz, Winterthour - Silvana Immobilien
AG, Saint-Gall - Michel Egloff, Neuchâtel - Brunhild Börner-Kray,
Zell am Main - Büro Gegenwind (Daniel Brunner), Zoug - Veronika von Stockar,
Berg am Irchel - Andreas Ochsenbein, Riehen - Ernst Beyeler, Basel - Marcus
Wiedmer-Müller, Sissach - Ebi-Pharm AG (Jürg & Erika Binz), Kirchlindach
- Mathias et Renate Uhl, Offenburg - Danielle Delarageaz, Préverenges
- Georges et Eveline Mermillod, Marchissy - Pierre-André Monney, Franex/Murist
- Römisch Katholisches Pfarramt, Langenthal - Markus Koch, Reinach/AG -
Mettiss AG, Saint-Gall - Jean-Jacques Belet, Ecublens - David & Tanja Koechlin,
Riehen - Carmita Burkard, Boudry - Marco Sager, Gonten - Christiane Maier, München
- SPRING DANCE (Peter Höltschi), Arch - Isabelle & Mario Oss, Stäfa
- Schenker-Winkler Holding AG, Baar - Manfred Brockhans, Bettingen - Katharina
Perez-Nathan, Sala Capriasca - Société Campenon Bernard Régions
(Odile Boyer), Vaulx-en-Velin - Peter Leuthold AG - Hortense Anda-Bührle
- Janine Rensch - Johannes Nathan - Franz Hohler - Greenpeace Schweiz (tous
de Zurich).

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Tong Tana - Journal du Bruno-Manser-Fonds
(BMF)
Association pour les peuples de la forêt pluviale
Heuberg 25, CH-4051 Bâle, Suisse
Téléphone 061 261 94 74
Téléfax 061 261 94 73
E-Mail: info@bmf.ch
Internet: http://www.bmf.ch
Rédaction: John Künzli, J. Rudolf Dietrich
Auteurs: J.R. Dietrich (jrd), Claude Haltmeyer (ch), J. Künzli (jk)
Photos: BMF
Dessin du frontispice: Bruno
Traductions: Robert Gogel, Tradoc (français), Nicole Widmer, Tradoc (anglais)
Tirage: 6100 (3800 en allemand, 1500 en français, 800 en anglais)
Paraît trois fois par années
Composition et impression: Gremper AG, Bâle
Et n'oubliez pas: Nous avons un urgent besoin de votre
soutien financier. Merci de tout cœur!
Pour les dons:
Suisse: La Poste Suisse, Bâle CCP n° 40-5899-8
Coop-Bank, 4002 Bâle, compte 421329.29.0000-5
France: La Poste, Strasbourg, CCP n° 2.604.59T
Allemagne: Deutsche Bank, Lörrach (BLZ 683 700 24) compte 1678556