Les SLAPP pour museler les médias et les ONG?

À l'occasion d'une nouvelle initiative de l'UE contre les actions en justice abusives, une conférence à Zurich se penche sur la question de l'impact des SLAPP sur les professionnels des médias et les ONG en Suisse, ainsi que sur la manière dont la politique devrait y réagir.

(BÂLE/ZURICH) Avec une conférence intitulée «Silencing the Public. SLAPPs and their impact on journalism and civil society», le Bruno Manser Fonds lancera, le 5 mai 2022 à Zurich, un débat sur la menace que représentent les plaintes dites SLAPP pour la liberté d'opinion et la liberté de presse.


«SLAPP», acronyme de «Strategic Lawsuits Against Public Participation», désigne les actions en justice dont l'objectif principal est de restreindre l'exercice légitime des droits démocratiques tels que la liberté de presse ou la liberté d'expression, en mobilisant tant les ressources que les capacités financières des voix critiques.


Les victimes les plus fréquentes des SLAPP sont les journalistes d'investigation et les représentants d'ONG qui rendent publics des abus. L'exemple le plus notoire est celui de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée en 2017 et qui, dans de nombreux articles, avait critiqué la corruption, le clientélisme et le blanchiment d'argent à Malte. Au moment de son décès, plus de 40 plaintes en diffamation étaient pendantes contre elle.


A l'occasion de la publication par l'UE d'une nouvelle initiative anti-SLAPP, attendue pour fin avril 2022, la conférence réunira pour la première fois en Suisse des professionnels des médias, des représentantes d'ONG de même que des experts juridiques, afin de débattre de l'ampleur et de l'impact des SLAPP sur leur travail.


Lors du colloque organisé par le Bruno Manser Fonds en collaboration avec CASE (Coalition against SLAPPS in Europe), les organisations suivantes seront notamment présentes: Reporters sans frontières, Centre européen pour la liberté de la presse et des médias, Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), Gotham City, Sarawak Report, Greenpeace, EPER et Public Eye.


Des cas de SLAPP peu connus jusqu'à présent, documentés notamment en Suisse, en Grande-Bretagne, en Ukraine et en Malaisie, seront présentés et discutés avec le public. Une question cruciale sera de déterminer comment la politique suisse devrait réagir face à cette nouvelle menace.


Pour toute information: www.bmf.ch/slapp

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